août 10, 2022

Du Jour au Lendemain

De : Philippe Le Guay

Avec Benoit Poelvoorde, Bernard Bloch, Anne Consigny, Constance Dollé

Année : 2006

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

La vie est bien ingrate pour François Berthier : un chien hurle toute la nuit et l’empêche de dormir, la machine à café lui explose au visage, il pleut, le chef de bureau à la banque l’humilie et le menace de renvoi.
Et puis, du jour au lendemain, tout ce qui était violent ou pénible pour François se transforme comme par miracle.
Que se passe-t-il ? Pourquoi le monde devient-il si brusquement doux et enchanteur ? C’est l’énigme que va essayer de résoudre François.
Mais il ne suffit pas que les choses se passent bien, encore faut-il les accepter…

Avis :

Réalisateur français, la carrière de Philippe Le Guay a réellement décollé au cours des années 2000. Si le réalisateur a déjà plus de dix ans de carrière derrière lui, et quatre long-métrages, c’est avec la comédie sociale et chorale, « Le coût de la vie » que le réalisateur se fait grandement remarquer. Ce film qui réunit ni plus ni moins que Vincent Lindon, Fabrice Luchini, Claude Rich, Géraldine Pailhas, Lorànt Deutsch, Michel Vuillermoz ou Isild Le Besco ira chercher presque son million d’entrées.

Trois ans après ce succès, Philippe Le Guay est de retour sur les écrans avec « Du jour au lendemain« , une comédie qui se pose comme une réflexion sur le bonheur. Si le début est vraiment intéressant et laisse deviner un bon moment de cinéma, Philippe Le Guay n’arrivera pas à tenir sa route jusqu’au bout et très vite, « Du jour au lendemain » se fissure et s’aventure sur les chemins de la comédie lambda. La comédie qui a une bonne idée de départ et qui finalement en milieu de métrage, ne sait plus vraiment quoi faire de cette bonne idée. On se retrouve alors devant un film ennuyant qui, s’il tient une réflexion intéressante sur le bonheur, et un bon Benoît Poelvoorde, n’arrive jamais pleinement à nous convaincre et nous emmener dans son délire. Dommage.

François Berthier, la quarantaine, a une vie qui est bien ingrate avec lui. Il a l’impression que tout est fait pour le plomber, entre un chien qui aboie aux aurores, sa machine à café, son travail de banquier, son patron, son ex-femme qui veut impérativement divorcer, son meilleur ami qui ne cesse de lui mettre une raclée au tennis, et même le pizzaiolo qui ne cesse de lui mettre un œuf dans sa Margarita alors qu’il est allergique et qu’il le répète inlassablement, tout a l’air de lui en vouloir. Pourtant, tout va changer dans la vie de François, car ne sachant pas pourquoi, du jour au lendemain, tout se met à lui sourire…

Quel dommage, mais quel dommage que ce « Du jour au lendemain« . Ce film de Philippe Le Guay avait bien des ingrédients pour réussir et c’est assez frustrant de le voir partir ainsi. « Du jour au lendemain« , c’est le genre de film qui commençait parfaitement. Dès son ouverture, Philippe Le Guay nous amuse avec ce personnage sur lequel la vie s’acharne. Malheur, malchance et autre fatalité et infortune ont bien l’air de faire partie du quotidien de ce pauvre François Berthier impeccablement tenu par un Benoît Poelvoorde tout en retenue. Ainsi, quand le scénario décide de lui accorder un peu, voire même beaucoup de bonheur du jour au lendemain, sans même l’ombre d’une explication, le film de Philippe Le Guay se fait encore plus amusant, et même un brin piquant, car le cinéaste y injecterait presque une touche de fantastique.

Gags, questionnements et incompréhensions vont être génialement de la partie et l’on se plaît à suivre son personnage qui découvre involontairement ce nouveau monde qui s’offre à lui. Mais voilà, passé cette idée, c’est avec tristesse et déception qu’on va découvrir un film qui ne sait finalement pas quoi faire de cette dernière. Traînant en longueur, se cherchant, ayant une tendance à la répétition, « Du jour au lendemain » vrille et s’en va autre part et plus ce dernier avance, plus le délire dans lequel il essaie de nous emporter tombe à plat. Certes, il y aura bien une réflexion intéressante sur le bonheur et la dépression, mais ça ne suffira pas à nous amuser, Philippe Le Guay grossissant bien trop le trait de ses personnages et les péripéties de son film. En grossissant ces traits, Philippe Le Guay fait que ces personnages en deviennent même agaçants, le petit best of étant décerné à celui incarné par Rufus, vigile improbable qui en devient insupportable.

Si « Du jour au lendemain » est un film qui sait au départ savoureusement doser sa comédie, oscillant et injectant de la romance, du bonheur, et des gags qui sont plutôt bien vus, comme pour le scénario, la mise en scène de Le Guay finit par vriller et quand le tout ne se fait pas longuet, on se retrouve avec des séquences dont on se demande très sincèrement ce que ça vient faire là-dedans. De plus, tout ce qui était savoureusement dosé du côté de la comédie, à force de vouloir grossir le trait, finit par ne plus être drôle et l’on se retrouve avec une comédie assez lourde et ça, c’est tellement dommage.

« Du jour au lendemain » commençait bien, il avait tout pour se poser comme un très bon Philippe Le Guay et finalement, on le quitte avec une terrible déception. Si le fond reste intéressant, si les réflexions sur le bonheur et son imposture sont intéressants, le film de Philippe Le Guay n’a pas su dépasser son idée de départ et il nous a finalement entraîné dans un film qui traîne en longueur, qui se répète et surtout qui grossit tant le trait de ses personnages qu’ils en deviennent tous plus agaçants les uns que les autres. Je le répète, c’est vraiment dommage.

Note : 08/20

Par Cinéted

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