janvier 27, 2022

A Cidade do Futuro

De : Marilia Hughes et Claudio Marques

Avec Gilmar Araujo, Milla Suzart, Igor Santos

Année : 2016

Pays : Brésil

Genre : Drame

Résumé :

Mila, 19 ans, est professeure de théâtre, elle est enceinte. Gilmar, 27 ans, est professeur d’histoire, et a une relation avec Igor, un vacher de 19 ans. Ils formeront à tous les trois une famille peu conventionnelle.

Avis :

Le cinéma à caractère LGBT est bien plus dense et sans horizon qu’on ne l’image et ça, le festival Chéries Chéris l’a bien compris et c’est pourquoi, chaque année, en plus de sa sélection en compétition, de ses courts-métrages, le festival s’arrête sur un pays afin de le mettre en relief et cette année, leur choix s’est posé sur le Brésil.

Sur les trois films qu’il y avait en sélection, je n’ai pu voir que celui-ci et malgré des preuves évidentes d’excellentes intentions que ce soit dans l’analyse de société ou le regard que les personnes dites différentes peuvent ressentir, surtout dans les tréfonds du pays, loin des cartes postales, « A Cidade do futuro » s’avère être d’un ennui profond, la faute à des personnages insupportables de non-émotion au point qu’on passe plus de temps à fantasmer de les secouer qu’à suivre la tragédie de leur vie.

Mila 19 ans et Guilmar 27 ans sont en couple et tous deux professeurs. Mila est enceinte, mais Guilmar se trouve pris entre deux étaux puisqu’il est aussi éperdument amoureux d’Igor, un vacher de 19 ans. Refusant les conventions, ces trois âmes forment finalement une famille peu conventionnelle. Mais cette famille pas comme les autres doit affronter le regard et les décisions des autres.

Cláudio Marques et Marilia Hughes Guerreiro sont partis dans le Brésil pour ce film qu’on ne nous vend jamais. Le Brésil loin des cartes postales. Celui de la misère, de la pauvreté et de la débrouillardise. Et c’est dans ce Brésil reculé où l’on y croise autant de voitures que de charrettes que le duo de réalisateur a décidé de nous raconter la vie brisée de personnages qui n’entrent pas dans les normes.

Homophobie, violence et intolérance sont alors, une fois le secret divulgué, le difficile lot quotidien de ces personnages. Le scénario est plutôt bon, puisqu’à travers cette histoire « hors contexte », le duo aborde, parle et questionne sur la tolérance et la modernité de sa société et de son pays. Le film, dans les idées, nous réserve plusieurs bonnes séquences, mais qui resteront bien souvent dans les idées.

Car dans la pratique, même si le film dégage un charme certain, on ne peut pas dire qu’il y a de quoi être bousculé devant. C’est même l’inverse, puisque jamais une heure et quart n’aura paru aussi longue.

« A Cidade do futuro« , ce sont principalement deux problèmes qui sautent aux yeux d’emblée. Le premier, ce sont ses longueurs que l’on ressent dès les premières minutes du film. N’ayant pas beaucoup de budget, les réalisateurs sont limités. Mais quand la limite de finance fait appel bien souvent à la créativité, ici, il n’en sera rien, puisque l’on aura droit à de longs plans fixes où il ne se passe pas grand-chose, pour ne pas dire rien. Et c’est dommage, car le projet respire la sincérité. Mais rien n’y fait, ce choix impose de suite des longueurs.

À la rigueur, un film peut être lent, mais prenant. Mais là encore, malheureusement, ça ne fonctionne pas, à cause des comédiens, leur direction artistique et surtout leurs personnages insupportables d’immobilisme. Incompréhensibles et incohérents, on ne les comprend tout simplement pas. Comment, avec ce qu’ils vivent, avec l’injustice qu’ils subissent, peuvent-ils ne pas réagir comme cela ? Et mieux encore, presque sans dialogue (c’est dire les longs moments où rien ne se passe), ces amoureux et amis ne disent bien souvent rien, préférant la posture ou le blanc des yeux.

Bref, plus le film avance, plus les longueurs devient interminables et plus l’on s’agace non pas des horreurs des situations, mais de la non-vie de ces personnages. Peut-être avons-nous à faire à des comédiens non-professionnels, peut être une différence de culture aussi, face à nous français qui râlons pour rien et vivons bien souvent nos émotions au-delà de la réalité des faits ? Mais quoi qu’il en soit, c’est insupportable et très irritant. Résultat, on attend, prit en otage, le générique final.

Terrible déception donc, « A Cidade do futuro » est un film qui a des qualités sur le papier et dans sa démarche, mais qui malheureusement pour lui s’arrêtent là. Long, ennuyant, véritable somnifère, ce Panorama Brésilien n’aura même pas réussi à nous tenir, alors même que les deux réalisateurs, en s’éloignant de la carte postale habituelle, ont filmé un Brésil triste certes, mais magnifique.

Note : 05/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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