mai 17, 2021

Death Race – Beyond Anarchy

De : Don Michael Paul

Avec Zach McGowan, Frederick Koehler, Christine Marzano, Yennis Cheung-Yan

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre: Action

Résumé:

Considérée comme illégale, « La Course à la Mort » se pratique toujours dans une prison fédérale. Après une attaque avortée contre le légendaire pilote Frankenstein, Connor Gibson, membre d’une unité d’élite doit infiltrer la prison avec un objectif : stopper « La Course à la Mort » ! Il devra alors apprendre à se battre dans un monde sans foi ni loi !

Avis:

La saga de La Course à la Mort est un bordel sans nom. Le tout premier film est sorti en 1975 sous la production de Roger Corman avec un duel qui opposait David Carradine à Sylvester Stallone. Film qui oscille dangereusement avec le nanar et la critique acide d’un système de plus en plus avide de sensations fortes et de programmes télé déviants, Death Race 2000 n’aura pas l’effet escompté au départ. C’est avec Paul W.S. Anderson que les choses sérieuses commencent en 2008, puisqu’il réalise alors un reboot de la franchise et met en avant Jason Statham. Le film s’avère une petite réussite, un actionner débile mais honnête et qui contient toujours le substrat du premier métrage, à savoir une critique du voyeurisme. Malheureusement, les choses se sont vite gâtées avec les suites, des navets infâmes produits pour presque rien et qui ne gardaient rien de l’intelligence des précédents opus. Intelligence, c’est vite dit, mais au moins, ça racontait quelque chose. Le pire subviendra en 2016 avec une sorte de spin-off reboot avec La Course à la Mort 2050. Navet infâme et puant, on aurait pu croire que cela allait enterrer la licence. Mais que nenni, car voici que débarque un Death Race – Beyond Anarchy, qui se veut être une suite du troisième opus, mais qui peut se voir indépendamment des volets précédents. Et le résultat dans tout ça? Eh bien c’est pas mal du tout.

Pourtant, ce n’était pas gagné d’avance. Il faut dire que le projet ne sentait pas bon du tout, succédant à deux mauvais films et n’ayant pas un budget à rallonge. Rajoutons à cela un réalisateur de seconde zone qui est cantonné aux suites infâmes de licences promises à un avenir peu glorieux, il y avait de quoi craindre le pire. Pourtant, Don Michael Paul fait des choix très judicieux. La première chose qui frappe avec cet opus, c’est que très rapidement, on nous montre qu’il n’y aura pas, ou très peu, d’effets numériques. Les chocs et les explosions font vrais et on est très loin des amas de pixels ou des fonds verts dégueulasses. Le revers de la médaille, c’est que tout cela fait cheap, frôlant parfois le cosplay pour certains personnages. Mais comme on évolue dans un monde post-apocalyptique et que ça veut ressembler plus ou moins à Mad Max, ça marche à moitié. Du moins suffisamment pour être agréablement surpris par les choix artistiques du réalisateur, refusant de tomber dans la pauvreté numérique. D’autant plus que le film est assez pêchu. Il a beau s’approcher des deux heures, le rythme est soutenu, les scènes de baston sont plutôt convaincantes et même si la course survient sur les vingt dernières minutes, on en a pour notre argent.

Le problème avec ce genre, outre l’aspect cheap et fauché, c’est que parfois, ce n’est pas très malin ou intelligent. Et c’est clairement le cas ici. Le scénario est d’une pauvreté famélique, délaissant tout la sève du premier métrage. Ici, on ne parle pas de télé réalité, ou encore de voyeurisme exacerbé. On aura bien quelques paris en ligne, mais rien ne laisse supposer à un soulèvement de masse. Pareil pour ce qu’il se passe dans la zone confinée, il n’y a pas de soulèvement populaire pour briser les murs de cette prison à ciel ouvert, mais plutôt une organisation anarchique et violente. On a l’impression que le film veut occulter toute réflexion pour se concentrer sur une action non-stop ou sur le personnage principal, un bad boy au grand cœur comme on en voit des caisses. En fait, le film oublie vraiment la dimension social du film pour rester dans le binaire et le bourrin. D’ailleurs, la finesse n’est pas vraiment le digne mot d’un film comme celui-ci, qui est ultra vulgaire, mais aussi, et c’est surprenant, sexy (voire presque pornographique par moments avec du nu frontal ou des scènes de sexe explicites). Le film ose allait dans le graveleux, métal à fond, nibards de sortie et course de voitures.

On voit bien que le film veut aller au bout des choses. On retrouvera donc du sexe, de la baston, des scènes gores, ce qui surprend aussi, lorsqu’un homme en décapite un autre avec une tronçonneuse en full caméra, mais il manque quelque chose pour que le film soit clairement réussi, de la surprise dans le scénario. Tout est cousu de fil blanc du début à la fin. C’est-à-dire que dès le départ, le film oppose trois bandes. Frankenstein, roi de la zone confinée qui fait sa loi, une société de sécurité qui veut faire tomber Frankenstein et son pouvoir et enfin, une bande plus ou moins rivale qui aimerait bien que Frankenstein soit de leur côté. A partir de là, lorsque l’on voit arriver le personnage principal, on se doute bien de quel bord il se trouve. Du coup, les rebondissements ne marchent pas forcément et l’ensemble parait un poil trop facile. Et c’est dommage car il y avait matière à faire des choses sympathiques. Certains personnages secondaires sont hilarants et complètement borderline comme le nazi qui tape sa femme, mais tout cela n’est pas exploité. Et on regrettera aussi des acteurs comme Danny Trejo ou Danny Glover qui cabotine à mort et ne servent finalement à rien, Zach McGowan se suffisant à lui-même, assez convaincant malgré son regard de veau dans la luzerne.

Au final, Death Race – Beyond Anarchy est un film sympathique qui redore le blason de la licence. Faisant fi des effets numériques imbuvables et de la surenchère de méchants débiles complètement siphonnés, cet opus essaye de faire un mélange entre Mad Max et Doomsday. Un pari risqué mais finalement presque réussi, du moins sur la forme, qui reste agréable à regarder et plutôt fonctionnel. Par contre, le fond est à la pêche, Don Michael Paul oubliant tout simplement de mettre un peu de critique acerbe d’un paysage politique qui s’y prête pourtant à merveille. Bref, un film décomplexé, con comme ses pieds, mais qui réussit son pari premier, celui de divertir et non pas de consterner.

Note: 14/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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