décembre 7, 2021

Le Tarot des Eternels T.02 – Le Supplice du Pendu – Daniel Bontemps

Auteur : Daniel Bontemps

Editeur : Nanachi Editions

Genre : Fantastique, Thriller

Résumé :

Béatrice Holdt est morte.
Assassinée sauvagement dans son appartement, avant d’avoir eu le temps de révéler aux immortels de l’agora de Toulouse ses ultimes secrets. Que savait donc cette archéologue renommée, membre d’une secte nostalgique des anciennes religions ? Qu’avait-elle découvert au sujet de cette jeunesse éternelle dont bénéficient les nécromants ? Tout porte à croire qu’une vérité bien trop dérangeante fut la cause de son meurtre.
Et depuis quatre mois, l’enquête patine.
Un Innocent devenu Coupable, puis suspect attend son heure dans les geôles de l’agora.
Une duchesse en deuil tente de reprendre le cours de sa vie, à jamais marquée par la perte tragique de ses enfants.
Un père indigne cherche un moyen de sauver l’âme de son fils unique, perdu sur les chemins d’une damnation qu’il assume sans remords, ni regrets.
Chacun avance, manigance, cherche une raison, une cause pour donner un peu de saveur à une éternité souvent trop morne.
Alors quand un groupe de jeunes notables de l’agora parvient à mettre la main sur une antique tablette, dérobée dans les trésors de l’archéologue défunte, les ambitions se réveillent et tout redevient possible. Chaque vérité est-elle bonne à révéler au grand jour ?

Avis :

Encore meilleur que son prédécesseur, ce second tome de la série du Tarot des éternels est un petit bijou d’enquêtes, de paranormal et d’émotions fortes. L’auteur s’amuse avec le lecteur tout en se jouant de lui avec subtilité et cruauté. Rien n’est laissé au hasard, tout détail est maîtrisé et chaque évènement a son importance. Certains personnages sont encore plus attachants et nous font pleurer, enrager ou nous choquent, notamment à la fin, dans un épilogue où nombre de révélations sont énoncées. Quelques mystères du premier tome y sont enfin résolus, pour notre plus grand plaisir, et rien ne laissait penser à ce dénouement aussi atroce.

On ne suit plus Ambre et Rodéric, nos deux précédents enquêteurs, dans ce roman. Bien que faisant partie intégrante de cette histoire, ils ne sont plus au centre des pages et de l’investigation. Le supplice du pendu est en fait divisé en deux parties. La première tourne autour de Daniel Bontemps, « l’auteur » du roman, toujours aussi mélancolique dans ses pensées et interprétations. La seconde s’intéresse à un nouveau personnage et à son point de vue plus chaleureux.

L’auteur nous offre ici une double lecture fascinante : la seconde partie se passe en même temps que la première et leurs évènements se chevauchent sans cesse. La seconde moitié aide à démêler certains évènements de la précédente et celle-ci s’éclaircit grâce aux révélations de l’autre part. La majorité de nos questions trouvent des réponses lorsque l’on fait le lien et c’est jouissif. Certains mystères restent tout de même irrésolus à la fin du roman et annoncent un prochain tome plein de surprises !

En plus d’écrire son roman sur deux visions des actions différentes, l’auteur change radicalement de ton et d’écriture. Daniel Bontemps, philosophique et quelque peu déprimé sur les bords, nous offre des réflexions intéressantes sur la vie, la mort et l’immortalité. Le bonheur semble s’être évaporé de son quotidien terne et sans intérêt, entravé par ses erreurs du passé et un quotidien qui ne l’enivre plus. Il doute de tout ou presque et s’interroge sur l’amour, l’attachement et la tristesse. Au contraire du personnage de la seconde partie, qui est avide de découvrir la vie et ses plaisirs et de les partager avec ceux qu’il aime. Ces deux caractères opposés finiront par se rencontrer dans des circonstances bien tragiques. Daniel Bontemps se liera-t-il à ce personnage ?

En dehors de ces deux rôles majeurs, le roman s’intéresse aux autres nécromants précédemment rencontrés dans le tome un. On retrouve une Juliette abîmée par la mort de ses enfants mais qui croit en un bonheur possible pour sa famille et pour elle. L’ouverture d’une boutique d’ésotérisme et la réhabilitation de son manoir familial, l’occupent à plein de temps et cela nous montre une façade joyeuse de sa personne qui réchauffe les cœurs. On s’attache à cet ange meurtri qui souhaite amener la joie et l’amour autour d’elle. Son mari est bien moins aimable. Egal à lui-même, plutôt froid et distant, il n’attire pas la sympathie et son ton autoritaire envers son épouse peut mécontenter. Quelques éléments surprenants de la fin du récit le concernant pourront amener certains à l’apprécier davantage. Lucius est plus complexe qu’il ne le laisse paraître.

Ce roman apporte plus d’informations sur le passé obscur de ce couple et sur la mort de la quasi-totalité de leurs enfants. Les quelques miettes qui nous sont données fascinent et cette histoire parallèle intrigue de plus en plus. Que s’est-il vraiment passé ?

Nicodème, l’artiste nécromant et le directeur du club du « Septième ciel », a la part belle dans cette histoire et s’avère être un personnage passionnant. Fantasque lors de ses spectacles, affectueux avec ses salariés et vrai dans ses actes et paroles, il apporte de la fraîcheur à cet univers noir empreint de complots et d’hypocrisie. Quand il chante, le lecteur s’imagine clairement la scène et se sent transporter ailleurs. Son caractère idéaliste et optimiste le rend indubitablement attachant. Ses liens avec le second personnage principal ne vont malheureusement pas forcément réussir à ce dernier. Le chapitre avant l’épilogue est une torture pour le lecteur qui s’est un peu trop accroché à ce nouveau personnage. L’auteur nous manipule et nous offre une séance de persécution en bonne et due forme.

L’enquête sur le meurtre de Béatrice Holdt avance lentement mais surement et passionne toujours autant. La fin du roman apporte de grosses informations mais on ne sait toujours pas ce que la nécromante avait découvert, lui valant d’être tuée sans sommation. Pourquoi voulait-on sa mort ? Le tome deux diverge sur d’autres intrigues toutes aussi géniales les unes que les autres, comme celle sur la secte des Eveillés et leur part dans tous ces mystères. D’autres révélations dramatiques laissent percevoir que ce qui se joue sous nos yeux n’est rien face à ce qui va suivre.

Le prologue diffère complètement du reste du roman et constitue une intrigue solitaire bien étrange, qui ne sera plus évoquée par la suite. On y retrouve le docteur Erzébeth, présentée dans le tome précédent lors d’une séance d’autopsie, une jeune femme au caractère bien trempé qui cache bien son jeu et qui est difficile à cerner.

Le supplice du pendu est une suite magique, qui clôt une partie du tome un et qui annonce un tome trois encore plus cruel et maléfique ! L’écriture de l’auteur est belle, chantante et pleine de poésie, faisant de ce thriller une perle fantastique et captivante.

Note : 19/20

Par Lildrille

Lildrille

Passionnée d’imaginaire et d’évasion depuis longtemps, écrire et lire sont mes activités favorites. Dans un monde souvent sombre, m'évader et fournir du rêve sont mes objectifs. Suivez-moi en tant qu'auteure ici : https://www.facebook.com/ChloeGarciaAuteure. Et en tant que chroniqueuse aussi là : https://simplement.pro/u/Lildrille.

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