décembre 10, 2022

Child of Light

Résumé :

Dans le jeu de rôle Child of Light, le joueur peut explorer le monde fantastique de Lémuria au cours d’une quête épique. Le style de combat au tour par tour est inspiré des RPG japonais, et il y a aussi de nombreuses énigmes à résoudre pour découvrir la fin de l’histoire…

Avis :

Le monde du jeu vidéo est très complexe et peut se voir comme le monde cinématographique, se découpant en trois grands axes, les jeux triple A produits par de grosses boîtes et qui font un carton (les blockbusters), les jeux indépendants qui bien souvent n’ont pas le droit à des sorties physiques (les films indépendants sortant directement en VOD), puis les jeux moyens, ceux qui sont au milieu, qui végètent tant bien que mal à s’adressant à un public de niche. La seule grosse différence que l’on peut noter par rapport au cinéma, c’est que les gros jeux sont souvent excellents, alors que les blockbusters, du moins contemporains, ne sont pas terribles. Mais les jeux indépendants, les « petits » jeux, sont tout autant bons, en atteste ce superbe Child of Light. Sorti en 2014 grâce à Ubisoft Montréal, Child of Light est un jeu de rôle et d’exploration en 2D dans un univers onirique et poétique. Point de gros monstres dégueulasses, point de 3D ultra réaliste, ici, l’aquarelle et les références aux contes de notre enfance sont la force majeure d’une œuvre qui touche au cœur et qui s’avère tout simplement indispensable.

La première chose qui frappe quand on rentre dans le jeu, c’est son graphisme. Le jeu fait la part belle à l’aquarelle et à des œuvres picturales très marquées, offrant un vrai régal pour les yeux. C’est bien simple, c’est tout simplement sublime, arrivant à donner vie à des décors plats, mettant en arrière-plan des animations et des couleurs parfaitement utilisées. On se surprendra à errer et faire des allers-retours dans la forêt ou encore dans la plaine, pour voir des éléments qui nous auraient échappés. On sera éblouis par la beauté de certains lieux, comme le monastère abandonné et son vitrail ou encore le palais sous–marin. Bref, graphiquement, le parti pris est totalement gagnant et on reste subjugué par l’incroyable maîtrise technique. D’ailleurs, si Aurora est en 3D, elle s’intègre parfaitement dans les décors et le système de jeu. Le seul petit bémol que l’on peut apporter concerne les stages de combat, qui sont très redondants. En effet, même si l’on est dans divers tableaux, les arènes sont quasiment les mêmes et manquent cruellement de vie. On a nos personnages à gauche et les méchants à droite, et c’est tout.

Cependant, cela n’est pas bien grave car même si les combats sont au centre du gameplay, ils restent cohérents avec l’univers. Pour en revenir au gameplay, le jeu mélange l’aventure et l’exploration avec le RPG et c’est très bien fichu. On va diriger notre héroïne sur des tableaux linéaires. On va être aidé par une petite luciole afin de résoudre certaines énigmes. Et lors des combats, on passe à du tour par tour où il va falloir gérer les adversaires, ses personnages et sa luciole. Le système est très inventif, mais surtout il est très instinctif. Lors des combats, il y a une ligne temporelle au centre qui montre qui va jouer à quel moment. Certains personnages sont plus longs que d’autres, et en fonction de l’attaque choisie, on va être plus ou moins rapide que l’adversaire. Cela a donc une première importance sur le plan tactique. Quand nos personnages jouent, le temps s’arrête afin que l’on puisse choisir l’action que l’on veut faire. Attaquer physiquement, faire de la magie, boire une potion, se défendre, etc…Il s’agit d’un système de roulette qui fonctionne parfaitement. Afin, le troisième point important lors des combats, c’est la luciole, car elle possède plusieurs pouvoirs et se dirige en temps réel avec le stick droit. En effet, sur les stages de combat, elle peut éblouir un ennemi et le ralentir, elle peut soigner un allié en faisant de la lumière et elle peut récupérer de la vie et des points de magie en allant sur des plantes. Elle possède une jauge de lumière qui n’est pas infinie et il faut l’utiliser avec parcimonie, rajoutant un gros point tactique aux combats.

Lorsque l’on n’est pas en combat, on a une partie exploration. On trouve des coffres, des poussières permettant d’augmenter ses compétences ou encore des lieux secrets permettant de réaliser des quêtes. Car oui, on va rencontrer dans l’aventure divers personnages qui vont nous demander des choses en échange de quoi, ils nous récompensent. Un système classique qui permet de voyager d’allonger la durée de vie d’un jeu qui est déjà conséquent. Avec le système de carte, on peut se déplacer rapidement d’un bout à l’autre de la carte, ce qui facilite l’accès à certains points, évitant de re-rencontrer certains ennemis. Même si cela permet d’augmenter son niveau et de débloquer des points de compétence, le jeu est assez accessible pour faire le juste nécessaire en avançant et pas forcément à faire du level up incessant. Cette partie exploration permet aussi d’utiliser la luciole qui éclaire des lieux cachés et qui permet d’ouvrir des coffres et d’accéder à des lieux impossibles pour Aurora. Pour faire bref, le jeu est riche, assez dense et on va s’amuser à utiliser ses personnages pour divers rôles, comme la magie, l’attaque physique, les soins ou encore ralentir les ennemis et accélérer les alliés.

Enfin, difficile de ne pas parler de la narration du jeu et de son ambiance globale. Parce que Child of Light est un jeu qui fait du bien, avec lequel il est très compliqué de s’énerver. Déjà  à cause de la musique, tout aussi belle que les graphismes et qui impose un certain calme. Mais aussi avec cette sensation d’évoluer dans un conte féérique de la belle époque, le jeu faisant référence à Cendrillon, La Belle au Bois Dormant, mais aussi à Jack et le Haricot Magique ou encore aux contes des frères Grimm et de Charles Perrault. C’est à la fois doux et cruel, et Aurora incarne l’espoir, la gentillesse, la bonté et l’amitié. Ecris totalement en vers comme un poème, on entre dans une ambiance onirique, on se laisse transporter par un univers enchanteur et délicat, trop rare dans le domaine du jeu vidéo.

Au final, Child of Light est une véritable petite pépite, un jeu qui en six ans de temps n’a pas pris une ride et fournit un univers incroyablement bienfaisant et bienveillant. Sublime dans ses graphismes, dense et original dans son gameplay, ultra référencé dans son histoire et sa narration, il est claire qu’Ubisoft a frappé fort avec ce jeu d’une rare douceur et à côté duquel il serait dommage de passer.

Note : 18/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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