février 7, 2023

Une Ode Américaine

Titre Original : Hillbilly Elegy

De : Ron Howard

Avec Amy Adams, Glenn Close, Gabriel Basso, Haley Bennett

Année: 2020

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

J.D. Vance, un ancien Marine originaire du sud de l’Ohio désormais étudiant en droit à Yale, est sur le point de décrocher le poste de ses rêves quand une affaire de famille l’oblige à retourner chez lui et à retrouver tout ce qu’il avait tant voulu quitter. J.D. doit alors gérer la dynamique complexe de sa famille des Appalaches, et son rapport explosif avec sa mère qui souffre d’addiction. Touché par les souvenirs de sa grand-mère, la femme résiliente et redoutablement intelligente qui l’a élevé, J.D. comprend que ses origines lui serviront à construire son avenir.

Avis:

Ron Howard est un réalisateur qu’on aime beaucoup. C’est l’un des réalisateurs qui a habillé notre enfance avec des films comme « Willow« , « Splash« , « Cocoon« , tout comme il a aussi habillé notre adolescence, « Apollo 13« , « La rançon« , « Backdraft« , « Le Grinch« . Depuis les années 2000, Ron Howard a tout fait et face à sa filmographie, on a eu tous les sentiments, de l’amour, de l’émerveillement, de la déception, et même pour certain de la haine. Son « Solo : A Star Wars Story » aura fait couler beaucoup d’encre.

D’ailleurs, on n’avait plus vraiment de nouvelles du réalisateur depuis son « Solo« . Il aurait bien sorti en toute confidentialité en 2019 un documentaire sur Pavarotti, portant en guise de titre le nom du chanteur. Donc voici qu’un peu plus de deux ans après s’est infiltré dans l’univers « Star Wars », Ron Howard est de retour et c’est sur Netflix qu’on le retrouve, pour une histoire américaine. Joli, intime, tendre, mais aussi inégal, pour son trente-deuxième film, le réalisateur américain adapte une histoire vraie, celle d’un jeune homme qui traverse bien des épreuves, aussi bien dans le passé que dans son présent.

JD est un ancien marine qui est aujourd’hui étudiant à l’université de Yale. JD s’est donné les moyens d’arriver là où il est aujourd’hui et ça n’a pas tous les jours était facile. Cette semaine-là, c’est celle des grands entretiens, celle où l’avenir de JD pourrait changer à jamais, s’il arrive à retenir l’attention, ce qui l’amènerait sur un stage d’été. Mais cette semaine-là, c’est aussi celle où son passé le rattrape, car sa mère, avec qui il a toujours eu une relation compliquée, fait une overdose et JD doit s’absenter pour s’en occuper.

Pour son nouveau film donc, Ron Howard a décidé de s’arrêter sur l’Amérique à travers le destin et le portrait d’une famille américaine comme il y en a tant. « Une ode américaine« , c’est le portrait d’un jeune homme à un moment charnière de son existence. Et à travers ce portrait aussi tendre qu’il est touchant, Ron Howard nous raconte sa famille, sa mère, sa grand-mère, leur lien, les doutes, le passé, les choix d’une vie ou d’un instant. Le réalisateur nous raconte, les racines d’une famille ou encore le climat d’une région, et comment on peut ou non s’extirper d’un destin attendu. « Une ode américaine » est un film très riche en thématiques et personnages, et dans un sens, on pourrait presque dire que le cinéaste nous entraîne dans une odyssée, tant cette « … ode américaine » oscille entre les époques, les choix et ses portraits.

Simple et juste à la fois, on sera touché face aux choix que doit faire ce personnage. On sera touché par les portraits de ses personnages. Portraits où l’on trouve une Amy Adams extraordinaire en mère étouffante, perdue, aimante à sa façon et toxicomane. On sera touché par une Glenn Close en grand-mère tendre et rude à la fois. Une grand-mère qui espère autre chose pour les siens. Et l’on sera beaucoup touché par Gabriel Basso qui tient le premier rôle et qui se pose comme une belle révélation. C’est à travers ses yeux qu’on découvre cette famille, son passé, et les différents visages de l’Amérique, avec d’un côté une Amérique pauvre et gangrénée par le déclassement, l’abandon, et la délinquance et de l’autre l’Amérique de Yale, les « dîners » mondains, la déconnexion de ses élites, voire même l’arrogance de ces dernières, qui se moquent des culs-terreux. Bref, cette « … ode américaine » est riche et touchante et elle se pose comme un beau film, et même le meilleur de son réalisateur depuis « Rush« .

Mais comme je le disais plus haut, au milieu de tout ça, ce nouveau Ron Howard est aussi inégal. Si les portraits sont beaux et intéressants, Ron Howard oublie parfois d’en creuser certains et notamment celui de cette mère, qui est si lourd, cette mère qui pèse tant sur la vie de ses enfants. Ron Howard oubliera d’expliquer pourquoi la toxicomanie de cette femme, car ici, on aurait presque envie de croire qu’elle est ainsi à cause d’un tempérament bien trempé, ce qui serait assez étrange. Puis au-delà de ça, si de manière générale « Une ode américaine » est un beau film, cela ne l’empêche pas de se faire quelque peu longuet. Le rythme n’est pas toujours maîtrisé, et vers sa fin (même si cette dernière reste très belle) le film de Ron Howard a une tendance à s’essouffler, tournant un peu en rond. Heureusement, Howard se rattrape et comme je le disais, le final est très beau et là encore, très touchant.

Ce nouveau Ron Howard est donc un beau film, qui peint bien ses personnages comme ces deux Amériques. On appréciera la balade, on sera touché par ses personnages et ses acteurs, dont certains iront sûrement aux Oscar, notamment Amy Adams. On sera touché par les notes de Hans Zimmer, ou encore par les images et certaines des idées de son réalisateur qui arrive bien à capturer les époques, les ambiances, et les émotions. Bref, ce n’est pas un grand Ron Howard, mais ce retour sensible et intime au cœur d’une famille américaine est tout simplement beau.

Note : 14/20

Par Cinéted

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