mai 11, 2021

Noëlle

Titre Original : Noelle

De : Marc Lawrence

Avec Anna Kendrick, Bill Hader, Shirley MacLaine, Julie Hagerty

Année: 2020

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie

Résumé:

La fille de Kris Kringle est emplie d’esprit de Noël, mais souhaite faire quelque chose de tout aussi important que son frère Nick, qui pour la première fois prendra la relève de leur père ce Noël. Sentant son frère sous pression, Noëlle lui suggère de faire une pause et de s’évader. Mais comme il ne revient pas, elle doit désormais le retrouver et le ramener à temps pour sauver Noël.

Avis:

Réalisateur américain peu connu, Marc Lawrence fait ses débuts en tant que scénariste, se spécialisant dans la comédie à tendance romantique. C’est à lui que l’on doit, par exemple, Miss Detective avec Sandra Bullock en 2000. Il passera d’ailleurs à la réalisation deux ans plus tard avec L’Amour Sans Préavis, d’où en découlera sa rencontre avec sa muse, Hugh Grant. Car oui, si Marc Lawrence tourne peu, (cinq films en dix-sept ans derrière la caméra), chacun de ses films sera avec Hugh Grant, comme Le Come-Back, Où sont Passés les Morgan ? et Les Mots pour lui Dire. Avec Noëlle, il signe un petit contrat avec Disney pour fournir une comédie autour des fêtes de fin d’année, et ce sera son premier film sans son acteur fétiche. Ici, on va y croiser Anna Kendrick et Bill Hader, qui seront la fille et le fils du père Noël.

  • Des débuts difficiles

On le sait, avec les films sur Noël, on peut avoir le pire comme de très bonnes surprises. Tout récemment, on pourrait citer Klaus ou encore le premier épisode des Chroniques de Noël qui furent de jolis petits succès. Disney tire-t-il son épingle du jeu avec cette comédie qui n’est pas romantique ? Au départ, rien n’est moins sûr. Le film présente rapidement ses personnages, à savoir un père Noël vieillissant, qui a sa petite famille, et la voix off de la fille qui raconte son amour pour son père ainsi que les mœurs familiales. Car le père Noël n’est plus, et par tradition, c’est le fils qui doit prendre la relève. Sauf que le fiston en question n’a pas la fibre avec les enfants et les fêtes. Ainsi donc, le film débute avec un frère maladroit et une sœur pleine de bons sentiments, mais qui constitue la parfaite nunuche de service. A partir de là, on va vite connaître les tenants et les aboutissants d’une telle intrigue.

Se voulant profondément moderne, le film ne surprendra personne sur ses thématiques, qui vont s’épaissir durant les péripéties de l’héroïne. Pour autant, on aura bien du mal à rentrer dans le métrage, car le début est catastrophique. On ne sait pas si on est dans une parodie ou un vrai conte. Les composantes temporelles ne sont pas posées et c’est assez vilain à regarder. Le départ ressemble vraiment à un téléfilm bon marché que l’on peut retrouver sur TF1 un dimanche après-midi. Les effets spéciaux sont vilains comme tout (mention spéciale à Flocon, le bébé renne) et les personnages ne sont pas forcément attachants. De ce fait, l’entré en matière laisse à désirer. Fort heureusement, le film va se décanter quand l’action prend place à Phoenix, confortant alors les doux rêves de Noëlle à la réalité d’un humanisme qui part à vau l’eau.

  • Un conte qui a du grain à moudre

Une fois que l’on quitte le pôle Nord et que l’on suit Noëlle et son lutin à Phoenix, le film va prendre une autre dimension. Là, les thèmes seront savamment abordés et on va ressentir une profonde empathie pour cette petite sœur qui prend des risques afin de retrouver son frère. Bien entendu, le féminisme est le point central du métrage. On comprend très bien qu’avec un tel titre et une telle histoire, elle sera la future père Noël et qu’elle est là pour rompre avec des codes archaïques. Et le film de remettre en cause pas mal d’autres idées reçues et de faire bouger un peu les lignes. On aura par exemple le fait de garder une certaine innocence, une certaine naïveté afin de croire aux gens. Mais aussi de se faire confiance et d’être à l’écoute des autres. On aura tous ces thèmes à travers le regard de ce détective privé désabusé qui va tout faire pour son fils.

Mais même au-delà de ça, le film va renvoyer quelques critiques acerbes envers notre système consumériste. En effet, on parle de Noël et de cadeaux (avec notamment la folie des tablettes pour les enfants) mais le film va pointer du doigt des dysfonctionnements propres à notre mode de consommation. A titre d’exemple, les rennes qui attirent la foule dans le centre commercial et qui ne seront alors qu’une attraction pour les visiteurs qui dépenseront leur argent pour les nourrir de saletés. On peut aussi voir cela dans la futilité de certains enfants qui ne croient plus au père Noël et qui en deviennent méchants, comme si arrêter de rêver rendait cynique. Mais la plus grosse critique concerne bien évidemment les achats en ligne et le tacle fait à Amazon. Car lorsque le père Noël n’est plus, on confère la mission à son cousin, un pro de l’informatique qui sort un système de livraison en ligne… qui ne marchera qu’à moitié.

  • Rêver encore

Derrière toutes ces thématiques, on retrouve aussi celle du rêve et du fait qu’il faut garder son âme d’enfant pour continuer à rêver. Il faut encore avoir une certaine naïveté, une certaine candeur pour rester gentil et bienveillant envers les autres. Le film peut se révéler parfois un peu niais, mais il est fait avec une véritable bienveillance. Et c’est peut-être en ça que l’on passe un bon moment. Le film ne vise jamais le chef-d’œuvre, mais il reste droit dans ses bottes et propose un divertissement cohérent, assez rêveur et avec une double lecture. Car si les enfants y verront la recherche d’un frère et l’accomplissement d’une femme, les adultes pourront y voir toutes les critiques citées précédemment. Il est juste dommage que les effets spéciaux gâchent un peu l’ensemble, car ils sont très moches.

Mais les acteurs sont plutôt bons. Anna Kendrick reste dans un rôle qui lui va à merveille, à savoir l’ingénue qui va se révéler au fil du film et qui va sauver la situation. Elle s’éclate dans ce genre de rôle bienveillant et cela se ressent. Bill Hader est très efficace aussi dans ce rôle en décalage avec Noël. Il est à la fois drôle et attachant par sa frousse et le fait qu’il n’arrive pas à être bien dans le rôle que l’on attend de lui. Et que dire de Shirley MacFairlane qui est tout simplement divine dans le rôle de Polly, lutin facétieux et qui tire à vue avec des répliques qui font mouche. Enfin, Kingsley Ben-Adir vient compléter un joli casting dans le rôle de ce détective père célibataire attachant profondément gentil. Et petit plus, on évite brillamment la romance à deux balles.

Au final, malgré une réalisation un peu fade et un début carrément raté, Noëlle se révèle être une bonne surprise. Certes, le film ne sera pas révolutionnaire, et il n’entrera même pas dans le panthéon des films de Noël, mais il est fait avec honnêteté et contient des thèmes qui sont universels et bienveillants. Pour autant, le metteur en scène n’oublie pas de mettre quelques critiques de notre mode de consommation, qui nous éloigne de plus en plus de la rêverie. Bref, Noëlle est une comédie bonne enfant, sympathique et très agréable en ces temps moroses.

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.