septembre 27, 2022

Arkeronn – Like a Miracle

Avis :

Il y a dans le monde du métal, des phénomènes étranges qui participent finalement à la richesse de ce genre souvent méprisé par les médias et la population de masse. Si on a droit à des groupes totalement féminins, des groupes plutôt familiaux ou encore des line-up qui changent sur tous les albums, sans compter des featurings improbables, on peut aussi compter sur les One Man Band. Qu’est-ce que c’est ? Comme son nom l’indique, ce sont des groupes qui ne sont formés que d’une seule personne, notamment lors de la conception de l’album (parce que sur scène, c’est un peu plus compliqué d’être seul). Si on a pu connaitre Circle of Dust et son métal chrétien ou encore Anthony Valentino et son album personnel, en France, on a Arkeronn. Originaire de Lyon, Fabien Lacroix est la voix et la guitare d’Arkeronn et tout le reste est fait avec des ordinateurs. Un travail de titan donc, et qui a demandé plus de neuf ans pour aboutir à ce deuxième opus, Like a Miracle, dont l’artwork laisse à penser à un album autoproduit, ce qui est totalement vrai. Officiant dans un mélange hybride entre le Power et le Métal Prog, Arkeronn est une découverte intéressante, qui n’a pas fait de bruit depuis 2016, mais qui demeure toujours actif et qui a donc le mérite d’être découvert, on l’espère, par nos soins.

L’album débute avec Assert Yourself et l’introduction est relativement surprenante. Les riffs sont assez agressifs, il y a une véritable volonté d’en mettre plein les oreilles et le résultat est largement satisfaisant. Jusqu’à ce que Fabien Lacroix se mette à chanter. C’est un peu là que le bât blesse, puisque le chant n’est clairement pas un point fort du groupe. Non pas que ce soit faux, mais entre un accent hésitant et une voix nasillarde, on obtient quelque chose d’étrange, qui ne part jamais bien loin et qui est à la limite de la justesse. En vrai, ça manque de grandiloquence par rapport à la musique qui est proposée. Pour autant, tout ce qui a autour est diablement efficace, notamment dans le break ultra rapide porté par un clavier qui semble monté sur ressort, puis une guitare qui répond de la meilleure des manières. Forever Together demeure comme un pur produit Power Métal avec un tout début qui ressemble un peu à un jeu 8 bits avant de lâcher les grattes et une rythmique infernale. Le morceau pulse bien, le tempo est parfaitement maîtrisé et on se surprendra à hocher la tête sur le titre. Encore une fois, si la voix est le point faible du titre, l’ensemble est suffisamment bien foutu pour passer outre cette lacune. Nothing’s for Granted Pt.2 (la première partie se situe dans le premier album, My World, sorti en 2008) est le point d’orgue de cet album, dépassant les six minutes et montrant une construction riche et complexe au service d’un pur produit Prog. Là aussi, le morceau marche parfaitement et enchaine les moments de maestria incroyables. Quant à Your Fantasy qui marque la fin de la première moitié de l’album, on est dans quelque chose de plus classique et qui manque clairement de mordant, ce qui est dommage.

La seconde moitié débute directement avec un interlude au clavier qui est faite par Florent Chatelier, invité sur l’album. C’est joli tout plein mais ça sert surtout à balancer le morceau suivant, Like a Miracle, dépassant les cinq minutes et espérant être la pièce maîtresse de l’album. Si globalement c’est plutôt bien fichu et toujours entrainant, on reste tout de même face à un titre assez classique, qui ne réserve que peu de surprises, aussi bien dans sa structure que dans sa rythmique et c’est dommage. Bon, pour un type qui se débrouille tout seul, c’est quand même très fort et rien que cela mérite amplement notre respect. Burn Into Your Soul sera un morceau plus surprenant dans son choix de style. On est clairement entre le Power et le Hard FM, ce qui donne à l’ensemble un aspect un peu hybride, un peu bizarre et qui laisse une drôle de sensation. Ce n’est pas mauvais, loin de là, mais finalement, il ne reste que peu de choses en tête de ce morceau, si ce n’est un refrain bien pêchu et catchy. Enfin, l’album se termine avec On the Edge, qui vise clairement l’omniprésence de claviers, quitte à presque en devenir électro par moments. Si la grandiloquence est bien présente, on reste circonspect sur l’emploi intempestif du clavier, qui gâche beaucoup de choses et notamment un final complètement raté, relativement dissonant et c’est bien triste. On sent que Fabien est seul à gérer son bébé et parfois, les choix sont un peu hasardeux, ce qui fait que l’on sent l’autoproduction et les scories d’une telle entreprise.

Au final, Like a Miracle, le dernier album de Arkeronn, souffle le chaud et le froid. Loin d’être mauvais, l’album peine à convaincre sur la durée et notamment sur la dernière partie où l’ensemble s’essouffle grandement. Certes, il s’agit d’un One Man Band et en ce sens, c’est un travail titanesque d’arriver à une telle qualité, mais force est de constater que par moments, ça pêche un peu, ça se veut trop grandiloquent par rapport aux moyens et cela s’entend sur la qualité de l’enregistrement ou encore sur certaines pistes moins marquantes. Bref, un album sympathique, qu’il faut mettre en avant, car le bon métal français n’a pas suffisamment de visibilité et c’est intolérable.

  • Assert Yourself
  • Forever Together
  • Nothing’s for Granted Pt.2
  • Your Fantasy
  • Waiting for You
  • Like a Miracle
  • Burn Into Your Soul
  • On the Edge

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.