novembre 29, 2021

A Serbian Film

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Titre Original: Srpski Film

De : Srdjan Spasojevic

Avec Srdjan Todorovic, Sergej Trifunovic, Jelena Gavrilovic

Année: 2010

Pays: Serbie

Genre : Horreur

Résumé:

Milos, un acteur porno à la retraite, tente de survivre avec sa famille. Jusqu’au jour où une ancienne collègue lui présente Vukmir, figure influente de l’industrie pornographique, qui va lui faire une offre qu’il ne pourra refuser…

Avis :

Le cinéma d’horreur suggère beaucoup de questionnements quant à ses qualités, mais aussi à sa fascination morbide qu’il inspire à certaines personnes. Souvent comparé au cinéma porno pour une ambiance de scénario et un alignement de scènes gores remplaçant les scènes de cul, le cinéma de genre est souvent rétrogradé et les amateurs doivent se cantonner à des blockbusters parfois pas folichons pour aller dans les salles obscures. Maintenant, le cinéma horrifique soulève aussi la question de l’horreur visuelle et psychologique. Doit-on tout montrer ? Mettons-nous des barrières pour ne pas choquer ? A Serbian Film ne s’embarrasse des codes et règle une bonne fois pour toute la question. Malgré mon ouverture d’esprit et ma passion pour les films d’horreur, je suis dans l’obligation de dire que l’on ne peut pas tout montrer dans un film d’horreur. Volontairement gore, choquant en alignant des scènes de cul immondes saupoudrées de passages proprement inhumain, le film mérite sa réputation et prouve que les pays de l’Est sont vraiment mabouls. Assemblant pornographie et horreur le film est très difficilement supportable et outrancièrement gore que seul un public de pédophile pourra apprécier. Vous voulez vraiment en savoir plus ? Après tout, c’est presque un devoir de préservation que je fais là.

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Oui, vu de ce côté-là, ça fait envie, mais la scène suivante est hideuse…

Le scénario tient sur un timbre-poste et en ce sens, il ressemble à n’importe quel porno déviant avec ses bandages, ses piques et ses axes sado-maso. En gros, on va suivre Milos, une ancienne star du porno avec une grosse bite et un talent indéniable pour ne pas débander. D’ailleurs, toutes les actrices pornographiques serbes rêvaient de l’épouser. Sauf que Milos s’est rangé, a une femme et un gosse. Malgré tout, Milos rêve d’une vie ailleurs, dans un autre pays, moins misérable que la Serbie, et il a besoin de thunes. C’et alors qu’un certain Vukmir propose un contrat incroyable à Milos. Celui-ci accepte sans savoir ce qu’il l’attend et il va vite se rendre compte de la déviance du producteur. Voulant se sauver, il va découvrir une vérité atroce, il a été drogué et réalise tous les actes qu’il a fait, se finissant dans un bain de sang. Alors je n’ai rien contre les films d’horreur qui présente un scénario aussi fin, c’est d’ailleurs pour ça que j’aime autant les nanars. Mais j’aime aussi quand le produit dénonce quelque chose, qu’il raconte les méfaits de l’être humain, sa perversité et tout le toutim. Mais avec A Serbian Film, ce n’est plus la perversité que l’on montre, c’est un spectacle pour pédophile ou nécrophile. On a devant les eux quelque chose de complètement déviant et de fortement malsain. Si certains trouvent cela fantastique, je pense que le bouchon est parti bien trop loin et qu’il y a des choses que l’on ne devrait pas montrer même dans un film d’horreur, comme par exemple, la sodomie de son propre fils par le père.

Mais encore, si cela avait pour but de choquer et de faire réagir quant aux abus sur mineurs ou sur la récidive des malades mentaux qui ne peuvent s’empêcher de faire des atrocités. Dans ce film, il n’y a aucun but si ce n’est de démontrer la mauvaise tangente du cinéma porno underground avec des scènes de violence ou encore de rabaisser la femme à un niveau plus bas que terre. En fait, le film essaye en vain d’explorer la face terrifiante et malsaine de l’esprit humain au travers de Vukmir, le producteur du film, mais au final, le métrage se fourvoie complètement pour laisser libre court à un déluge de gore, de monstruosités interdites et de sexe. Mais le pire dans tout cela, c’est que le film est extrêmement bien foutu et bien monté et que derrière, il y a toute une équipe qui a fait un excellent boulot ? Ca me troue le cul de dire cela, mais il faut avouer que le film est loin des toutes les productions gores à deux balles, qui veulent se la jouer underground post-punk hardcore. Seulement, je me demande comment des gens ont pu trouvés cela génial comme film.  Au bout d’un moment, il n’y a personne qui a dit : les gars, on ne va pas un peu loin là ? Et l’autre point qui me révulse, c’est de voir un gosse jouer là dedans, lui qui mate un porno au début du film, où c’est son père qui baise une pute sur une moto. Alors c’est vrai que l’on sent une boule au ventre, que l’on détourne les yeux plus d’une fois, mais ce n’est pas de la peur, c’est du dégout, de la révulsion et un film n’est pas fait pour susciter ces émotions, à moins d’être complètement maso.

