mai 25, 2022

Terre des Ours

De : Guillaume Vincent

Avec la Voix de Marion Cotillard

Année : 2014

Pays : France

Genre : Documentaire

Résumé :

Kamtchatka. Cette terre à l’état sauvage située en Extrême-Orient russe est le royaume des ours bruns. Au fil des saisons, chacun a ses préoccupations : la mère doit nourrir et protéger ses oursons qui veulent explorer le monde avec l’insouciance de leur jeunesse. Un ours tout juste sorti de l’enfance doit trouver sa place dans le monde adulte et gagner son autonomie. Enfin, le mâle doit constamment défendre son territoire et imposer sa force…
Bienvenue sur la Terre des Ours.

Avis :

Les ours ont toujours été plus ou moins un objet de fascination pour l’homme, mais surtout le symbole d’une nature sauvage en péril. Porté à l’écran par le film de Jean-Jacques Annaud, puis par de nombreux documentaires, l’animal revient régulièrement sur le devant de la scène. Sortie en 2014, Terre des ours a été en concurrence avec Grizzly, une production Disney Nature. Mais le présent métrage n’est pas en reste, notamment avec le soutien de James Cameron et de sa société Cameron Pace Group. Les moyens sont donc à la hauteur des ambitions pour tourner au plus près des ours du Kamtchatka. Pour autant, il n’est pas question de sombrer dans l’extrémisme d’un Timothy Treadwell, vedette malgré lui du Grizzly Man de Werner Herzog.

L’objectif n’est pas d’alerter sur les problèmes écologiques de la planète et du Kamtchatka en particulier. La narration se veut plus prosaïque qu’à l’accoutumée avec un traitement qui se cantonne au cycle de vie chez les ours. De par une approche volontairement posée et linéaire, la progression suit un cheminement logique de l’enfance des oursons à leur séparation, en quête de nourritures et d’un nouveau territoire. Le fait d’accompagner les animaux dans leur quotidien sans interaction aucune a le mérite de laisser place à l’essentiel. À savoir, se concentrer sur le sujet principal et non le perdre de vue pour développer des considérations alarmistes hors de propos.

Dans cette optique, ce n’est pas tant un parcours scientifique axé sur la zoologie qui prévaut ici. Aucun discours en ce sens n’est desservi. De fait, l’ensemble demeure très accessible. Sans être prépondérante pour autant, la voix off de Marion Cotillard apporte quelques commentaires timorés sur cette odyssée sauvage. Son timbre discret et sans fausse note reste en retrait, tout comme le fond sonore, censé souligner des passages clefs. Cela se tient, même si l’on remarquera quelques allusions promptes à personnifier les ours sous le prisme de valeurs sociétales purement subjectives. Toujours est-il que cet écueil n’enlève rien à la qualité générale du film.

Le cadre du Kamtchatka présente des panoramas splendides entre terre et montagne. C’est d’ailleurs dans l’appréciation des paysages et la profondeur du champ que l’on se rend compte des performances technologiques employées. Impression soutenue par une réelle utilité de la 3D, chose assez rare pour le remarquer. La variété de l’environnement et sa mise en valeur sont loin de faire du remplissage pour grossir la durée du documentaire. Étant donné que l’on suit pas à pas le parcours des ours, chaque lieu trouve une justification particulière dans leur périple ; autre que leur indéniable beauté sauvage.

Brume et geysers viennent épaissir une atmosphère auréolée de mystères. Car, au-delà de cette pleine contemplation, Terre des ours nous rappelle la nécessité de survivre dans un milieu hostile. Défense du territoire, pêche aux saumons, affrontements au sein d’une même fratrie… Les séquences se suivent et sont parfois paradoxales. Les moments de complicité précèdent aux rivalités, ou inversement. Pour autant, la caméra conserve sa froide objectivité pour mieux illustrer la vie des ours ; les bons, comme les mauvais côtés.

Préférant une approche sensible et timorée qui rejette les sirènes du sensationnalisme ou la dramatisation à outrance, Terre des ours reste humble dans son traitement. Le documentaire de Guillaume Vincent efface toute présence humaine en étant au plus près des animaux. La mise en scène appuie son réalisme par des moyens techniques impressionnants, capables de capter les mouvements les plus anodins, comme la majesté des paysages. Le ton privilégie l’observation au détriment de l’interprétation des images. Un exercice de style convaincant où la narration ne se détourne pas de son cadre initial. Ce qui est bien trop souvent le cas pour la sortie sur grand écran d’un documentaire animalier.

Note : 14/20

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Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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