novembre 30, 2021

Turner & Hooch

De : Roger Spottiswoode

Avec Tom Hanks, Mare Winningham, Craig T. Nelson, Reginald Veljohnson

Année: 1989

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie, Policier

Résumé :

Le policier Scott Turner est un maniaque de l’ordre. Sa vie professionnelle et privée est réglée comme du papier à musique. Or, un jour il apprend qu’Amos Reed, vieil ermite de ses amis, vient d’être abattu par une bande de trafiquants de drogue. Turner décide de le venger et en attendant adopte Hooch, le chien d’Amos. Hooch a vite fait de bouleverser les habitudes du policier et commence par saccager son appartement. Une lutte sans merci s’engage entre l’homme et la bête et Hooch bien entendu saura conquérir ce nouveau maitre…

Avis :

En 1987, L’Arme Fatale de Richard Donner va bousculer un peu les codes du film policier. Mettant en avant un duo de flics improbable qui ne se supportent pas, le réalisateur va lancer la mode du Buddy Movie. Le principe est très simple. Vous prenez deux flics aux caractères différents et bien trempés, et vous les faites coopérer sur une enquête complexe. Le film deviendra alors une saga avec quatre films et même une série des années plus tard. Mais surtout, le film va lancer une mode, avec des buddy movies à la pelle. Pour autant, c’est en 1989 que certains producteurs vont avoir du flair pour changer un peu les codes du genre, en prenant cette fois-ci non pas un duo de flics, mais un flic avec un chien. Et deux films vont sortir de la masse, Chien de Flic avec James Belushi et Turner & Hooch avec Tom Hanks. Et c’est sur ce dernier que l’on va s’arrêter.

Comme Chien et Chat

Bien évidemment, tout le sel du film repose sur la relation entre Hooch, ce chien rebelle et terriblement attachant, et Turner, un flic un peu toqué qui ne supporte pas le désordre. Dans son commencement, le film montre un flic minutieux, presque pénible dans ses manières, et qui ne rêve que d’une chose, d’action. Il a même demandé sa mutation à Sacramento et forme son remplaçant. Cependant, malgré son côté pénible, c’est un flic qui aime son boulot et qui est proche des gens, prêt à aider n’importe qui. Alors quand un ami est tué, il décide de récupérer le chien, seul témoin du meurtre. Commence alors un jeu de confrontation plutôt amusant. D’un côté le chien rebelle sans règle, et de l’autre un flic qui voit sa vie se changer en capharnaüm.

La résultante de cette relation est bien sûr téléphonée. Le début est chaotique. Turner ne comprend pas ce chien, il va même le détester quand celui-ci détruit sa maison par ennui. Puis, petit à petit, la relation va devenir amicale, puis carrément amoureuse. Il y a une vraie tendresse qui se dégage de ce duo. Une tendresse qui met du temps à s’installer, mais qui bénéficie d’un traitement intelligent où le réalisateur prend son temps pour parler des deux compères et montrer l’évolution de la situation. Certes, c’est joué d’avance et on repère vite les ficelles, mais ça reste efficace et surtout familial. On reste dans quelque chose de basique, mais qui file du baume au cœur et qui montre que l’animal peut être considéré comme un être presque humain.

Et l’enquête dans tout ça ?

Le principal problème que l’on va avoir avec ce film, c’est que l’enquête piétine pas mal. Non pas que le film soit trop long à démarrer, mais il reste peut-être trop scotché à la relation entre le policier et son nouveau chien. De ce fait, le côté policier est un peu revu à la baisse. L’enquête n’est pas spécialement menée. On se retrouve avec des séquences qui vont permettre d’avancer, mais elles sont assez aléatoires et ne correspondent pas à des recherches de la part de la police. Bref, on reste dans quelque chose de très banal, ici du trafic d’argent au sein d’une poissonnerie, et le film ne décolle jamais vraiment. D’ailleurs, le plus étonnant dans tout ça, c’est que la mise en scène de Roger Spottiswoode est très intéressante quand il faut aborder l’aspect un peu plus sombre de l’histoire.

A titre d’exemple, le final, dans la poissonnerie, avec ses fusillades et ses escarmouches, fait presque peur. Il y a de la tension, du suspens et même une pointe de tristesse qui démontre que le cinéaste aurait pu trouver un équilibre plus juste entre la relation chien/flic et le côté investigation. La violence est d’ailleurs assez présente dans le métrage, notamment lors du meurtre du vieux ou encore quand Turner et Hooch arrête le tueur pour le faire parler. Une noirceur qui disparait par la suite, au profit d’une romance inévitable entre le policier et une vétérinaire. Et là aussi, il y a une sorte de libération sexuelle qui s’affiche pleinement. Le film se veut familial et pourtant, certaines choses sont plutôt osées. Il est clair que de nos jours, on ne verrait jamais un tel film.

Un film qui du chien

Le film garde tout de même son intérêt dans les thématiques qu’il brasse. L’idée de confronter un flic qui aime avoir le contrôle sur tout à un chien bordélique et non éduqué est plutôt intéressante et va faire évoluer les mentalités. Petit à petit, ce policier va mettre de l’eau dans son vin et se rendre compte qu’il a perdu beaucoup trop de temps à tout ranger et à garder une vie un peu trop stricte. Ce changement s’opère lentement, en douceur, malgré la violence du chien qui, lui aussi, va apprendre à vivre plus sagement. L’apprivoisement de l’autre, les concessions, l’attachement à un animal, sont des thèmes centraux pour un film qui parle avant tout d’amour et d’amitié. C’est simple, mais c’est plus beau et le final est carrément touchant.

Et le film ne serait pas le même sans Tom Hanks. L’acteur est divin dans ce rôle. Au départ un peu pénible, il va s’adoucir et on va ressentir de l’empathie pour lui. Les moments où il s’énerve, en slip, sur sa terrasse, sont très drôles et l’acteur délivre tout son potentiel. Il sera accompagné par une Mare Winningham charmante et qui jouera un joli jeu de séduction avec le policier. Elle est elle aussi touchante dans sa façon d’aborder ce personnage qui possède de nombreux tocs et qui a peur de s’engager. Tous les autres personnages secondaires ne sont pas très importants au sein de l’histoire et c’est un peu dommage.

Au final, Turner & Hooch est un film plutôt sympathique et très agréable, malgré ses trente ans révolus. Comédie policière attachante, elle fixe surtout son attention sur la relation entre ce policier et ce chien, afin de créer des situations drôles et de faire avancer une enquête qui piétine. Il est juste dommage que le réalisateur n’ait pas trouvé un équilibre plus juste entre la comédie, la romance et le policier, puisque l’on voit qu’une des trois parties est plus développée que les autres, et c’est un poil dommage. Un poil de chien, bien évidemment.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.