septembre 28, 2022

The Dictator

De : Larry Charles

Avec Sacha Baron Cohen, Anna Faris, Ben Kingsley, Jason Mantzoukas

Année : 2012

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie

Résumé :

Isolée, mais riche en ressources pétrolières, la République du Wadiya, en Afrique du Nord, est dirigée d’une main de fer par l’Amiral Général Aladeen. Vouant une haine farouche à l’Occident, le dictateur a été nommé Leader Suprême à l’âge de 6 ans, après la mort prématurée de son père, tué dans un accident de chasse par 97 balles perdues et une grenade !
Depuis son accession au pouvoir absolu, Aladeen se fie aux conseils d’Oncle Tamir, à la fois Chef de la Police Secrète, Chef de la Sécurité et Pourvoyeur de Femmes.
Malheureusement pour Aladeen et ses conseillers, les pays occidentaux commencent à s’intéresser de près à Wadiya et les Nations Unies ont fréquemment sanctionné le pays depuis une dizaine d’années. Pour autant, le dictateur n’est pas du tout disposé à autoriser l’accès de ses installations d’armes secrètes à un inspecteur du Conseil de Sécurité – sinon à quoi bon fabriquer des armes secrètes ? Mais lorsqu’un énième sosie du Leader Suprême est tué dans un attentat, Tamir parvient à convaincre Aladeen de se rendre à New York pour répondre aux questions de l’ONU.
C’est ainsi que le dictateur, accompagné de Tamir et de ses plus proches conseillers, débarquent à New York, où ils reçoivent un accueil des plus tièdes. Il faut dire que la ville compte une importante communauté de réfugiés wadiyens qui rêvent de voir leur pays libéré du joug despotique d’Aladeen.
Mais bien plus que des expatriés en colère, ce sont des sanctions qui attendent le dictateur dans la patrie de la liberté…

Avis :

S’il y a bien un sujet un peu compliqué ces temps-ci, c’est le terrorisme et le racisme. Sorti en 2012, The Dictator touchait du doigt un thème sensible, malgré la présence de Barrack Obama à la maison blanche. Avec Donald Trump, le film prend une autre ampleur et démontre à quelque part que Sacha baron Cohen est un visionnaire qui a toujours su faire des films volontairement vulgaire et choquant pour montrer une réalité peu reluisante des Etats-Unis. Déjà responsable de l’hilarant Borat et du moins bon Brüno, l’acteur créé alors un quatrième personnage avec Aladeen, un tyran d’Afrique du Nord qui veut avoir son arme nucléaire. Alors convoqué par l’ONU pour le convaincre de renoncer à son idée de bombe, le dictateur va se faire prendre à un piège et réaliser que finalement, la dictature, les idées préconçues, ce n’est pas vraiment le top. Avec ce métrage, Sacha Baron Cohen démontre deux choses importantes dans le monde : que ce soit la dictature ou la pseudo démocratie, les rapports de force sont souvent floutés et que derrière ces principes se cachent des hommes qui n’ont qu’une idée en tête, l’argent.

Au départ, tout le monde en prend pour son grade dans ce film. Tout d’abord les dirigeants nord-africains qui aiment la tyrannie et qui prouvent, avec le personnage principal, qu’ils n’ont pas l’intelligence nécessaire pour gouverner, et pire que ça, ne supportent pas leurs faiblesses. Toujours dans l’humour et la surenchère, Sacha Baron Cohen livre un personnage drôle, détestable dans sa façon inhumaine d’agir, mais complètement égocentrique. Cependant, on va voir que cet homme souffre de solitude et surtout, que malgré son argent, l’amour ne frappe pas à sa porte. L’auteur en profite aussi pour glisser un tacle aux stars hollywoodiennes, appâtées par l’argent, quitte à coucher avec des tyrans, comme le petit caméo de Megan Fox. Mais si le film commence prend se moquer gentiment des dictateurs africains et de leurs manies de traiter les gens comme de la merde, il va aussi se payer les Etats-Unis et leur soi-disant pays de la liberté.

Le film change très vite de fusil d’épaule une fois en Terre Bénie. Racisme banalisé (excellent John C. Reilly), coup d’état pour de l’argent (Ben Kingsley), magouilles financières sous couvert de démocratie, achat des personnages avec des filles faciles, tout le film va montrer que derrière la belle apparence de ce pays, il y a toujours de grands pontes richissimes qui tirent les ficelles. Et Sacha Baron Cohen d’utiliser l’absurde et le vulgaire pour mettre en exergue toute cette racaille qui veut diriger des pays pour lesquels il n’y a pas vraiment de crainte à avoir. Le film résonne d’ailleurs encore plus aujourd’hui avec les tensions entre la Corée du Nord et les Etats-Unis. Tout ça n’est qu’une affaire d’égo et d’argent. Et ce film permet d’en parler tout en faisant rire, appuyant là où ça fait mal de façon prononcée pour ne pas être si éloigné de la vérité. D’ailleurs, le discours de fin d’Aladeen montre à quel point la limite est fine entre démocratie et dictature.

Le seul petit problème avec ce film, c’est qu’il est très court (ce qui est bien car le rythme est très soutenu et on ne s’ennuie pas un seul instant), et que du coup, il fait énormément d’ellipses temporelles, passant parfois du coq à l’âne et n’arrivant pas à créer de seconds rôles solides. Anna Faris en écolo est assez insignifiante et on ne croit pas une seule seconde à la relation qu’elle entretient avec le personnage principal. D’ailleurs, certains retournements de situation sont assez improbables et desservent le film dans le mauvais sens du terme. Et puis il y a aussi des moments vulgaires pour être vulgaires, qui n’amènent rien à l’intrigue ou aux différents messages du métrage. On peut citer le moment de l’accouchement, même s’il est très drôle, ou encore le passage stupide où Aladeen est coincé sur une tyrolienne parce qu’il a des briques dans les poches, évoquant le lynchage. Des moments parfois un peu longs, parfois marrants, mais qui font décrocher des différents points de réflexion que possède le film.

Au final, The Dictator est un film très drôle, très rentre-dedans comme à chaque fois avec Sacha Baron Cohen, qui porte aussi une vraie réflexion sur la politique, l’argent et l’humanité en elle-même. En passant par la vulgarité et l’absurde, l’acteur arrive à sensibiliser et à interpeller sur certaines choses que l’on passe sous silence ou que les médias transforment volontairement. Mais c’est aussi un film inégal dans ses gags, certains n’étant pas du meilleur goût et sortant le film de son contexte. Néanmoins, The Dictator n’en reste pas moins un film hilarant et surtout moins idiot qu’il n’en a l’air.

Note : 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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