octobre 28, 2021

The Strangers

De : Bryan Bertino

Avec Liv Tyler, Scott Speedman, Gemma Ward, Glenn Howerton

Année: 2009

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

De retour d’un mariage, Kirsten et James rentrent dans leur maison de vacances, perdue en pleine forêt. Au beau milieu de la nuit, on frappe à leur porte. Bris de verre, cris étouffés, bruits de pas… Très vite, ils réalisent que des étrangers masqués rôdent autour de chez eux. Et qu’ils sont bien déterminés à entrer.

Avis:

Le Home Invasion est un sous-genre dans le domaine de l’horreur qui a bien du mal à se renouveler. Il faut dire que les histoires qui se basent sur des visiteurs masqués qui entrent dans une maison, c’est assez mince et autant dire qu’il faut des personnages solides et une belle écriture pour éviter la redite ou tout simplement l’ennui à cause de la simplicité. Si aujourd’hui les films se succèdent et se ressemblent un peu (Hush de Mike Flanagan, You’re Next de Adam Wingard, American Nightmare de James DeMonaco), on pourrait presque dire que The Strangers a posé les bases de ce sous-genre, sans pour autant briller par sa fulgurance et son pitch qui tient sur un timbre-poste. Réalisé par Bryan Bertino, à qui l’on devra par la suite Mockingbird et The Monster, officiant constamment dans le domaine horrifique, The Strangers demeure à ce jour son film le plus connu, qui connaîtra une suite dix ans plus tard, mais qui manque cruellement d’ambition et de réalisme.

C’est assez étonnant de parler de réalisme quand on évoque le domaine de l’horreur. Bien souvent, c’est dans ce genre que l’on laisse de côté la logique pour proposer du fantastique, des choix douteux ou encore des actions que l’on ne ferait pas habituellement. Mais avec le Home Invasion, à savoir l’intrusion de tueurs dans une baraque lambda, cela demande un minimum de crédibilité, que ce soit au niveau spatial, puisque le but est de rester dans un lieu clos, mais aussi dans l’attitude des tueurs, des humains sans pouvoir, munis de couteaux pour blesser et tuer. Dans The Strangers, on va suivre un couple qui se dispute et qui vont être attaqué par trois personnes masquées. Ces trois personnes sont des tueurs dont on ne connaîtra pas les motivations ni les identités, mais visiblement, elles seront dotées du pouvoir d’omniscience. C’est bien simple, elle disparaisse en un clin d’œil, puis ont la fâcheuse tendance de réapparaître là où se trouvent les victimes.  Certes, on voit souvent cela dans les slasher, avec ces boogeymen qui se déplacent lentement et arrivent toujours à rattraper leur proie, mais ici, c’est la même rengaine à chaque fois et cela crée une forte lassitude et une incrédulité crasse.

D’autant plus qu’ici, il manque une chose essentielle, une mise en scène qui donne vie à un espace clos. Prenons un exemple tout simple, mais dans Don’t Breathe de Fede Alvarez, qui est une sorte de Home Invasion inversé (entendez par là que les victimes sont ceux qui entrent dans la baraque), le réalisateur joue avec les pièces de la maison et utilise l’espace pour trouver de beaux plans et renforcer une ambiance glauque au possible. Il en va de même avec le pourtant très moyen Hush de Mike Flanagan. La maison isolée dans les bois est parfaitement utilisée et les fusils de Tchekov sont nombreux mais permettent un bon repérage spatial pour renforcer l’ambiance. Avec The Strangers, la maison n’est pas du tout exploitée. On retrouve une nana qui court dans des couloirs vides, s’enferme dans un placard dans on ne sait quelle pièce et la montée en tension ne se fait pas. Si on rajoute à cela que l’éclairage est dégueulasse, baignant dans des tons noirs et orange où l’on ne voit rien, avec des coups qui s’encaissent en hors-champ ou dans une pénombre complète, on peut dire que Bryan Bertino rate complètement le coche.

Et puis il y a quelque chose de vraiment loupé dans ce film, ce sont les personnages. Pour créer de la tension, il faut ressentir de l’empathie pour les protagonistes, et surtout pour les victimes. Malheureusement, ce ne sera pas le cas ici. D’entrée de jeu, on va être aux côtés d’un couple qui vient de s’engueuler parce que la nana a refusé d’honorer la demande en mariage de son compagnon. Ils sont donc fâchés et on va nager en plein mélodrame inintéressant digne des Feux de l’Amour. Dès le départ, c’est compliqué de s’attacher à eux, entre une nana qui pleurniche toutes les trente secondes mais qui accepte ensuite de baiser, et un type qui titre constamment la gueule, mangeant son pauvre glace à la vanille et buvant son champagne à la bouteille. Impossible de ressentir quoi que ce soit sur des deux protagonistes, qui ne sont ni présentés, ni introduits de la meilleure des façons. Les deux acteurs font ce qu’ils peuvent, Liv Tyler semble croire au film, mais Scott Speedman est en sous-régime et s’emmerde royalement. Quant aux antagonistes, c’est un peu la douche froide. Outre leur omniscience, ils ne marquent pas. Ils ne sont pas assez teigneux, pas assez bagarreurs, et finalement, on va juste regarder des gens qui marchent après d’autres gens qui courent ou qui rampent en reniflant. Un vide sidéral qui sera renforcé par un message religieux sur la fin complètement con et inutile, où les tueurs semblent croire à Jésus malgré les meurtres perpétrés. Youpi.

 Au final, The Strangers est un film oubliable et qui ne fait pas les beaux jours du Home Invasion. On lui préfèrera cent fois un You’re Next bien plus nerveux et gore ou encore un Hush et son héroïne sourde et muette plutôt attachante. Bryan Bertino s’essaye à un exercice de style vain et creux où il n’exploite jamais l’espace de la maison ou la psychologie de ses personnages, pour livrer un métrage médiocre, pénible, lent, où le hors-champ est roi et la bidoche d’occaz. Bref, un film qui étonnement va avoir droit à une suite dix ans plus tard qui, parait-il, est bien meilleure. Affaire à suivre.

Note : 05/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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