février 7, 2023

L’Attaque du Requin à Trois Têtes

Titre Original : 3-Headed Shark Attack

De : Christopher Ray

Avec Karrueche Tran, Jaason Simmons, Rob Van Dam, Danny Trejo

Année : 2015

Pays : Etats-Unis

Genre : Nanar

Résumé :

Un requin mutant originaire d’une zone de déchets du Pacifique s’échappe dévore les habitants d’un centre de recherche scientifique. Les survivants tentent de s’enfuir mais trois têtes sont plus difficiles à éviter qu’une seule.

Avis :

Depuis la sortie des Dents de la Mer, le requin a toujours eu une vie difficile au cinéma. Il faut dire qu’entre les plagiats avec d’autres créatures marines comme Orca et Barracuda et les films à petit budget qui deviennent ridicules, le squale devient une risée du septième art. Et cela on le doit en partie à The Asylum, une société de production qui doit sa réputation aux mockbusters (c’est-à-dire des reprises de blockbusters en beaucoup moins bien comme Transmorfers ou Atlantic Rim) et aux films animaliers qui ne veulent plus rien dire. C’est à eux que l’on doit des navets intergalactiques comme Sharktopus et toutes les confrontations de créatures improbables comme le Dinoshark. Alors on ne va pas se mentir plus longtemps, quand on regarde un film de The Asylum, c’est souvent pour se foutre de sa gueule et pour prendre un plaisir coupable à regarder du n’importe quoi se débattre vainement pour tenter de devenir quelque chose. Le problème avec ce genre de film, c’est qu’il se prend de moins en moins au sérieux et que tout ce qui est mauvais est fait de façon volontaire, annihilant tout l’effet comique de la chose. Et L’Attaque du Requin à Trois Têtes n’échappe pas à cette règle.

Dès le départ, le pitch est balancé à la tronche du spectateur, certainement considéré comme trop stupide pour comprendre les origines d’un tel requin. Ici, The Asylum veut faire dans la morale et explique l’existence de ce monstre à cause de la pollution massive des océans. A force de bouffer des déchets, le requin a muté et est devenu une sorte d’hydre, version squale. Mais le requin est aussi doté d’une certaine intelligence, et il va attaquer un centre de traitement des déchets ainsi qu’un bateau de touristes. On se doute bien qu’il y aura des morts et qu’à la fin, nos deux héros vont s’en sortir vivants. Alors ils sont bien gentils chez The Asylum, mais faire un pamphlet sur la pollution des océans avec un tel navet, ça donne plutôt envie de jeter ses poubelles à la mer. Quand on veut faire un nanar, il faut un pitch relativement stupide sans forcément y mettre un message qui se veut intelligent. Car non seulement ça montre la malhonnêteté d’un tel projet et en plus, ça ringardise encore plus la portée dudit message. D’autant plus que le film pointe du doigt les jeunes fêtards qui balancent des canettes à la mer, mais ne montre jamais un industriel ou autre, tout ça pour montrer de jolies filles en maillot de bain. C’est triste.

Mais le pire dans tout ça, c’est le cynisme ambiant qui réside dans ce film. Outre le fait que le requin de pixels soit mal foutu, nous remettant cinq ou six fois la même image du requin dans la flotte. Outre le fait que les CGI sont absolument honteux et que cela ne prête plus à sourire. Outre le fait que les acteurs sont en perpétuel surjeu et complètement paumés dans un film qui ne leur servira jamais à rien. On restera de marbre devant tant de bêtise à l’écran et devant tant de plans qui se répètent comme pour dire au spectateur qu’il n’est qu’un crétin amnésique. C’est con, ça reste con tout du long, mais ça l’est volontairement, à la manière des Sharknado, et ça enlève tout le sel du nanar pour ne devenir qu’un navet. Et c’est pareil du côté des personnages qui sont des crétins patentés avec des rôles clichés comme le garde du corps qui se sacrifie, le couple séparé qui se retrouve et se reforme pour buter le requin, les pêcheurs bandits qui ont des armes à feu sur eux, les jeunes qui ne pensent qu’à baiser et faire la fête. Bref, non seulement il n’y a rien de neuf là-dedans, mais en plus c’est mal joué et vraiment je m’en foutiste.

Quand on regarde un film comme celui-là, il est évident que l’on n’y va pas pour la richesse de son scénario, la justesse de ses acteurs ou encore la profondeur des sentiments. On y va pour rigoler un bon coup et espérer passer une petite heure et demi fun et débile. Le problème avec ce film, c’est qu’il n’est pas fun, il est même chiant à mourir. Danny Trejo tente de sauver la baraque en faisant un clin d’œil à Machete, mais ça ne prend jamais. Les attaques du requin sont connes, se foutant complètement de la profondeur de l’eau ou même s’il y en a (il saute carrément sur la plage tête la première) et ce qui devait être drôle en devient ridicule et assoit un peu plus ce côté cynique désagréable et cette sensation de prendre le spectateur pour un débile. En fait, le film est tellement mal foutu, il a tellement rien à raconter qu’il tourne en rond, ennuie rapidement et devient un bruit de fond que l’on oublie assez vite pour faire autre chose.

Au final, L’Attaque du Requin à Trois Têtes n’est guère une surprise et s’avère être un navet puissance mille. Si on ne nous ment pas vraiment sur la qualité du produit, on reste tout de même dans un navet bas de gamme, presque irregardable, la faute à un manque de fun évident, à des enjeux ridicules et à un message écologique qui n’a aucun sens dans ce film. Oui, autant vous spoiler la fin, les gens tuent le requin en lui faisant manger des poubelles qu’ils jettent dans la mer… Bref, encore un film de requin de chez Asylum qu’il vaut mieux ne pas regarder si l’on veut garder toutes ses neurones…

Note : 01/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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