décembre 1, 2022

Little Odessa

De : James Gray

Avec Tim Roth, Edward Furlong, Moira Kelly, Maximilian Schell

Année: 1994

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller, Drame

Résumé :

Joshua Shapira est un tueur à gages. Il exécute son boulot sans états d’âme. Jusqu’au jour où son commanditaire exige un contrat à Brighton Beach, quartier des Juifs russes appelé Little Odessa, où Joshua a passé son enfance.

Avis :

James Gray est un réalisateur pointilleux qui s’est bâti une réputation solide en ne réalisant que très peu de films. Sa filmographie ne compte que cinq films en vingt ans, dont quelques chefs-d’œuvre au passage et autres films devenus cultes presque instantanément, comme « La nuit nous appartient » ou encore ce premier film qu’est « Little Odessa« .

Tourné à seulement vingt-quatre ans, ayant raflé le lion d’or à Venise, pour son premier film, le réalisateur nous propose un métrage sombre et presque hypnotique sur un tueur qui revient dans son quartier natal et doit faire face aux conséquences de son départ.

Prenante et captivante, cette première plongée dans un des quartiers de New-York est une belle réussite et démontre toute l’envie de cinéma de James Gray.

Joshua est tueur à gage. C’est un job qu’il affectionne et surtout qu’il pratique avec une grande rigueur. Joshua est natif de Brighton Beach, un quartier de New-York, appelé aussi Little Odessa. Ce quartier, Joshua l’a quitté pour ne plus y revenir, mais quand son commanditaire l’engage sur un contrat à Brighton Beach, Joshua est obligé de revenir et faire face à ce qu’il a laissé…

Étonnant, c’est bien le premier mot qui vient en tête pour définir ce premier film de James Gray. Étonnant, car ce « Little Odessa » est un film aussi brutal, sombre et glauque, qu’il est un écrin de tendresse. Avec ce film, James Gray fait se conjuguer ces deux sensations pour offrir un polar sombre, minimaliste, triste, parfois glauque, mais en même temps empreint de tendresse et d’amour.

Si le scénario détient des faiblesses et des baisses de régime, « Little Odessa » est un film qui réussit totalement son ambiance. Une ambiance sublime et austère qui tient en alerte en permanence. « Little Odessa » est un film qui donne l’impression que tout peut se passer et se jouer à n’importe quel moment. Cette sensation est assez terrible, en plus de mettre mal à l’aise, elle captive et sublime ses personnages et ce qu’ils vivent.

« Little Odessa » est aussi un film qui offre une histoire très intéressante. C’est un film qui emprunte au film de gangsters et au polar noir, sans jamais tomber dans la copie. On sent que James Gray a planché sur cette histoire pour offrir autre chose. « Little Odessa » est un film qui aborde des thèmes particulièrement durs et très matures pour quelqu’un de si jeune, comme l’était James Gray à l’époque. Ce premier film réalisé à vingt-quatre ans est entièrement écrit par Gray lui-même, et l’on peut aisément penser que le film a mûri dans l’esprit du jeune scénariste pendant plusieurs années pour arriver à ce niveau d’écriture. Car en plus de l’intrigue bien construite, « Little Odessa » interroge aussi bien sur les actes et les conséquences que sur la famille et l’amour de cette dernière, malgré les brouilles ou encore sur ses origines et d’où l’on vient. L’intrigue se déroule ici dans un quartier juif avec des gens ayant fui pour beaucoup la Russie. Sujet qui lie personnellement le jeune réalisateur à son film, puisque qu’à un certain degré certains personnages renvoient directement à l’histoire de la famille de James Gray ou encore à son enfance.

Avec ce premier film, James Gray signe aussi un film à la mise en scène soignée et élégante. Si elle est parfois très « classique », elle n’en reste pas moins percutante à d’autres moments. « Little Odessa » contient des scènes dures et surprenantes de par leur froideur, de par leur instinctivité, comme l’ouverture du film très marquante ou le final, certes un peu cliché sur certains points, mais en même temps si marquant et brutal qu’il fait son effet et marque au fer.

Puis enfin, dernier argument et pas des moindres qui fait clairement augmenter le niveau déjà bien haut du film de Gray, c’est son casting et sa direction d’acteurs. Car entre un Tim Roth charismatique au possible, un Edward Furlong vraiment touchant dans l’envie de connaitre ce frère et un Maximilian Schell qui fait froid dans le dos tant l’acteur est brillant dans un rôle, certes peu présent mais fort au possible, il y a de quoi faire. On ajoutera aussi une Vanessa Redgrave touchante dans la peau de cette mère de famille et tous les seconds rôles qui étoffent le tout et vous obtenez un excellent drame familial, doublé d’un polar sombre de haut vol.

Étonnant que ce « Little Odessa« , et ça même si l’on sait le cinéma de James Gray excellent. À seulement vingt-quatre ans, le réalisateur nous livre donc un très bon polar noir, qui détient déjà tout le corps du cinéma qu’on adore chez James Gray.

Note : 16/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=LkGY1-IvSmU[/youtube]

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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