juin 23, 2021

Static-X – Project: Regeneration Vol. 1

Avis :

Dans le domaine du métal, les années 2000 sont marquées par l’arrivée massive d’un nouveau genre, le Nu-Métal. Faisant se dresser les cheveux sur la tête de tous les puristes réfractaires à la nouveauté, il s’agit d’un mélange entre rap et métal et cela a fait les beaux jours de groupe comme Korn, Limp Bizkit et Slipknot. Mais réduire le Nu-métal à ce mélange est faux, puisque certaines formations vont y rajouter leur touche personnelle et notamment un ajout indus pas forcément dégueulasse. Fondé en 1994, Static-X va marquer les esprits avec son premier album, Wisconsin Death Trip sorti en 1999, qui va prendre un peu de métal industriel, quelques sonorités électro et des ajouts Nu-Métal pour fournir un son unique que l’on pourra rapprocher de Korn. Le succès sera immédiat, mais le groupe va se déliter à la toute fin des années 2000. Des brouilles entre le bassiste Tony Campos et le chanteur Wayne Static vont surgir sur les ayants droits du nom du groupe et le leader annoncera alors la mort de Static-X. Mais la vie est parfois tragique et dure et celle de Wayne va s’arrêter soudainement en 2014 des suites d’une overdose, endeuillant le monde du métal.

Quelques années plus tard, alors que la tragédie de Wayne entraine sa femme dans un suicide une paire d’années plus tard, ne supportant pas la perte de son défunt mari, Tony Campos va retrouver quelques enregistrements vocaux du chanteur et avec la formation d’origine, il décide de faire deux nouveaux albums pour rendre hommage à Wayne Static. Il en résultera alors un premier skeud, Project : Regeneration Vol. 1 qui nous préoccupe aujourd’hui. Un premier volume qui tente de rendre hommage à l’ex-leader du groupe et qui démontre que Static-X était un groupe sur lequel il fallait compter à l’époque, avec des inserts électro parfois de mauvais goût, mais une hargne qui se ressentait dans un riffing lourd et ravageur. En atteste cet album qui oscille entre nostalgie, volonté d’avancer et gros plaisir coupable.

L’album débute avec une introduction purement électro, cherchant des éléments house, puis presque hardcore pour annoncer la couleur de cet album, on veut taper fort, tout en restant dans l’esprit d’un ancien Static-X. C’est alors que déboule Hollow et on va vite se rendre compte que l’on est en plein délire d’un métal typique des années 2000. Riffs lourds, nappes électro pour donner un semblant d’aspect indus, refrain surpuissant dans lequel Wayne se fait plaisir. On renoue clairement avec l’ancien temps et ce plaisir coupable des morceaux peu recherchés mais énergiques. Worth Dyin For affichera à peu près la même facette que le titre précédent à ceci près que les ajouts électro sont de plus mauvais goût. On lorgne vers un hardcore qui tend à s’effacer durant le morceau, et cela laisse plus de place à un refrain plus accessible, plus doux dans le chant (et pas forcément dans le riffing, toujours assez lourd). Puis déboule Terminator Oscillator et son intro en techno hardcore qui enclenche ensuite sur des riffs ravageurs qui donnent envie de headbanger dans tous les sens. Les couplets sont typiques de Static-X au niveau du chant et cela nous rappelle à la belle époque de Wisconsin Death Trip et du titre phare I’m With Stupid. Simple, efficace, percutant.

Avec All These Years, le groupe, ainsi que l’enregistrement de Wayne Static, montre une autre facette. Toujours avec un riffing âpre et puissant, le groupe se permet d’être plus dans l’émotion, notamment quand le chant se fait plus doux, plus langoureux, nous ramenant à la terrible disparition du chanteur. Plus calme, mais aussi plus marquant, ce titre change un peu la donne sur la vision un peu beauf que l’on peut avoir du groupe. Alors qu’Accelerate ne va faire que renforcer un sentiment contraire, allant vraiment vers quelque chose de poussif, de lourd, où la finesse disparaît complètement. Et c’est peut-être là la réussite de la formation, de manier avec une certaine adresse le mauvais goût et les émotions. Bring you Down serait dans la même veine que le titre précédent, n’évoluant pas d’un iota, mais s’amusant avec ce qui a fait l’identité de Static-X, à savoir des refrains percutants, des ajouts vocaux et une nappe massive d’indus. Quant à My Destruction, on part très loin dans l’électro à la Thunderdome pour déballer derrière des riffs d’une lourdeur rare et une rythmique infernale. Certainement le titre le plus violent de l’album, mais qui fonctionne à cent à l’heure.

Pour le dernier tiers de l’album, le groupe redescend un peu en proposant Something on my Own, dont la rythmique est plus lente, plus posée. Le morceau est d’ailleurs plus conventionnel, plus accessible et en ce sens, il manquera de punch et d’identité, mais s’insère parfaitement au sein de l’album. Quant à Otsego Placebo, le mélange métal/électro ultra rapide et ravageur est très efficace, donnant une envie folle de sauter dans tous les sens au rythme de la musique. On fait face là aussi à un titre très violent, qui peut paraître comme surfait au niveau de la prod (et les puristes considèreront cela comme de la merde), mais qui s’avère très sombre et très intéressant dans son fond. Follow sera de ces titres qui ne resteront pas dans les mémoires mais qui permettront de mettre en avant le titre précédent, à savoir Dead Souls. Ce dernier titre est plus lent, plus touchant aussi, dévoilant un facette plus douce du groupe, plus torturée aussi et nous laisse sur la douce mémoire d’un chanteur et compositeur hors-norme et souvent sous-côté.

Au final, on aurait pu avoir des réserves sur cet album, notamment sur sa raison d’exister et sur les intentions de Tony Campos de vraiment rendre hommage à Wayne Static ou de relancer un groupe pour gagner quelques dollars en plus. Pour autant, Project : Regeneration Vol. 1 est plutôt une bonne surprise, un album complet, dense, qui respecte totalement l’image du groupe et qui évoque un souvenir nostalgique des années 2000 où le métal était en pleine révolution, n’en déplaise à certains. Bref, un album satisfaisant et étrangement nostalgique.

  • Regeneration
  • Hollow (Project Regeneration)
  • Worth Dyin For
  • Terminator Oscillator
  • All These Years
  • Accelerate
  • Bring you Down (Project Regeneration)
  • My Destruction
  • Something on my Own (Project Regeneration)
  • Otsego Placebo
  • Follow
  • Dead Souls

Note: 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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