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C’est un peu un pacte avec le diable, mais pour aller au bout du concept, ils auraient du se serrer la queue…

Et les acteurs dans tout ça ? Et bien les acteurs, ils s’en sortent bien, surtout l’acteur principal, Srdjan Todorovic, incarnant Milos, l’acteur porno à la bite démesurée. Incarnant un père de famille en proie à ses démons et à ses doutes durant les 45 premières minutes, il possède un jeu crédible et on se prend presque d’amitié pour lui, si ce n’est sa carrière d’acteur porno qu’il se mate tous les soirs et la prise par derrière de sa femme qui le cherche. Dès le départ, le ton est donné. L’acteur jouant Vukmir est d’une débilité incroyable, surjouant comme un malade, se prenant pour le roi du new porn et avec une gueule improbable avec son collier de barbe et ses chemises à manches ouvertes. Bref, ce n’est pas une réussite. Le pire de tous étant l’acteur jouant le frère de Milos, très crédible et vraiment malsain, il s’agit certainement du plus taré de tous alors qu’il est policier. Je passerai sur le gros thon qui ne dit pas un mot, caricatural au possible. Par contre, dans les rôles féminins, c’est assez bizarre, car il y a deux actrices qui se ressemblent et on ne sait plus trop qui est qui. Bon, le problème, c’est qu’elle passe toutes pour des putes, avec leurs tenues équivoques et leurs gros nibards. Là où je m’insurge, c’est de faire jouer des gamines et des gamins dans ce genre de film. Ce n’est pas le fait qu’il joue bien, mais putain, on n’est pas là pour traumatiser des mômes, il y a tout de même une éthique à avoir ! Et la scène où il se fait sucer la bite devant l’écran où la gamine lèche un esquimau (la glace pour la personne) est juste gerbante.

Les amateurs de gore seront servis, même si cela a toujours un rapport avec le sexe et la bite de notre héros. Le départ est assez long, mais la torture psychologique y est bien présente. Voulant faire quelque chose d’extrême, on peut dire que tout ce joli monde y est arrivé. Viol d’un nouveau né, sodomie de son fils, inceste, nécrophilie, pédophilie, violence pendant un acte sexuel, bref, on passe par toutes les pires choses que l’être humain peut faire. Le seul problème, c’est que le cinéma doit rester un spectacle, et que quand on regarde A Serbian Film, on est loin du spectacle, on ne sursaute pas, on est juste mal à l’aise et on se pose la question d’arrêter ou pas le film. La violence gratuite y est très importante, ne dénonçant finalement rien du tout, préférant se reposer sur des scènes gores dégueulasses pour marquer les esprits. Et le pire dans tout ça, c’est que c’est bien foutu, même lorsque le héros crève un œil avec sa bite ! Mais franchement, avions-nous vraiment besoin de voir un mec enculer une nana et lui couper la tête en même temps ? Avions-nous besoin de voir un gros pervers niquer un bébé ? Je ne pense pas et je trouve cela presque dangereux, car un être humain « normal » regardant cela sera forcément écœuré. Mais un type complètement jobard ? Je trouve cela franchement limite et à la limite de la pédophilie visuelle. Et encore une fois, les films ne sont pas faits pour ça.

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Pourquoi a-t-on fait ce film ?

Au final, A Serbian Film est un film profondément malsain et gratuit. Voulant dénoncer la violence humaine et le côté pervers de l’Homme, le film se fourvoie dans un déluge de violence psychologique et visuelle, emportant tout sur son passage, même l’innocence de l’enfance et ne montre que des scènes gratuites et atroces qui seraient condamnables dans certains pays. N’oublions que le cinéma doit envoyer des émotions, que ce soit de la peur ou de la tristesse ou encore du rire, mais qu’en aucun cas il ne doit dépasser les limites de l’éthique. La fin démontre bien que le réalisateur voulait juste faire un film déviant et sans intérêt où seul le sexe prime et où la valeur humaine est inexistante. Désolé, je suis peut-être utopiste, mais je crois en l’être humain, en ses capacités et en sa bonté, et ce n’est pas quelques images de médias merdiques qui vont me faire changer d’avis et encore moins A Serbian Film. Un film révulsant et mauvais au même titre qu’un Cannibal Holocaust.

Note : 00/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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Une réflexion sur « A Serbian Film »

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