janvier 19, 2021

Sons of Philadelphia

Titre Original : The Sound of Philadelphia

De: Jérémie Guez

Avec Matthias Schoenaerts, Joel Kinnaman, Maika Monroe, Ryan Phillippe

Année : 2020

Pays : Etats-Unis, France, Belgique

Genre : Thriller, Drame

Résumé :

Philadelphie. Il y a trente ans, la famille de Michael a recueilli Peter à la mort de son père, dans des circonstances opaques. Aujourd’hui, Peter et Michael sont deux petits malfrats aux tempéraments opposés. L’un est aussi violent et exubérant que l’autre est taciturne. Quand Michael est désigné comme « gênant » par la mafia italienne », le passé trouble de la famille ressurgit…

Avis :

Écrivain français, Jérémie Guez a publié plusieurs romans policiers au cours des années 2010, ce qui lui a permis de se faire connaître. Passant d’un roman aux scénarios, Jérémie Guez a alors travaillé sur des projets qui ont marqué la décennie précédente. Ainsi, on retrouvera son nom sur des films comme « Yves Saint-Laurent » et « Iris » de Jalil Lespert, sur « Ares » de Jean-Patrick Benes, « Carnivore » de frères Renier, « Lukas » de Julien Leclercq ou encore « Rebelles » d’Allan Maudit. Cette année 2020 a vu Jérémie Guez passer à la réalisation avec le thriller « Bluebird » sorti en Juin dernier.

Ne perdant pas de temps, le réalisateur s’est d’emblée attelé à un deuxième film et voici que même pas six mois après son premier essai débarquera dans les salles le deuxième effort de Jérémie Guez et cette fois-ci, il a quitté la Belgique pour les États-Unis et c’est une belle déception. S’il est clair que Jérémie Guez a bel et bien un style et qu’il livre un film qui a un bel esthétisme, du point de vue de son intrigue, ce sera un encéphalogramme plat. Long, ennuyant, confus, bourré de moments qui ne sont pas nécessaires, « Sons of Philadelphia » est un polar bavard et interminable, alors même qu’il ne fait qu’une petite heure et demie. Dommage.

Peter, élevé au sein d’une famille de la mafia irlandaise de Phi­la­del­phie, apporte un soutien sans faille à son cousin Michael avec qui il a grandi. Mais la ville change, et les Italiens gagnent du terrain. Michael ne supporte pas cette concurrence et réagit de plus en plus violemment. Peter, affecté à jamais par le drame ayant détruit sa famille trente ans auparavant, tente de le rai­son­ner. Mais le passé trouble de la famille res­sur­git…

Deuxième film de Jérémie Guez, « Sons of Philadelphia » s’annonçait comme un polar brutal et glacé, et l’on avait hâte de découvrir ça sur grand écran et l’on en est revenu. Sur le papier, le nouveau Jérémie Guez a vraiment tout pour séduire, l’intrigue laissait transparaître quelque chose de dur et touchant à la fois, nous offrant une plongée dans l’univers de la mafia, avec tout ce qui peut aller avec ce genre d’histoire.

Du côté de l’esthétisme, Jérémie Guez a déjà prouvé avec son premier film, sorti il y a peu, qu’il savait mettre en scène et créer une ambiance. Puis il y avait ce casting international, qu’on aime beaucoup. Mais voilà, ça, c’était sur le papier, parce qu’une fois qu’on passe à l’image, et bien il ne reste pas grand-chose pour nous bousculer. Certes, l’ambiance est là, Jérémie Guez nous entraîne dans le film glacial qu’on s’attendait à trouver, et même au-delà de ça, il faut laisser à ce « Sons of Philadelphia » qu’il a quelques moments qui sont bien fichus, tout comme il a quelques idées, que ce soit dans ce qu’il raconte ou comment le cinéaste a décidé de les mettre en scène. Mais voilà, c’est bien peu face à cette intrigue qui a bien du mal à prendre.

« Sons of philadelphia« , c’est une intrigue qui a tendance à se plomber toute seule. Jérémie Guez a beaucoup de mal à nous faire comprendre et nous embarquer dans ses histoires de cousins et de rivalités entre mafia irlandaise et mafia italienne. Le scénario est confus, et bien souvent, il s’entoure de moments qu’on ne comprend pas forcément et qui arrivent comme un cheveu sur la soupe et d’instants qui sont loin d’être utiles, comme tous les flashbacks qui sont sensés amplifier son personnage principal, mais qui au final, alourdissent le film pour pas grand-chose, si ce n’est le plaisir de revoir Ryan Phillippe sur grand écran.

Si vous avez envie de voir un polar nerveux, ici, ce ne sera absolument pas le cas, puisque le film de Jérémie Guez est terriblement plat. C’est bien simple, on peine à trouver un élément marquant et le film est plus bavard pour ne pas dire grand-chose que dans l’action, où dans quelque chose qui pourrait nous tenir. Pour faire un film à l’ambiance glaciale, y rajouter Matthias Schoenaerts, Joel Kinnaman, Maika Monroe, Ryan Phillippe et quelques gueules sont très loin de suffire pour faire un bon film de mafieux, car pour cela, il faut une bonne histoire et il faut quelque chose qui nous tienne, qui bouge, quelque chose qui apporte un suspens, une tension, ce que « Sons of Philadelphia » n’a pas et c’est tellement frustrant, car on sent que derrière tout ça, il y a une envie de cinéma et du talent.

« Sons of Philadelphia » est une donc une belle déception. Si le film commençait très bien, si esthétiquement parlant, il a une gueule, on ressortira déçu et ennuyé devant un film qui avait bien des ingrédients pour être excellent et finalement, Jérémie Guez n’a su en tirer qu’un polar bavard et confus, où il ne se passe rien et avec lequel on a bien du mal à être touché par ses personnages. Bref, c’est dommage, vraiment dommage.

Note : 08/20

Par Cinéted

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