avril 20, 2024

The Old Guard

De : Gina Prince-Bythewood

Avec Charlize Theron, Kiki Layne, Matthias Schoenaerts, Marwan Kenzari

Année: 2020

Pays: Etats-Unis

Genre: Action, Fantastique

Résumé :

Une petite bande soudée de mercenaires immortels, dirigée par la redoutable Andy, se bat depuis des siècles pour protéger les humains. Mais tandis que le groupe est engagé pour une mission des plus périlleuses, ses pouvoirs hors du commun sont soudain révélés au grand jour. C’est alors qu’Andy et Nile, tout dernier soldat à avoir rejoint l’équipe, doivent tout mettre en œuvre pour neutraliser leurs ennemis. Car ces derniers ne reculeront devant rien pour détourner les pouvoirs des immortels à leur profit.

Avis :

Les adaptations de comics sont devenues monnaie courante de nos jours et on trouve à boire et à manger. Si tout le monde connait le MCU et le DCEU, certains producteurs et réalisateurs essayent de faire d’autres adaptations avec des comics moins connus et un peu plus indépendants. Et là, on a de tout, du très bon avec les deux Hellboy de Guillermo Del Toro, mais aussi du très mauvais avec Jonah Hex, The Spirit ou encore Spawn. Le problème quand une adaptation arrive de par chez nous, c’est qu’elle risque de prendre comme matériau de base un comics peu connu et donc de faire un flop faute de connaisseurs. C’est un peu ce qu’il se passe avec The Old Guard, comics américain qui n’a pas encore bénéficié d’une traduction chez nous et pourtant, Netflix décide de balancer son adaptation sur la plateforme, s’appuyant sur une histoire sympathique, sorte d’Highlander nouvelle génération, avec un casting fort alléchant. Dépassant les attentes en termes d’audience, la première question qu’il faut se poser après avoir regardé ce film c’est : est-ce qu’on a envie de lire le comics ? Et la réponse est négative.

Bien entendu, cet avis ne se base que sur le film, puisque le comics est indisponible en France, mais il bénéficie d’excellents retours et montre clairement une violence exacerbée, ce qui ne sera pas forcément le cas dans l’adaptation. L’histoire est assez simple. Dans le monde, une petite société d’immortels officie dans l’ombre depuis la nuit des temps pour faire le bien. Pris au piège par un membre de la CIA qui s’acoquine avec un laboratoire pharmaceutique, une partie de la petite bande se fait kidnapper pour des essais cliniques afin de comprendre leur génome. Andy, la plus vieille de l’équipe, et Nile, la plus jeune qui vient à peine de comprendre son pouvoir, s’allient donc pour sauver leurs comparses. Linéaire au possible, le film peut se fracturer en plusieurs chapitres. Tout d’abord une présentation de l’équipe et de son pouvoir au sein d’une mission fantôme. Puis une fuite ainsi que la récupération de la nouvelle venue pour lui apprendre ses pouvoirs. Le kidnapping et la trahison, pour finir ensuite sur l’assaut final et un twist qui annonce une franchise. Rien de bien neuf donc sous le soleil des adaptations de comics avec des personnages qui ont de super-pouvoirs. Et des nouveautés, il faudra se lever tôt pour en trouver.

Déjà, au niveau des personnages, c’est un peu le grand vide. Et que ce soit dans les héros ou les antagonistes, on ne s’attachera à personne, la faute à des backgrounds peu intéressants et à des convictions qui sont minuscules, alors que le film semble vouloir nous faire croire à de grandes ambitions. Parmi le groupe de héros, on essaye parfois de nous fournir des flashbacks pour épaissir les protagonistes, mais ils sont expédiés très rapidement, et les thématiques qui auraient pu être intéressantes sont balayées en un revers de main. De ce fait, entre une Charlize Theron qui prend la pose à chaque fois et s’avère peu charismatique ou un Matthias Schoenaerts qui pleure à chaque qu’il évoque ses gamins décédés, on frôle parfois l’indécence. Mais ce qui choque le plus, c’est clairement son cahier des charges ethniques qui essaye de cocher toutes les cases. On aura droit aux gentils qui offrent une belle mixité entre blancs, noirs, juifs et homosexuels, et les méchants qui sont tous blancs, petits, maigrichons et nerveux. Ajoutons à cela que la réalisatrice du film est black et qu’elle a été choisie pour les mauvaises raisons, à savoir ses origines, son sexe et sa couleur de peau, et on obtient forcément un film qui se veut moderne mais qui ne va pas faire l’efficacité, pensant trop à ne pas offusquer les minorités. Si encore, ce n’était pas visible, mais là, ça crève les yeux. De ce fait, entre ça et des personnages complètement creux, on e rend bien compte que le film ne va pas nous toucher.

Pourtant, les thématiques auraient pu être bien plus intéressantes. A travers le personnage d’Andy, on sent que l’éternité devient un fardeau, que le temps est long et qu’elle se met à douter de ses actes. En ajoutant un amour perdu dans les flots, le travail sur l’éternité de l’amour et la blessure jamais refermée de la perte d’un être cher, on aurait pu avoir quelque chose de touchant et qui nous ramène au privilège de mourir, d’avoir une vraie fin. Il en va de même avec le personnage de Booker, qui annonce, les larmes aux yeux, qu’il a vu mourir tous ces enfants et que c’est pour cela qu’ils doivent vivre dans la clandestinité et ne s’accrocher à personne. Là aussi, le thème de la solitude et de la folie qui peut guetter tout immortel aurait pu être intéressant, mais n’est que survoler, pour ne pas dire pas abordé. Du côté des méchants, la recherche pharmaceutique, la volonté d’étudier ces êtres pour guérir du cancer ou d’autres maladies incurables, est un leitmotiv qui marche. Sauf quand il est pris par-dessus la jambe pour juste en faire une critique unilatérale sans fonds et en faisant intervenir un Lex Luthor au rabais qui ne sert strictement à rien. The Old Guard aurait pu, et aurait dû, se parer de réflexions intelligentes, mais au final, il n’y a rien, à l’image des personnages.

Enfin, parlons un petit peu de la mise en scène et du côté action que veut avoir le film. Premièrement, le film est très, très, sombre. Les trois quarts du temps, le film possède un éclairage naturel qui ne convient absolument pas aux séquences de nuit. On ne voit rien, les lumières des bougies ne suffisent pas et on pourrait presque voir cela comme un cache-misère. D’ailleurs, une séquence de combat se déroule dans une église abandonnée, de nuit et on ne voit absolument rien. Une aubaine pour une réalisatrice qui fait ses premiers pas dans ce genre, et cela se voit. Les phases de combat sont filmées sans aucune verve, sans aucune saveur et on se surprend à s’ennuyer, même quand ça tire dans tous les sens ou quand il y a des coups de hache. Les seules choses positives à ressortir lors des phases d’action sont les différentes mises à mort des personnages qui vont ressusciter par la suite et le travail d’équipe sur la dernière séquence, où l’on va voir que le groupe a l’habitude de travailler ensemble. En dehors de cela, on voit bien que le film manque d’ambition et que la mise en scène manque de punch mais aussi d’une certaine violence qui ne va pas au bout des choses.

Au final, The Old Guard est une belle déception. Non pas que l’on attendait quelque chose de probant de ce film, mais au moins un divertissement un peu crétin sur les bords avec de belles scènes d’action et on ne l’a pas eu. A la place, on a un film bavard, pas forcément bien réalisé, qui rentre dans toutes les cases des minorités et qui ne fait pas de mal à une mouche. Et dire que les producteurs veulent en faire une franchise…

Note : 07/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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