novembre 30, 2021

Dionysos – Bird N’Roll

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Avis :

Dionysos n’est pas seulement le dieu grec du pinard, il est aussi le nom d’un groupe de rock français à l’univers très marqué et aux prestations scéniques époustouflantes. Formé en 1993, le groupe est originaire de Valence, dans la Drôme et Bird’N’Roll est leur septième album studio. Emmené par un certain Mathias Malzieu, le groupe se rapproche d’un univers burlesque, enchanteur et parfois complètement barjot. Avec des textes très poétiques, un univers musical varié avec beaucoup d’instruments, le groupe s’est imposé comme l’un des groupes majeurs de la scène française. Avec ce septième album, un nouveau concept est mis en place, celui de faire la danse du Bird’N’Roll (danse qui existe vraiment et qui a été inventée par Johanna Hilaire, participant au chœur de l’album) et de tout oublier pendant un instant, la crise, les soucis. En gros, c’est un moment de relâchement extrême et une danse décomplexée. Album le plus court du groupe, revenant vers un rock plus direct, que vaut-il vraiment ? Permet-il de vraiment oublier tous ses soucis pendant 40 minutes ?

La première piste annonce la couleur de cet album. Il s’agit d’une chanson qui est axée très rock et qui est faite pour bouger dessus. Commençant par une ligne de basse dynamique et une batterie bien rythmée, elle propose par la suite une alternance de chant féminin et de chant masculin, sorte de jeu de question/réponse, qui finit par un « come on let’s bird, bird and roll ». La rupture est assez rigolote puisqu’elle ralentit considérablement avec un petit tintement de cloches puis des chants d’oiseaux, pour repartir sur une basse dynamique et le schéma du début. La guitare électrique apparait sur la fin, relativement saturée et suivant la basse pour proposer un final fort dansant et entrainant. La deuxième piste est le tube de l’album, le premier single et s’intitule Cloudman. Il se démarque du premier morceau par des paroles en français. Les paroles sont humoristiques, présentant un cascadeur raté qui se nomme Hématome Cloudman, et qui est assez révélateur de l’univers de Malzieu, à la fois féérique et très sentimental. Au niveau musical, c’est là aussi assez rock, avec une guitare et une batterie bien présente, avec toujours des chœurs féminins, donnant du peps à tout ça. Pas étonnant que cette chanson soit le premier tube, car elle est fraîche et bien entrainante. Le troisième morceau démarre comme le champ des morts dans les douze travaux d’Astérix avec un son fantomatique, puis arrive l’ukulélé et le violon avec des chœurs féminins toujours très présents qui donnent à l’ensemble un univers très poétique. La rupture viendra avec la guitare électrique pour repartir vers quelque chose de plus calme et qui lorgne plus vers la chanson française et des textes travaillés. Je conseille éminemment la quatrième piste, très rock and roll et aux paroles surréalistes avec un refrain bien entrainant et le tout en fait une chanson fort sympathique et qui doit bien donner sur scène. La cinquième piste, le roi en pyjama est typiquement le genre de musique qui a fait le succès de Dionysos, c’est-à-dire une chanson poétique, presque enfantine mais qui colle parfaitement à cet univers enchanteur. Malheureusement, dans cet album, il fait un peu bizarre, car la musique est calme, posée et pas du tout rock. La sixième piste est assez bizarre, faisant rock avec une distorsion de guitare électrique, mais le texte est vraiment excellent, mettant plein de jeux de mots. Au niveau du rythme, on serait presque dans un hard rock lent et le mélange est franchement excellent et il s’agit d’une de mes musiques préférées de l’album. La septième piste fait penser à la cinquième, mettant en place une chanson à texte, avec un son qui ne fait pas du tout rock, mais plutôt variété française. L’avantage, c’est qu’elle parle d’un cheval et que le son derrière fait penser aux pas de cet animal, mais sinon, cela reste peut être en dehors du concept du bird n’roll. Sex with a bird rentre bien plus dans le thème et propose une guitare électrique plus présente et l’originalité du titre vient de l’arrière son qui fait penser à un duel de western. Dark Side est une chanson qui monte en tension et qui finit en sifflements d’oiseaux (redondant dans tout l’album). Elle demeure sympathique, mais pas inoubliable. Platini(s), chanson très drôle, et aussi le genre de musique qui doit mériter le coup d’œil sur scène. Montant lentement puis proposant un refrain plus rock et bien déjanté, on peut dire que cette chanson est bien réussie et que l’on va se prendre à chanter : transformez-moi en Mi-chel Platini ! L’avant dernier morceau est une sorte de slam avec une montée progressive vers le rock. Le texte est très travaillé et tout cela est franchement de bonne facture. Le dernier morceau est en acoustique, et reste somme toute assez classique.

Au final, le dernier album de Dionysos est bien sympathique et très rythmé. Proposant un son plus rock mais avec des paroles toujours aussi travaillées, le groupe montre, avec certains morceaux qu’il a de la ressource. Le concept du Bird’N’roll est très intéressant, mais il ne tient pas sur tout le CD, à cause d’interludes passables, bien que sympathiques. Bref, un album varié, parfois touchant, parfois drôle. Mais du Dionysos, ça se voit aussi sur scène car c’est du grand spectacle.

  1. Bird N’Roll
  2. Cloudman
  3. La Sirène et le Pygmalion
  4. June Carter en Slim
  5. Le Roi en Pyjama
  6. Dreamoscope
  7. Le Grand Cheval aux Yeux Gris
  8. Sex With a Bird
  9. Dark Side
  10. Platini(s)
  11. Le Retour de Jack l’Inventeur
  12. Spidergirl Blues

Note : 14/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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