novembre 30, 2022

Un Jour si Blanc – L’Ile Mystérieuse

Titre Original : Hvîtur, Hvîtur Dagur

De : Hlynur Palmason

Avec Ingvar Eggert Sigurosson, Ida Mekkin Hlynsdottir, Hilmir Snaer Guonason, Bjorn Ingi Hilmarsson

Année : 2020

Pays : Islande, Danemark, Suède

Genre : Drame

Résumé :

Dans une petite ville perdue d’Islande, un commissaire de police en congé soupçonne un homme du coin d’avoir eu une aventure avec sa femme récemment décédée dans un accident de voiture. Sa recherche de la vérité tourne à l’obsession. Celle-ci s’intensifie et le mène inévitablement à se mettre en danger, lui et ses proches. Une histoire de deuil, de vengeance et d’amour inconditionnel.

Avis :

Le cinéma islandais est un cinéma dont on ne parle pas assez et qui pourtant regorge de pépites et de metteurs en scène qui ont une grosse envie de faire bouger les choses, de mélanger les genres et d’offrir au public un cinéma qui soit autant divertissant que touchant. Hlynur Palmason fait clairement partie de ceux-là. Après trois courts-métrages durant les nouvelles années 2010, Hlynur Palmason a débarqué avec son premier film « Winter Brother« , il y a deux ans de cela, et même si je n’ai pas vu le film, car très mal distribué, le peu dont j’en ai entendu parler laissait imaginer une œuvre forte et marquante.

Après s’être aventuré dans le milieu des mineurs, Hlynur Palmason revient cette année avec un film qui s’amuse à mélanger les genres. Un film qui se pose comme une étrangeté, pas toujours très juste, dans laquelle on a du mal à entrer, tant la proposition de cinéma du cinéaste islandais est « radicale », mais heureusement l’idée fait son chemin, et une fois qu’on est pris dedans, « Un jour si blanc » nous entraîne dans une intrigue qui ne demande qu’à exploser.

Ingimundur est un commissaire de police qui est à la retraite. Alors qu’il vient de racheter une vieille maison, il n’a qu’un but dans la vie, c’est de retaper cette vieille baraque. Mais derrière l’envie de voir cette maison refaite, Ingimundur cache autre chose. Il cache la douleur d’un deuil, celui de sa femme, survenu quelques semaines plus tôt, dans un accident de voiture. Ingimundur soupçonne sa défunte épouse de lui avoir caché quelque chose de son vivant et plus les jours passent et plus cette idée l’obsède et surtout plus elle se précise…

« Un jour si blanc« , c’est un film que j’avais envie de voir presque uniquement parce que je trouvais son affiche complétement dingue. Il y a quelque chose dans cette affiche de fascinant et de terrifiant à la fois. Quelque chose qui laissait penser à un grand moment de cinéma, ou du moins à un moment de cinéma marquant, et même si je ressors de ma séance avec de petites déceptions, dans le sens où ce « … jour si blanc » n’a pas été aussi prenant que je l’espérais, il n’en demeure pas moins un moment de cinéma fort, puissant, même dans son final qui gère une tension assez folle.

La mise en scène de Hlynur Palmason est très déconcertante et fascinante à la fois, le metteur en scène nous entraînant dans un film marqué d’une ambiance qui ne va faire que se tendre de plus en plus au fur et à mesure que l’intrigue se dévoile. On soulignera le talent de son réalisateur pour jouer avec les genres, nous offrant ici aussi bien un drame humain touchant et puissant qu’un film de genre qui ne fait que piquer notre curiosité ou encore un film d’auteur au parti pris qui pourrait en laisser quelques-uns sur le carreau presque dès son ouverture.

Ce « … jour si blanc » est incroyablement tenu par son acteur principal, l’immense Ingvar Eggert Sigurðsson, qui ne cesse pendant tout le film de nous captiver et nous toucher. Le personnage ne cesse de monter en puissance, au point d’en être une cocotte-minute qui arrive presque à nous terrifier lors de certains passages.

Derrière tout ça, « Un jour si blanc » est un film qui est imparfait, derrière la montée en puissance, derrière les tensions, derrière cet acteur, le film de Hlynur Palmason a un gros souci et c’est son écriture. Si l’ouverture est assez folle, si le dernier quart est incroyable, il reste ce milieu de film où l’intrigue a bien du mal à s’installer. En fait, pendant une grosse partie de l’œuvre, on se demande où cette dernière veut nous emmener, on se demande ce qui se passe, et de quoi finalement le réalisateur veut nous parler. Il y a un mystère qui pèse sur une grosse partie du film et parfois, il se peut qu’on se retrouve largué, à ne pas comprendre certains choix, et d’ailleurs si la plupart deviennent peu à peu évidents, il en reste certains qui ne trouvent toujours pas de sens à la sortie du film. Ce scénario qui a du mal à se mettre en place et dévoiler alors ses vraies intentions a tendance à abîmer quelque peu cette séance, et même si Hlynur Palmason nous rattrape en milieu de film, et une fois qu’il l’a fait il ne nous lâche plus, ce sentiment que le tout aurait pu être bien plus fort et prenant reste.

Etrange donc dans son début, ayant du mal à savoir où il veut aller, « Un jour si blanc » n’en reste pas moins un film intéressant dans sa façon de mélanger les genres, dans sa façon de construire son personnage, et surtout, une fois qu’il a réussi à nous prendre, le film ne nous lâche plus et malgré des zones d’ombre, le final est si tendu et percutant que finalement, même si on a des sentiments de « ça aurait pu être mieux », « Un jour si blanc » offre un moment de cinéma singulier et mérite qu’on s’y arrête, enfin si on peut, au vu de la faible distribution.

Note : 13/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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