janvier 28, 2022

Terre Neuve

Titre Original : The Shipping News

De : Lasse Hallström

Avec Kevin Spacey, Julianne Moore, Judi Dench, Cate Blanchett

Année : 2002

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

Quoyle, un imprimeur, a passé une enfance difficile à New York, maltraité par son père. Il vit marié depuis six ans avec Petal Bear, une femme infidèle qui lui a donné une jolie fille, Bunny. Son épouse meurt dans un accident de voiture. La tante de Quoyle, Agnis, propose alors à son neveu et à Bunny de venir vivre à Terre Neuve, sur la terre de leurs ancêtres. Cependant, la propriété perchée sur une falaise rocheuse est inhabitable durant l’hiver.
Quoyle réussit à se trouver un emploi de journaliste dans la gazette locale, à la rubrique des faits divers et des nouvelles de dernière minute. Sa rubrique connaît un vif succès, une popularité à laquelle il n’aurait jamais cru.
Regagnant confiance en lui, il fait la connaissance d’une veuve du nom de Wavey qui s’agrippe fermement au passé et aux souvenirs de son regretté mari, tout comme lui avec ceux de Petal.

Avis :

Lasse Hallström est un réalisateur suédois dont on entend peu parler, mais qui s’est fait une jolie place dans le paysage et dans le cœur de certains spectateurs. Ne cherchant pas à faire un cinéma plus grand que lui, Lasse Hallström a toujours préféré filmer de petites histoires touchantes qui suscitent l’émotion. Lasse Hallström est un réalisateur humain, qui aime parler des hommes, de leurs défauts, de leurs qualités et surtout de leurs histoires.

Lasse Hallström entre dans les années 2000 de très belle façon, puisque le réalisateur enchaine coup sur coup, « L’Œuvre de Dieu, la part du Diable« , « Le chocolat » et « Terre Neuve« , qui sont de très beaux films, voire même plus pour l’un d’entre eux. Avec « Terre Neuve« , Lasse Hallström va peindre le portrait de trois personnages meurtris par la vie. Trois personnages dont le souffle coupé ne demande qu’à reprendre, mais aucun d’eux n’y arrivent vraiment. Intimiste, dépaysant, touchant, si « Terre Neuve » n’est pas le meilleur film de son réalisateur, il n’en demeure pas moins un joli film, doté d’une belle histoire et surtout devant lequel on passe un bon et beau moment.

Quoyle travaille dans une imprimerie de New York et il est de ces personnes qu’on ne remarque jamais. Quoyle traverse sa vie comme un fantôme, jusqu’à ce qu’un matin, Petal le regarde, et même si elle n’en tombera jamais amoureuse, même si elle va plutôt se servir de lui, elle va offrir l’espace de quelques instants ou quelques années, un petit souffle dans la vie de Quoyle. Mais un jour, son univers s’effondre, quand Petal, qui était partie quelques heures plus tôt avec leur fille, meurt dans un accident de voiture. Quoyle se retrouve père célibataire, mais c’est surtout un homme détruit. Et c’est là que Quoyle voit entrer dans sa vie une vieille tante, qu’il ne connaissait pas encore et cette dernière, qui ne devait pas rester, va bouleverser sa vie à jamais…

« Terre Neuve« , c’est le genre de petit film qui parle de chose simple et qui fait du bien. C’est le genre de petit film qui vous fait voyager, ne serait-ce que par la BO formidable de Christopher Young. Et c’est un petit film qui nous fait voyager en compagnie de personnages qui, certes parfois, vont être un peu clichés, mais qui restent toutefois intéressants, beaux et surtout touchants.

Partant d’un personnage au départ, Lasse Hallström va surtout nous proposer d’en suivre quatre. Trois d’entre eux sont humains, et le quatrième, c’est la terre où se déroule cette histoire, l’île de Terre-Neuve, un endroit où le cinéma ne s’aventure quasi-jamais.

« Terre Neuve« , c’est donc un film qui nous propose de suivre trois écorchés de la vie. Trois personnages qui ont arrêté de respirer, malgré un désir de vivre. Plein d’humanisme et de tendresse, « Terre Neuve » est un film intime qui est une reconstruction de soi, et un nouveau souffle. C’est un film qui prend son temps pour rassembler les pièces de son petit puzzle, pour amener ses personnages vers un nouveau départ. Lasse Hallström parle ici du deuil évidemment, du mal-être, de l’ignorance, des démons familiaux et là, on parlera de la sublime et terrifiante intrigue autour du personnage de Judi Dench. À travers cette histoire très simple, « Terre Neuve« , c’est aussi une évidente quête de soi, du « Qui je suis » finalement et cette quête intérieure est portée avec force et douceur par un Kevin Spacey encore une fois grandiose. Notons un très joli rôle pour Julianne Moore en femme brisée et endeuillée.

Le quatrième personnage apparaît et appartient clairement à la mise en scène. Comme je le disais, « Terre Neuve« , c’est un film très intime, très épuré et très sensible. Lasse Hallström arrive malgré la noirceur et la tristesse qui parcourent son récit, à ne jamais trop en faire. Il ne tombe jamais dans un pathos dégoulinant, le réalisateur suédois a parfaitement su trouver le ton juste, la scène juste, et même si parfois il fait un peu dans le cliché, il arrive toujours à rendre son film simple et beau. Puis à travers ce film, le cinéaste impose Terre-Neuve, cette île, ses habitants, sa façon de vivre, sa simplicité, son froid, ses paysages aussi sublimes qu’austères parfois. Terre-Neuve a ses histoires, ses légendes, ses coutumes, et Lasse Hallström l’impose au gré de son film, comme un personnage superbe. On aurait presque envie de partir là-bas, surtout si l’on est accompagné par les notes de Christopher Young.

Le début des années 2000 est donc très beau pour Lasse Hallström. Après le doux et sensible « Le chocolat« , le réalisateur revient avec « Terre Neuve » et s’il est vrai que le film n’est pas aussi marquant que d’autres films de la carrière du cinéaste, il demeure un bon et beau film qui parle avec douceur de la vie, de ses épreuves, de la quête de soi et de la reconstruction. Tenu par un casting en or (je n’ai pas parlé de Cate Blanchett, l’actrice y tient un petit rôle assez incroyable), porté par une BO qui touche au magique, « Terre Neuve » mérite qu’on s’y arrête, et qu’on lui remette un petit coup de projecteur.

Note : 14/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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