juin 23, 2021

Your Move

De : Luke Goss

Avec Luke Goss, Robert Davi, Patricia de Leon, Jeanette Samano

Année : 2017

Pays : Etats-Unis

Genre : Thriller

Résumé :

Témoin de l’agression de sa femme et son enfant pendant un appel vidéo, un homme d’affaire new yorkais entreprend de se venger.

Avis :

Phénomène assez récurrent dans le monde du film d’action, on retrouve souvent des acteurs déchus qui pointent rapidement dans des productions douteuses pour ne pas sombrer dans l’oubli et la faillite. Nicolas Cage, Bruce Willis, Steven Seagal, autant d’acteurs qui ont eu un gros succès pendant un temps et qui sont obligés aujourd’hui d’aller jeter un œil sur des productions hongroises pour payer quelques factures. Parmi tout ce beau monde, on pourrait citer Luke Goss. Bien moins connu que les autres gus cités précédemment, l’acteur a eu sa petite heure de gloire grâce à Guillermo Del Toro qui lui a octroyé deux rôles de grands méchants dans ses films. C’est lui le vilain vampire dans Blade II et c’est aussi lui le Prince Nuada dans Hellboy II. Le problème, c’est qu’après ça, Luke Goss a sombré dans l’oubli et dans les DTV discutables. Dont Your Move, thriller anémique qui est aussi sa première et unique réalisation (pour l’instant).

1. Goss fatigue

Tout d’abord, il faut aborder un point sensible, la culture de la jaquette chez les DTV. Vendu comme un film d’action avec un Luke Goss armé et des explosions de partout, Your Move sera surtout un thriller usé dans lequel un homme part au Mexique pour retrouver sa femme et sa fille qui se sont faites kidnapper sous ses yeux lors d’un appel vidéo. On se fait avoir comme des bleus et les seules explosions qui aura, ce seront les veines qui alimentent nos yeux. Car ne nous y trompons pas, Your Move est une belle purge. Le script est tout simplement imbitable. On va donc suivre un type, dont on ne sait rien, qui part au Mexique pour aider la police à retrouver sa femme et sa fille. Cet homme mystérieux va entretenir une relation tendue avec le flic chargé de l’enquête, mais aussi avec son beau-père qui ressemble à un patron de cartel. Dès lors, une enquête se met en place sans que l’on comprenne vraiment les tenants et les aboutissants. Car rapidement, on se rend compte que le malfrat est juste un gros débile frustré, et que notre héros va le faire chanter lors d’une courte séance de torture. Rien de bien folichon à se mettre sous la dent.

Mais le pire va venir du script en lui-même. Le film est perclus de pistes qui ne servent strictement à rien. A titre d’exemple, le commissaire qui mène l’enquête rame à mort, ne cherche pas vraiment et n’aura qu’un impact minime sur l’ensemble du film. On pourra même dire qu’il ne sert à rien, jusqu’à la fin où il envoie des hélicoptères, que l’on ne verra jamais, et dont le segment s’arrête net. Il en va de même avec le beau-père, qui va faire deux apparitions pour montrer qu’il mène l’enquête de son côté, mais dont on ne saura rien et qui ne reviendra pas sur al fin du film, pas même pour prendre sa fille et sa petite-fille dans les bras. Le film est tellement écrit avec le cul qu’il laisse en plan des personnages qui auraient du être importants et qui ne sont finalement que du remplissage. Et que dire des motivations du bad guy…

2. Sale Goss

Le film aurait pu avoir un certain intérêt avec son grand méchant, ce kidnappeur un peu fou qui martyrise une pauvre gamine de même pas dix ans. Mais ce serait donner trop d’intelligence à ceux qui ont écrit le scénario de ce film. Très vite, on sait qui fait le coup, car on le voit de visu. Mais en plus de cela, le type ne va pas se cacher et pavane devant les flics parce qu’il a pris des billets d’avion pour faire croire qu’il n’était pas présent lors de l’enlèvement. Un méchant aussi machiavélique qu’élève de primaire et qui semble avoir des problèmes pour gérer sa frustration. En effet, c’est tout ce que l’on sera sur ce type qui kidnappe une femme et sa fille par jalousie et envie morbide. Oui, Luke Goss poursuit tout simplement un fan inconditionnel de sa femme, qui est une grande star au Mexique car elle a gagné une médaille aux jeux olympiques. Et c’est tout. C’est-à-dire que même dans la caractérisation du méchant, le film brasse du vide.

Bien évidemment, comme tout DTV qui se respecte, la mise en scène ne sera pas le point fort de ce film. Premier essai derrière la caméra pour Luke Goss, qui essaye peut-être d’entrevoir son futur, et ce n’est guère concluant. Les plans sont ridicules. On se retrouve souvent avec des têtes mal cadrés, des caméras fixes qui filment au niveau des hanches, et les scènes d’action sont d’une densité proche de l’eau. On a d’ailleurs la pire course-poursuite du monde, avec deux types qui se courent après en… marchant. Et la seule baston se déroule dans un bar, pendant trois secondes, avec un montage ultra cut. Bref, c’est carrément naze. Et il en va de même pour la photographique qui rentre dans tous les clichés possibles. New York, c’est bleu, le Mexique, c’est jaune. Les filtres sont grossiers et l’ensemble n’a pas vraiment de cohérence, à l’image des motivations du méchant pas beau.

Enfin, on peut parler des acteurs. Luke Goss tient le beau rôle, celui du gentil qui veut retrouver à tout prix sa femme et sa fille. Il mène alors l’enquête en grimaçant à chaque fois qu’il ouvre une lettre, puis se retrouve à faire le Charles Bronson du pauvre lors d’une scène plus que gênante où il torture le criminel. Les séquences sont basiques au possible et l’acteur n’arrive jamais à faire passer ni sa colère, ni son angoisse de perdre ses amours. A ses côtés, on retrouve un Robert Davi fatigué et qui s’en bat clairement les couilles. Son rôle consiste à rester assis sur un bureau pour passer des coups de fil. Il sera juste le côté « ancienne star qui peut faire venir du monde ». Enfin, pour les autres, c’est la curée. Le méchant est aussi charismatique qu’un acteur de telenovela, et pour le reste, on s’en foutra gentiment.

Au final, vous l’aurez compris, Your Move est un DtV bas de plafond qui ne sert strictement à rien. Vendu comme un film d’action, il s’agira d’un thriller ridicule qui laisse tous ses personnages sur le carreau sauf le héros, seul arc narratif véritablement travaillé. Un arc narratif qui aurait duré trente minutes sans les tergiversations avec les autres protagonistes dont on laisse les questions sans réponses. Bref, une purge qui avait des atouts pour être sympathique, dont son acteur/réalisateur, mais on va vite se rendre compte de l’arnaque qui se cache derrière une jaquette purement mensongère. Triste constat pour Luke Goss qui mérite peut-être une meilleure carrière.

Note : 03/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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