mai 17, 2021

Les Destinées d’Asher – Education Israélienne

Titre Original : Scaffolding

De : Matan Yair

Avec Asher Lax, Ami Smolartchik, Jacob Cohen, Keren Berger

Année: 2018

Pays: Israël, Pologne

Genre: Drame

Résumé:

Dès l’école primaire, puis au collège et au lycée, Asher, 17 ans, a toujours été un fauteur de troubles impulsif. Il a du mal à se concentrer en classe, est sujet à des accès de colère et de violence. Il est toutefois également doté d’un grand charme et se montre extrêmement débrouillard. Son père, très strict, le considère comme son successeur naturel qui reprendra l’affaire familiale d’échafaudages, mais Asher trouve un autre modèle masculin en la personne de son professeur de littérature, Rami, et noue avec ce dernier une relation très particulière. Déchiré entre ces deux mondes, Asher se cherche une autre vie et une nouvelle identité. Une tragédie soudaine le soumet à une ultime épreuve qui forgera sa maturité.

Avis:

Matan Yair est un ancien professeur qui s’est peu à peu reconverti cinéaste. Il a commencé tout d’abord avec un documentaire en 2008, qui abordait l’éducation. S’en suit un court-métrage, trois ans plus tard. Et voici que sept ans après, Matan Yair arrive avec ce premier film.

Un premier film qui s’arrête sur le sujet que le cinéaste connaît le mieux, l’éducation. Sorti dans la plus grande des discrétions, à peine plus de vingt salles, « Les destinées d’Asher » est un film qui nous propose un portrait de personnage, aussi attachant que malheureusement agaçant. Un personnage qui se cherche, perdu entre deux pères et un avenir incertain, piégé entre envie et « tradition ». Un personnage capable du meilleur, mais bien trop impulsif. Bref, un portait nuancé qui a le mérite toutefois de poser de bonnes questions et qui de surcroît, malgré un côté poussif, est tenu par un jeune comédien, Asher Lax, charismatique, auquel on souhaite le plus beau des avenirs.

Asher est un jeune homme de dix-sept ans qui doit passer son bac dans quelques semaines. Asher est un jeune homme complexe, aimant l’école et ce qu’elle apporte, mais il a bien du mal à se concentrer et respecter l’ordre établi des choses. En dehors de l’école, Asher travaille sur des chantiers avec son père. Un père aimant, mais autoritaire, qui connaît déjà le parcours de vie de son fils, puisqu’Asher est destiné à reprendre l’entreprise familiale, que ça lui plaise ou non. À quelques semaines de son bac, un évènement va se produire, ce qui va pousser Asher à se poser encore plus de questions qu’il ne s’en pose déjà.

« Les destinées d’Asher » est donc une petite déception, car en soit le film n’est pas mauvais, et il se trouve même intéressant à plus d’un titre. Avec ce film et à travers le portrait d’un personnage tout en naturel, Matan Yair s’interroge sur son pays et pose une multitude de bonnes questions. « Les destinées d’Asher« , c’est un film qui aborde l’éducation par l’école, mais aussi par soi-même. C’est un film qui parle avec beaucoup de nuances de la société israélienne, partagée entre modernité et tradition. Il y a quelque chose de très vrai qui se dégage du film de Matan Yair. Les réflexions que le réalisateur se pose sur les relations élèves professeurs, sur les hommes et les femmes, sur la famille, sur le devoir familial et les espoirs que cette dernière place sur ses enfants, ou encore sur l’envie et l’avenir qu’on espère sont bonnes et ont de l’intérêt. On est loin du film qui donnerait des leçons, Matan Yair est plus dans une démarche d’ouverture, posant ses réflexions ici, et laissant seul juge ses personnages et les destinées qui s’ouvrent à eux ou non.

Le tout est soutenu par une jolie mise en scène, plutôt discrète. Une mise en scène bien loin des films sur l’éducation qu’on a l’habitude de voir. Une mise en scène qui s’arrête aussi bien sur de superbes scènes de classe, que sur la vie d’Asher en dehors de l’école, avec notamment des scènes de chantier pleines de vérité. Une mise en scène aussi qui a tendance à traîner en longueur, s’étirant parfois pour pas grand-chose d’intéressant sur certaines de ses scènes, ce qui est dommage, car sur la fin, le film commence à se faire long.

« Les destinées d’Asher » est un film qui a un énorme atout pour lui, mais qui est aussi et étrangement, son principal défaut, c’est-à-dire son acteur principal. Enfin non, car si Asher Lax est incroyable, saisissant ce personnage à bras le corps, avec tout le naturel, la spontanéité et la vivacité possible, le personnage lui, est inégal. Ce personnage sera capable d’être touchant, face à une multitude de questions qu’il se pose. On peut même être ému face à ce personnage qui se cherche, coincé entre un père aimant, mais décisionnaire, et un père de substitution (son professeur) dont on sent bien qu’il est un guide pour le jeune homme. Mais ce personnage si touchant soit-il, est aussi capable du plus grand des agacements, se comportant parfois comme un parfait connard, et même s’il est largué et piégé, on a bien du mal à l’excuser.

Je ressors donc partagé de ces « … destinées d’Asher« . Ce premier long-métrage pour Matan Yair a énormément de qualités pour lui, et dans le fond, sur la plupart de son récit, j’ai passé un bon moment, quoi qu’un peu longuet. C’est donc vraiment dommage que tout ce positif soit terni par un personnage agaçant. « Les destinées d’Asher » est donc une déception, mais une déception qui, quoi qu’il en soit, aura allumé un projecteur sur un réalisateur intéressant qui a des choses à dire et sur un acteur, Asher Lax, qu’on a déjà envie de revoir sur grand écran, tant le jeune homme est doué et plein de charisme.

Note : 12/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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