juin 23, 2021

Michael Kiwanuka – Home Again

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Avis :

Aujourd’hui, tout le monde connait les deux plus gros labels de musique R’n’B (celle de l’époque, pas la merde d’aujourd’hui) et soul, en la présence de Motown et Stax. Fondé en 1959, la maison de disques Motown permet de faire sortir de l’ombre des chanteurs afro-américains et d’imposer à un large public une musique qui au départ était considéré pour la population noire. Bien évidemment, ces deux boîtes ont permis l’avènement de grands de la musique soul comme Otis Redding ou encore Marvin Gaye. De nos jours, ce genre est un peu tombé en désuétude, la faute à un genre beaucoup plus commercial, qui s’est approprié le nom de R’n’B mais qui n’est que de la soupe pour faire vendre. C’est alors que débarque en mars 2012 un certain Michael Kiwanuka, originaire de l’Ouganda et vivant en Angleterre. Elu meilleur son 2012 par un sondage de la BBC, le monsieur s’est vite imposé avec son premier album, Home Again, comme le digne successeur de tous les grands noms de la Soul. Mais méfions-nous des sondages et des avis des grandes chaînes, on n’est jamais mieux servis que par soi-même ! Alors que vaut vraiment cet album ? Vrai bon disque ou esbroufe à deux balles ? Et si je me faisais une coupe afro !

C’est après avoir écouté Otis Redding et Bob Dylan, que notre jeune artiste se lance dans une carrière solo, prenant sa guitare et sa paire de couilles pour se lancer dans la musique. Ses influences vont du grunge de Nirvana jusqu’au rock de Radiohead, donc autant dire que le monsieur a bon goût et que l’on attend beaucoup de cet album. La première piste,  Tell me a Tale représente assez bien la ligne conductrice du chanteur. En effet, on attaque avec un petit morceau de guitare sèche, suivi par un orchestre à la tendance très soul. C’est calme, presque Lounge et on se sent bien. On ressent bien les balais sur la batterie, parfois quelques cuivres et instruments à vent font une petite incursion. Bref, il n’y a rien de nouveau, mais cela reste intemporel. Le deuxième morceau, I’m Getting Ready,  un peu moins long que la moyenne demeure plus calme et montre tout le talent du chanteur guitariste en posant une atmosphère chaude et sereine. Néanmoins, l’album n’est pas exempt de défauts, loin de là ! En effet, si le début semble prometteur et annonce quelque chose de varié et de très old school, on va vite voir que Michael Kiwanuka reste sur des acquis et ne va pas chercher plus loin que ce qu’il sait faire. Tous les morceaux restent dans la même veine, alternant un morceau plutôt joyeux avec un morceau plus calme et peut-être un peu plus mélancolique, comme l’en atteste la très belle Home Again suivi par la très groovy Bones. Bien entendu, le monsieur a su s’entourer et l’orchestre l’accompagnant est très bon, très doux, avec parfois quelques violons venant rajouter une pointe de nostalgie et de mélancolie. Pour pouvoir apprécier tout le talent du guitariste, il suffira d’écouter Always Waiting, montrant un bon doigté et mettant même des chœurs pour rajouter un côté soul noir américain pas dégueulasse. Mais encore une fois, l’album reste bien trop calme et on est encore très loin de morceaux vraiment dansant et entrainant à la Ray Charles !

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Au niveau du chant et de la voix, Michael Kiwanuka possède une voix particulière et qui se fond particulièrement bien avec la musique soul. Le ton éraillé et chaud de sa voix donne une belle dimension aux chansons, comme peut le montrer le morceau Any Day Will Do Fine, où la douceur de la voix accompagné par la petite guitare et la légère batterie donne un vrai sentiment de bien-être. Le seul problème, encore une fois, c’est que le monsieur ne force pas son talent et surtout ne force jamais sa voix. Cela aurait été bien de voir des morceaux plus pêchus, un peu comme un Ray Charles par exemple, avec Hit the Road. Mais visiblement, la volonté du jeune artiste n’était pas de faire quelque chose de très R’n’B mais plutôt quelque chose de très soul, très calme et de proposer un album à la teinte chaude.

Au final, Home Again le premier album de Michael Kiwanuka est assez sympathique, même pour un fan de métal comme moi. En effet, mettant en avant un côté soul intemporel et une musique dépouillée, le chanteur recherche la quintessence de ses aînés en la présence de Marvin Gaye ou de Otis Redding. Loin d’être mauvais, le skeud reste cependant très redondant et peut parfois être un peu long, malgré ses 38 minutes. Si les fans de Motown ou de Stax seront comblés, les autres pourront mettre l’album en fond sonore lors d’un dîner amoureux.

  1. Tell me a Tale
  2. I’m Getting Ready
  3. I’ll Get Along
  4. Rest
  5. Home Again
  6. Bones
  7. Always Waiting
  8. I Wont Lie
  9. Any Day Will Do Fine
  10. Worry Walks Beside Me

Note : 12/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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