janvier 16, 2022

Call of Duty WWII

Résumé:

Call of Duty : WWII est un jeu d’action FPS du studio Sledgehammer Games. Pour cet opus, les développeurs ont opéré un retour aux sources de la saga en traitant la période historique de la Seconde Guerre mondiale. Cette fois-ci, exit les conflits futuristes et manichéens et place à un traitement plus réaliste et viscéral de ce conflit qui a chamboulé le monde entier.

Avis :

En l’espace de deux décennies, Call of Duty est devenu l’un des principaux porte-étendards du FPS. Il a accompagné le genre dans son évolution et a été l’un des grands acteurs de la démocratisation du multijoueur en ligne. Les années 2010 auront été l’occasion de dépeindre des conflits modernes ou futuristes, voire intersidéraux. On en aurait presque oublié que la saga a débuté et s’est imposée avec des titres prenant place en pleine Seconde Guerre mondiale. Si cette thématique fait un retour timoré dans l’industrie vidéoludique, elle a longtemps été délaissée par les développeurs, eux-mêmes responsables de sa surexploitation. Peut-on escompter un retour aux sources délectable ou un opportunisme qui masque bien maladroitement un manque d’inspiration flagrant ?

Presque dix années séparent Call of Duty WWII et Call of Duty : World at War ; dernier essai en date de la franchise dans ce contexte historique. Au vu des efforts techniques consentis, on pourrait presque penser qu’un monde sépare les deux opus. En un sens, c’est le cas lorsqu’on s’attarde sur le contenu. On songe notamment aux modes multijoueurs et aux contenus en ligne qui se sont considérablement accrus, prenant en considération les attentes des joueurs. Sur ce point, Activision et Sledghammer Games confirment leur volonté de densifier cet aspect et de ravir une partie de la communauté CoD. Pour une fois, ce choix ne se fait pas au détriment d’une autre facette indissociable au FPS : l’aventure solo.

S’il y a bien eu une régression au fil des épisodes, à tout le moins un bâclage flagrant, il réside dans la campagne principale. Scénario léger qui prône le patriotisme à outrance, durée de vie famélique, manque de challenge… L’intérêt et le potentiel de rejouabilité se sont amenuisés. Or, Call of Duty WWII étonne par le soin apporté à la partie solo. Et cela ne tient pas uniquement à une mise en scène grandiloquente et efficace dans la présentation et le déroulement des missions. Sur ce point, la qualité de la réalisation et l’ambiance sonore permettent de retranscrire quelques batailles emblématiques du conflit.

On songe à l’incontournable ouverture sur le débarquement du 6 juin 1944, qui demeure toujours aussi percutant, à la bataille des Ardennes ou encore à la libération de Paris. La progression pour repousser les forces de l’Axe se montre assez rigoureuse tant sur le plan géographique que temporel ; du 6 juin 1944 au 7 mars 1945. De même, la nature des missions présente une variété évidente. Les affrontements sont majoritaires, mais l’on découvre quelques digressions bienvenues, comme cette séquence d’« infiltration » où l’on incarne une résistante française. De la campagne normande aux immeubles de la capitale, sans oublier la forêt à la frontière allemande, la direction artistique affiche un panel d’environnements diversifiés.

Quant au gameplay, il emprunte un chemin similaire avec différentes situations. Le pilotage d’un avion ou la conduite d’un char reste anecdotique, mais ces passages s’intègrent dans une succession d’évènements qui trouvent une réelle cohésion et ne se cantonne pas à un banal prétexte. De même, on apprécie les rares moments qui nécessitent de la discrétion pour éviter d’attirer l’attention des troupes allemandes, les séances de sniper rondement menées ou l’assaut sur les positions ennemies. Il est vrai que l’orientation générale des affrontements impose souvent un cheminement ciblé. Il y a bien quelques sentiers de traverse, mais les choix stratégiques se tournent rapidement vers une approche précise, quitte à rendre la progression linéaire.

En soi, ce n’est pas un handicap, mais il faut en avoir conscience pour appréhender le titre, à tout le moins la partie solo, sous un angle old-school. Et pour cela, quoi de mieux que d’évoquer quelques poncifs ? À commencer par la disparition de la régénération automatique. On en revient à cette bonne vieille jauge de vie qui exige une approche toute différente que se terrer en attendant de regagner sa santé. Cela accentue le réalisme du titre. Cet aspect impose de repenser sa façon de jouer en considérant une difficulté bienvenue, même si elle n’est pas forcément insurmontable. Par ailleurs, ce choix n’enlève rien à des mécaniques de jeu bien rodées.

On notera le développement d’une connivence avec ses frères d’armes. Si l’intelligence artificielle n’est pas toujours très réactive ou judicieuse dans ses comportements, la complémentarité des compétences fonctionne. C’est notamment le cas pour demander une trousse de secours en urgence ou un pack de munitions. Il est également possible de repérer les ennemis à distance et de solliciter ses compagnons d’infortune pour glaner quelques grenades. À cela s’ajoute une caractérisation correctement avancée pour renforcer l’esprit de camaraderie qui unit les membres d’une même section. Les personnages restent bien campés et se distinguent par des réactions disparates dans les cut-scenes.

Bien qu’elle emprunte nombre de poncifs propres aux films et jeux de guerre, l’histoire se veut plus mature. Certes, il est difficile de se départir du sens du devoir auquel renvoie le patriotisme proaméricain. Cependant, ce dernier s’atténue en évoquant certaines failles psychologiques des officiers ; qu’il s’agisse d’aveuglement, d’obstination ou d’incompétences. De même, la présence des Français démontre que la victoire ne tient pas à un pays en particulier, mais à une convergence des nations pour annihiler le nazisme. À noter : un épilogue beaucoup plus dramatique qu’attendu où l’on délaisse les sirènes d’une ultime bataille spectaculaire pour se confronter aux conséquences de la solution finale.

Au final, Call of Duty WWII effectue un retour aux sources convaincant. Le contexte de la Seconde Guerre mondiale bénéficie d’une belle reconstitution historique avec de célèbres batailles et épisodes du conflit. Avec une scénarisation qui privilégie la gravité des affrontements, des protagonistes loin de jouer les faire-valoir et une dynamique de progression variée, le titre de Sledgehammer Games touche tous les profils de joueur. Le multijoueur est de qualité, tandis que la campagne solo occupe pendant près de 8 heures (pour 11 missions) en difficulté intermédiaire. Des mécaniques de jeu bien huilées, des idées de gameplay à l’ancienne, une réalisation immersive… L’un des meilleurs opus de la saga depuis bien longtemps.

Note : 16/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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