janvier 21, 2022

White God

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Titre Original : Fehér Isten

De : Kornel Mundruczo

Avec Zsofia Psotta, Sandor Zsoter, Lili Horvath, Szabolcs Thuroczy

Année: 2014

Pays: Hongrie, Allemagne, Suède

Genre: Drame

Résumé:

Pour favoriser les chiens de race, le gouvernement inflige à la population une lourde taxe sur les bâtards. Leurs propriétaires s’en débarrassent, les refuges sont surpeuplés. Lili, 13 ans, adore son chien Hagen, mais son père l’abandonne dans la rue. Tandis que Lili le cherche dans toute la ville, Hagen, livré à lui-même, découvre la cruauté des hommes. Il rejoint une bande de chiens errants prêts à fomenter une révolte contre les hommes. Leur vengeance sera sans pitié. Lili est la seule à pouvoir arrêter cette  guerre.

Avis :

Difficile, très difficile d’écrire sur « White God » tant le film fut une expérience douloureuse et fascinante à la fois pour moi. Cela fait maintenant quatre jours que je l’ai découvert et la confusion des sentiments me hante encore, partagé entre le dégout total et une expérience bouleversante, tendue et ingénieuse, qui en dit très long sur la bêtise de l’être humain.

Il faut dire que le film a fait couler beaucoup d’encre pendant le dernier festival de Cannes, choquant les festivaliers et repartant avec le prix du jury dans la catégorie « Un certain regard« . Pour ma part le synopsis me tentait énormément, mais je ne savais pas trop à quoi m’attendre et j’en suis ressorti abasourdi, exténué, agacé et en même temps, même si l’expérience fut difficile je ne reste pas mécontent de l’avoir vu, peut-être même bien au contraire, c’est ce qui s’appelle la confusion des sentiments et peu de films m’ont laissé ainsi après leur diffusion.

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Il y a peu de temps, une nouvelle loi a été créée en Hongrie. Cette nouvelle loi stipule que tous les chiens qui ne sont pas de pure race, autrement les bâtards, ne sont plus les biens vus dans le pays. Le gouvernement a donc mis un impôt terriblement excessif sur ces chiens-là, et si jamais les gens ne peuvent pas payer, les chiens sont emmenés en fourrière où ils sont automatiquement piqués. Cette nouvelle loi a créé un sentiment de haine envers ces chiens-là. Lili, une jeune fille, possède un bâtard nommé Hagen. La petite fille est amoureuse de son compagnon et passe beaucoup de temps avec. Un jour, sa mère part en voyage et confit la fillette à son père, qui voit d’un très mauvais œil le fait d’avoir un animal à la maison. Une voisine voit aussi l’arrivée d’Hagen d’un mauvais œil. Elle porte plainte contre le père de Lili et ce dernier doit se débarrasser d’Hagen. Il le laisse donc au bord d’une route. Dès lors, on va vivre deux destins qui vont ne faire que se chercher.

Tout le monde connaît « Les oiseaux » du très grand Alfred Hitchcock et bien, on peut dire que Kornel Mundruczó a voulu nous faire sa propre version de la vengeance animale, mais cette fois-ci, elle sera canine.

Qu’on se le dise d’emblée, que l’expérience soit bonne ou non, « White God » sera le film choc de cette fin d’année. C’est un film qui m’a beaucoup divisé, car il y a autant de bonnes choses que j’ai appréciées, même quand le film part dans l’extrême, que de choses qui m’ont répugné et presque mis en colère, tant c’était prenant et injuste.

D’une originalité presque sans limite, la scène d’ouverture est d’ailleurs magistralement mise en scène et quand on la découvre, on sait de suite que l’on s’apprête à regarder un autre genre de cinéma, Kornel Mundruczó a le mérite de nous offrir un film qu’on n’a pas l’habitude de voir. Son sujet est très touchant dans le fond, même quand il est agaçant. J’ai vraiment aimé le format du film qui est très intéressant, car le réalisateur nous permet de suivre presque simultanément le parcours de ses deux héros. Mais c’est de là que le film pêche aussi. Le parcours d’Hagen est passionnant et révoltant à la fois, je me suis même dit sur certains passages que c’était un peu trop, notamment quand Hagen retrouve un nouveau maître. Mais bon, toutes ces scènes violentes ne seront pas gratuites, puisqu’elles vont servir à « légitimer » ce final, qui sera presque jubilant, laissant éclater la haine et la rancœur et la vengeance, dans un grand moment de folie urbaine.

Mais comme je le disais, si l’histoire d’Hagen est très bien, on ne peut pas en dire autant de celle de Lili, que j’ai trouvé un peu plan-plan, clichée, bordélique parfois et surtout, elle manque vraiment d’émotion. Zsófia Psotta, la gamine qui incarne Lili, est un peu léthargique et joue toutes ses émotions de la même manière. D’ailleurs, je n’ai pas cru à la tristesse de cette petite fille. Et c’est dommage.

Ce que j’ai beaucoup apprécié, mais qui sur le coup m’a profondément dérangé, c’est la bêtise de l’histoire. Mais en regardant de plus près, en y repensant et en écrivant ces lignes, je me rends compte que « White God » est un film beaucoup plus subtil qu’il n’y paraît. Avec ce film, Kornel Mundruczó signe-là une grosse critique acerbe de la société, de la bêtise de certaines lois, la nature même de l’être humain et l’animal. Et c’est ce qui en fait la force, mais aussi la révolte que j’ai pu avoir en le regardant.

On notera aussi l’ambition du réalisateur qui a tourné tout son film en image réelle, aucun fond vert et images de synthèse pour simuler cette horde de chiens lâchée dans les rues et ça nous donne des images bluffantes, incroyables même et d’une rare beauté. C’est authentique, risqué et ça fonctionne bien. Tourner avec autant de chiens, il y en a presque trois cents dans plusieurs scènes, n’a pas dû être simple et il a fallu faire preuve d’une organisation de malade et le résultat est si beau et bluffant que je ne pouvais pas ne pas en parler.

Enfin il y a ces acteurs, humains ou canins. Et presque tous sont terribles. J’ai énormément accroché avec le nouveau maître d’Hagen. Le comédien, dont je n’arrive malheureusement pas à retrouver le nom est très très bon et joue les ordures à merveille et c’est pile-poil le genre de méchant qu’on aime détester. Là où j’ai eu plus de mal, c’est avec Zsófia Psotta et Sándor Zsótér, qui incarne la fille et son père. J’ai trouvé les comédiens sans plus, très fades et ils ne m’ont pas touché.

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En entrant dans la salle, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Je n’avais vu que la bande-annonce et le synopsis m’accrochait beaucoup. À ma sortie, j’étais déboussolé, exténué, essoufflé, j’avais la désagréable sensation d’avoir des sentiments contradictoires en moi. Une partie de moi avait adoré et l’autre détesté profondément. Puis le film m’a poursuivi en dehors du cinéma et c’est en écrivant ces lignes que je me rends compte que même s’il y a des moments que j’ai vraiment trouvés affreux, des moments qui m’ont profondément dérangé et remué, dans son ensemble et malgré les différentes choses que je peux lui reprocher, j’ai quand même bien apprécié « White God« .

Après ça restera un film qui ne plaira pas à tout le monde, qui est difficile d’accès, qui risque d’en choquer plus d’un et qui va continuer de diviser. Alors maintenant, c’est à vous de voir si l’expérience vous tente ou non…

Note : 13/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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