mai 16, 2021

Dead Man

De : Jim Jarmusch

Avec Johnny Depp, Gary Farmer, Lance Henriksen, John Hurt

Année: 1996

Pays: Allemagne, Japon, Etats-Unis

Genre : Western

Résumé :

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, Bill Blake, jeune comptable en route pour les confins de l’Ouest américain, entreprend un voyage initiatique où il devient malgré lui un hors-la-loi traqué. Blessé, il est recueilli par Nobody, un Amérindien lettré rejeté des siens, qui l’identifie d’emblée à son homonyme défunt, le poète anglais William Blake, et décide de sauver son âme.

Avis :

Jim Jarmusch est l’un des plus grands cinéastes contemporains en activé et c’est aussi l’un des plus particuliers. Sa filmographie ne ressemble à aucune autre. Quand on regarde un film de Jim Jarmusch, on ne peut avoir nul doute, tant on reconnaît sa patte, ses thèmes, ses obsessions et ça, alors même qu’il est aussi capable d’aller vers des univers très différents les uns des autres.

Le cinéma de Jim Jarmusch, je l’aime et je le trouve fascinant. Et malgré le fait que je n’ai pas encore tout vu de lui, « Dead Man » est l’un des meilleurs films de sa carrière. C’est une sorte de pierre angulaire, de sommet, qui ne fait que se bonifier avec le temps qui passe. Véritable ovni dans le paysage cinématographique, ce poème à ciel ouvert fascine et envoûte de manière incroyable. Car oui, entre un Johnny Depp bluffant, cette intrigue folle et surtout, ô grand surtout, cette BO de Neil Young faite à la guitare électrique, Jim Jarmusch a vraiment su nous raconter cette histoire, cette fuite, comme personne ne l’aurait fait.

William Blake, un jeune comptable un peu coincé, se retrouve accusé de meurtre après avoir tué dans un cas de légitime défense le fils d’un riche et véreux industriel. L’industriel en question, John Dickinson, engage alors des chasseurs des primes pour le retrouver. Blessé et traqué, il fait la connaissance de Personne, un Indien avec qui il se lie d’amitié.

« Dead Man« , c’est un film plutôt inhabituel si vous n’êtes pas habitué au style de Jim Jarmusch. C’est un film un peu déconcertant qui peut en laisser plus d’un sur le carreau. D’une très belle originalité, fuyant tous les clichés du genre, Jim Jarmusch filme une sorte de rêve éveillé, une quête d’ascension spirituelle presque involontaire pour son personnage, un trip psychédélique dont la beauté des images n’a que rarement été égalée. Et le réalisateur nous offre ce bijou serti par les accords plus qu’envoûtants et parfaits de la guitare de Neil Young, qui signe là l’une des plus belles et plus marquantes BO qu’on ait pu entendre.

« Dead Man« , c’est un film au rythme lent. C’est un film qui prend son temps pour nous emporter dans ce poème. Et ce choix fonctionne parfaitement, puisque très vite, « Dead Man » se trouve être aussi fascinant que captivant. Chaque plan est une merveille de maîtrise, et le tout est parfaitement sublimé par ce noir et blanc lumineux et sombre à la fois. Un noir et blanc à la lumière inégalable. Bref, c’est beau, tout est vraiment très beau. Comme je le disais plus haut, il y a beaucoup de poésie qui se dégage de cette œuvre. Une poésie presque macabre parfois, qui fascine jusqu’à sa dernière scène, qui est un petit bouleversant en soi.

Le film est tenu par un Johnny Depp hallucinant dans ce rôle. Son personnage est incroyable et il évolue inconsciemment tout du long de ce récit magique et on adore suivre cette fuite insensée et obligée.

Il est aussi entouré par un casting quatre étoiles, qui se trouve être l’un des plus beaux réunis par Jim Jarmusch. Franchement, c’est incroyable de voir autant d’acteurs si charismatiques au service de cette œuvre unique : Lance Henriksen, John Hurt, Iggy Pop, Gabriel Byrne, Robert Mitchum ou Alfred Molina. Et qu’ils y fassent une petite apparition ou qu’ils aient un rôle plus développé, chacun est à sa place, a un but et un sens pour l’œuvre en elle-même.

Voilà ce que je pouvais dire sur ce cru magnifique cru 1996. « Dead Man » est un film calme et reposant perdu quelque part entre le western et le conte. Jim Jarmusch et Johnny Depp nous entraînent dans un voyage vers la mort duquel on aimerait ne pas sortir aussi vite, tant il est envoûtant.

Note : 20/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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