octobre 5, 2022

La Casa de Papel Saison 1

D’Après une Idée de : Alex Pina

Avec Alvaro Morte, Ursula Corbero, Itziar Ituno, Pedro Alonso

Pays : Espagne

Nombre d’Episodes : 13

Genre : Thriller

Résumé :

A la tête d’une équipe de huit criminels, un homme énigmatique, connu sous le nom du Professeur, planifie le vol le plus ambitieux de l’Histoire. L’objectif, prendre le contrôle de la Fabrique Nationale de la Monnaie et du Timbre afin d’imprimer 2,4 milliards d’euros en espèces, le tout sans verser une seule goutte de sang. Mais les plans, même les mieux conçus, ne se passent jamais comme prévu. L’équipe de braqueurs devra surmonter de nombreux défis alors que Raquel Murillo, la cheffe des forces de police, tente de les arrêter.

Avis :

On le sait tous maintenant, les séries font autant le buzz que les films au cinéma, si ce n’est plus grâce maintenant aux plateformes de streaming comme Netflix, qui permettent, sans bouger de chez soi, de voir une sortie immédiatement. Mais si les séries font le buzz, c’est qu’elles sont de plus en plus qualitatives et concurrencent, pour certaines, le cinéma. On pense à Breaking Bad, Game of Thrones ou encore Stranger Things. Néanmoins, il faut souvent se méfier du buzz. Il faut s’en méfier car il peut n’être qu’un objet de communication au service d’une série qui en a besoin pour exister. Et récemment, La Casa de Papel détruit tout sur son passage en matière de communication, au point que des salles d’Escape Game ouvrent sur cette thématique. Mais est-ce si bien que ça ? Les « fans » ne s’emportent-ils pas trop sur cette série qui met en scène un braquage pas comme les autres ? Parce qu’après le visionnage de cette première saison, on peut se poser des questions.

L’histoire de la série se veut assez novatrice dans le braquage qu’elle met en scène. Huit « professionnels » vont entrer dans la fabrique nationale de la monnaie et du timbre, prendre 67 otages et tenir le plus longtemps possible pour imprimer le plus de billets possibles. Un braquage audacieux donc, et très difficile à tenir, qui vient de la tête malade du Professeur, un homme énigmatique, sans histoire apparente, mais qui souhaite faire cela. Si ses motivations se découvrent au fil des épisodes, le départ laisse circonspect, même lorsqu’il choisit ses huit coéquipiers. La vraie force du récit réside simplement dans le retournement de notre empathie. En effet, tout va être mis en place pour que l’on se prenne d’affection pour ces bandits. Tous différents, tous motivés par des raisons différentes, la série s’appuie sur des flashbacks et des liens pour renforcer leur sympathie à nos yeux. Un peu à la manière des Sons of Anarchy, on va aimer des méchants. Des méchants au grand cœur, qui ne veulent pas blesser, qui finalement ne vole personne, mais qui ont tous leurs démons et leurs petits secrets. A l’inverse, on va détester les gens « normaux », ces otages plutôt bien traités mais qui ne vont faire que se rebeller pour n’importe quelle raison. Du coup, outre l’aspect inédit du braquage qui doit durer le plus longtemps possible, c’est dans l’inversion de notre empathie que la série marche le mieux.

Pour autant, est-ce vraiment si bien ? Pas vraiment. Le problème avec tous ces personnages, c’est qu’il y a tous les clichés possibles et imaginables. On aura droit à la bombe incendiaire qui peut exploser à tout moment, au jeune génie de l’informatique amoureux, au pervers narcissique, aux deux mercenaires étrangers dont un qui est gay, à la maman qui veut de l’argent pour son fils ou encore le père et son fiston qui veulent se sortir d’une quelconque misère. Des clichés sur pattes qui fonctionnent pour certains (il est difficile de ne pas ressentir de l’empathie envers Denver et son père Moscou), mais qui sont complètement sabordés pour d’autres, et notamment l’insupportable Tokyo qui n’est là que pour montrer ses fesses et attirer un public masculin. Du côté de la police, ce ne sera pas forcément mieux, avec du drama en veux-tu en voilà, des relations tout le temps tendues, avec en plus de cela l’ex-femme battue, l’amoureux transi ou encore la hiérarchie qui met des bâtons dans les roues. Bref, derrière cette innovation qu’est le braquage en lui-même, on retrouve des choses qui ne sont pas novatrices et qui nuisent concrètement à la crédibilité de l’ensemble.

Une crédibilité mise à mal par les péripéties qui s’enchainent tambour battant et par des concours de circonstances qui flirtent avec le n’importe quoi. Parce que lorsque l’on suit les braqueurs au sein de la fabrique, le Professeur est à l’extérieur et s’amuse avec la police et à brouiller les pistes pour que ses acolytes restent le plus longtemps possible à l’intérieur. Des flashbacks revenant sur les cours qu’il a donnés durant cinq mois expliquent la méthode du professeur, et jusque-là, c’est assez agréable. Le problème, c’est lorsqu’il faut gérer des imprévus, il tombe toujours au bon moment ou sur des personnes qui vont le faire avancer dans le bon sens. Le coup de la casse où il se fait passer pour un clochard, le coup de la voiture de police, le moment chez la mère de la policière en charge des négociations et qui a Alzheimer, bref, il réussit à chaque fois son coup grâce à un détail ou un heureux hasard. Si cela peut marcher une fois, pas de problème, sauf que là, c’est à chaque fois la même rengaine, inlassablement et on perd pied petit à petit face à ces concours de circonstances complètement abusés. Et que dire de la mise en scène qui se focalise sur une action au sein de la fabrique, occultant ce qui peut se passer en même temps ailleurs dans les mêmes locaux, comme si le temps était arrêté, montrant l’incapacité des scénaristes à gérer divers évènements dans un même temps donné.

Au final, la première saison de La Casa de Papel profite finalement d’un buzz qui tient plus de la bonne communication que d’un excellent bouche à oreille. Si la série se suit parce qu’elle est bien produite et que les acteurs sont plutôt bons, cela reste bien maigre face à cette intrigue qui ne tient pas debout à cause d’éléments d’écriture hasardeux et de personnages agaçants au plus haut point. Certes, ce n’est pas mauvais, loin de là, mais c’est aussi très loin d’être la meilleure série du moment et sa popularité ne s’explique pas vraiment, si ce n’est ce fantasme de l’argent facile.

Note : 12,5/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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