juin 22, 2021

Parkway Drive – Reverence

Avis :

L’Australie est résolument une terre de rock. Voire même une terre de Hard Rock et de Métal, puisque de nombreux groupes émergent de cette île-continent et suivent les pas tout tracé de leurs confrères de chez AC/DC. Car oui, même si on parle aujourd’hui d’une musique différente, plus violente, le groupe précité a permis à de nombreux autres de conquérir la scène mondiale et de s’affirmer comme des cadors. Si Airbourne peut faire office de remplaçant, d’autres ont décidé de frapper plus fort et d’aller dans un Métal pure souche. Parkway Drive se forme à l’aube des années 2000 en officiant dans un Métalcore puissant, qui laisse peu de répit et où le chanteur, Winston McCall, beugle tout ce qu’il peu malgré sa petite technique. Après quatre albums qui ont permis au groupe de forger une solide base de fans, Parkway Drive a tenu à changer son fusil d’épaule. Avec Ire, cinquième effort du groupe, la musique va radicalement changer. Plus doux, allant vers un Heavy plutôt qu’un Métalcore, la mutation va choquer les fans de la première heure, alors que d’autres vont suivre le groupe de plus près. Selon les dires du frontman, peu lui importe le ressentiment des fans, il n’est pas là pour enfiler les albums qui se ressemblent et ressentir de l’ennui, qui mènerait à la mort du groupe. Parkway Drive évolue, change de registre, et se fait largement plaisir. Reverence, sixième album, va alors aller encore plus loin dans le changement.

Le skeud débute avec Wishing Wells, et autant le dire de suite, le groupe commence avec ce qui pourrait bien être l’un des meilleurs titres de l’album. Débutant avec une ambiance morbide, à base de corbeaux et de vent soufflant, Winston McCall va commencer à entamer une partie en Spoken Words, avec une voix grave et une musique toute douce. Et le morceau démarre lorsqu’il se met à hurler avec sa voix grave « None survive », laissant libre cours à des riffs assassins et surtout à une ambiance de dingue, où les capacités vocales du chanteur vont être mises à rude épreuve. Les breaks sont incisifs, le rythme est ultra nerveux et durant les cinq minutes que dure le titre, il y a un travail de dingue, accompagné de paroles qui ont vraiment un sens. Bref, l’album démarre vraiment très fort. Avec Prey, le groupe continue sur sa lancée, mais en lâchant cette fois-ci un titre plus Heavy, plus accessible, mais d’une réussite totale. Tout le titre est entêtant, avec des paroles simples qui rentrent vite en tête, le refrain est catchy à souhait et musicalement, c’est tout simplement parfait. En deux titres, le groupe enterre la concurrence, tout en clivant davantage ses fans qui s’attendaient à du Métalcore pur jus. En attaquant Absolute Power, le groupe surprend une fois de plus, notamment avec une introduction à la basse, mais aussi avec un morceau qui fait écho à du Rage Against the Machine dans son refrain et c’est très intéressant. Quant à Cemetery Bloom, on a l’impression de faire face à un interlude tant la rythmique est lente, et pourtant, il s’agira d’un vrai titre, posé, mais qui permettra de se reposer un petit peu avant le très sympathique The Void. Très Heavy, le morceau pourrait presque faire penser à du Five Finger Death Punch avec une voix plus granuleuse et globalement, c’est une belle réussite.

La seconde moitié de l’album démarre avec I Hope You Rot, un gros morceau surpuissant, avec des riffs tout simplement parfait, et une mélodie qui donne une patate d’enfer. La surprise dans ce titre viendra surtout du refrain en latin, donnant un cachet particulier et montrant que le groupe innove et cherche à faire différent à chaque fois. Mais lorsque Shadow Boxing démarre, c’est une énorme claque dans la gueule qui nous attend. Démarrant en chant clair, celui que l’on croyait juste capable de beugler dans un micro va surprendre tout le monde avec une voix superbe. Une voix qui va partir dans les graves sur une partie rap parfaitement maîtrisée avant de lâcher un gros refrain bien bourre-pif. A la fois puissant et touchant, le morceau signe un break dantesque au violon qui permet de rendre la fin du morceau épique et d’une justesse incroyable. C’est bien simple, on est clairement sur le meilleur titre de l’album. Les choses vont-elles être plus fades par la suite ? Oui et non. Si In Blood se révèle assez classique dans sa démarche, il permet au groupe de fournir un exutoire impeccable pour un titre bien travaillé, mais c’est surtout Chronos qui va prendre aux tripes. Long morceau qui pourrait être assimilé à un mélange de Heavy et de Speed, le groupe se remet encore en question et fournit un titre à la fois puissant et complexe qui démontre bien le boulot mature accompli par Parkway Drive. Enfin, The Colour of Leaving va parfaitement clôturer l’ensemble, avec un titre doux où Winston McCall pose encore son chant clair de la plus belle des façons, terminant même avec un Spoken Words touchant et d’une beauté transcendante.

Au final, Reverence, le dernier album en date de Parkway Drive, est une réussite du début à la fin. Délaissant le Métalcore pour évoluer vers quelque d’hybride de plus puissant et touchant, le groupe tente des choses, inclut des violons, des parties rappées et même du chant clair pour un résultat précis et d’une trop rare justesse. Quoi qu’en pensent les fans de la première heure, Parkway Drive vient de rentrer dans la cour des grands avec cet album, mature à plus d’un titre et prouvant une volonté d’avancer dans le bon sens, celui de la bonne santé du groupe et du plaisir, partagé ici.

  • Wishing Wells
  • Prey
  • Absolute Power
  • Cemetery Bloom
  • The Void
  • I Hope You Rot
  • Shadow Boxing
  • In Blood
  • Chronos
  • The Colour of Leaving

Note : 19/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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