mai 26, 2024

Cold Prey

Titre Original : Fritt Vilt

De : Roar Uthaug

Avec Ingrid Bolso Berdal, Rolf Kristian Larsen, Tomas Alf Larsen, Endre Martin Midtstigen

Année: 2006

Pays: Norvège

Genre: Horreur

Résumé:

Jannicke, Morten, Eirik, Mikael et Ingunn, sont 5 jeunes Norvégiens qui décident de partir en vacances dans les montagnes de Jotunheimen, afin de pouvoir faire du snowboard.
Alors qu’ils sont isolés de tout Morten se casse la jambe. Les 5 amis vont alors se réfugier dans un hôtel abandonné, mais se rendent rapidement compte que l’endroit n’est pas aussi désert qu’il n’y paraît…

Avis :

Roar Uthaug est un réalisateur norvégien qui commence à se faire un nom outre-Atlantique. S’il commence sa carrière en 2006 avec un film d’horreur, comme bon nombre de réalisateurs devenus grands aujourd’hui, il se fait surtout connaître par la suite par un film de vikings puis un film catastrophe très réussi, à savoir The Wave. C’est d’ailleurs ce dernier qui lui ouvre les portes d’Hollywood et lui confie un gros projet, le reboot de Tomb Raider, qui doit coller le plus possible aux nouveaux jeux vidéo. Le résultat est assez lamentable, faisant un film plat et ultra lisse, dans lequel on ressent la pression des producteurs pour que l’auteur ne puisse pas y coller sa patte. Et pourtant, une patte graphique, il en a une, mais surtout, il possède une qualité certaine pour présenter des personnages simples, mais dans lesquels on peut se projeter. Si The Wave est un exemple qui semble pertinent, il faut aussi regarder Cold Prey, slasher ultra classique mais qui fonctionne à plein régime, notamment grâce à des personnages crédibles, simples et forcément attachants.

On va suivre une bande de cinq potes qui décide de faire du snowboard sur le versant isolé d’une belle montagne. Malheureusement, l’un des cinq se casse une jambe et les jeunes trouvent un hôtel abandonné depuis les années 70. Si tout se passe pour le mieux avec la remise du courant et des bouteilles d’alcool presque à profusion, un géant armé d’une pioche va venir semer la pagaille dans ce petit groupe. Isolé du monde, il va falloir trouver le moyen de survivre à ce monstre sanguinaire. Le pitch est d’une simplicité évidente, mais c’est bien là l’adage de presque tous les slashers et des premiers films avec un budget limité. Roar Uthaug va donc se concentrer sur deux points essentiels à ce genre de film, l’ambiance et les personnages. Dans pas mal de productions de ce genre, les personnages sont souvent le point faible. Entre des antagonismes exacerbés qui finissent en engueulades, des personnages débiles qui vont des choses crétines ou encore les bimbos de service, le slasher n’est pas épargné par les imbécilités. Avec Cold Prey, le cinéaste évite avec brio tous ces codes devenus gênants. Si on trouvera toujours des caractéristiques propres à chaque protagoniste, le cinéaste propose des jeunes simples, pour lesquels on va ressentir de l’empathie et qui ne se crie pas dessus. Bien au contraire, l’entraide est au beau fixe et les préoccupations des personnages sont honorables car tout le monde est assez bon.

Du coup, on s’attachant à ces personnages, la moitié du film est presque remplie. Il ne manque plus qu’un travail intéressant sur l’ambiance et le boogeyman de base. Cold Prey va proposer un tueur assez peu charismatique, se cachant sous des couches de vêtements de ski et marchant de façon lente tel Michael Myers. Le problème, c’est qu’il manque de classe et que son histoire, à peine esquissée, manque de finesse dans l’écriture et d’épaisseur. Fort heureusement, ce sera le seul point faible du film, si on s’accorde à accepter la simplicité du scénario. L’ambiance est réussie car le cinéaste ne va pas forcément attaquer son film là où on l’attend. Il prend son temps, présente ses personnages, montrent leur faiblesse et leurs envies, puis c’est au moment où tout va pour le mieux que les choses sérieuses se gâtent. Le premier meurtre est relativement violent, un peu comme dans Massacre à la Tronçonneuse et l’arrivée du tueur est assez incisive. Et c’est petit à petit que les jeunes vont se rendre compte de la présence du tueur. Les teintes grises et mornes ajoutent un sentiment de tristesse et d’insécurité alors que les aplats de noir laissent présager des attaques vivaces. Le film joue donc sur deux tableaux intéressants, des teintes désespérées et une mise en scène classique mais efficaces, évitant de temps à autre les jump scare pour encore mieux surprendre son spectateur.

Alors oui, Cold Prey est très classique dans sa démarche et certains y trouveront à redire, mais pour un premier film, cela reste une belle réussite. D’autant plus que l’on imagine le budget assez riquiqui et ce qui est fait demeure intéressant. On regrettera cependant, outre le classicisme de l’écriture, un traitement assez soft des mises à mort. Hormis la première qui est assez violente et sanglante, le reste demeure très sage et peu gore. Alors certes, ce n’est pas le but même du métrage, mais la sauvagerie n’est pas forcément présente et cela nuit au personnage du boogeyman, qui voit son rôle diminuer au fur et à mesure de l’intrigue. Les acteurs rattrapent alors le coup, Ingrid Bolso Berdal étant très convaincante en femme forte qui décide de ne pas se laisser faire et le reste du casting se révèle plaisant, jouant à merveille ces jeunes qui sont de bonne humeur, même avec une jambe cassée.

Au final, Cold Prey est un bon film d’horreur, doublé d’un bon slasher. Le genre tombant légèrement en désuétude, Roar Uthaug le réhabilite en 2006 de la plus belle des manières, offrant quelque chose de classique, mais de terriblement efficace. S’il est certain que l’on a vu mieux dans le genre, la combinaison de l’ambiance glaciale et des victimes empathiques fait que l’on rentre facilement dans le métrage. Bref, même plus de dix ans plus tard, Cold Prey reste toujours aussi efficace et plaisant à regarder.

Note : 15/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=lC1CUPbQYNs[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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