décembre 6, 2022

Nickelback – Feed the Machine

Avis :

Formé en 1995 autour des deux frères Kroeger, Nickelback fait partie de ces groupes qui divisent grandement les amateurs de rock, de hard et de métal. Alors qu’ils se font connaître au Canada en faisant des reprises de Led Zeppelin et Metallica, la formation perce grâce au single How You Remind Me. Ballade emblématique qui continue de hanter les esprits des trentenaires qui aimaient regarder MTV à la bonne époque, Nickelback a connu de nombreux déboires par la suite. Non pas que le line-up ait beaucoup changé, mais le groupe a eu le revers de la médaille du succès, à savoir l’étiquette de faux groupe de rock, juste bon pour charmer les midinettes. Et les textes de Chad Kroeger n’ont pas aidé, souvent critiqués comme pamphlets neuneus et même débiles. Et pourtant, il faut avoir une sacrée mauvaise foi pour basher à tours de bras Nickelback qui, s’il est vrai tombe souvent dans le mercantile, essaye constamment d’évoluer et de proposer des titres plus pêchus. Mais la loi du fric est souvent celle qui prévaut et les radios et autres chaînes spécialisées ne passent que les ballades ou les titres radiophoniques, laissant le bon soin à ceux qui ne prennent pas le temps d’écouter un album complet de critiquer, un rictus moqueur au coin des lèvres. Et si Feed the Machine, neuvième album du groupe, n’est pas un chef d’œuvre du genre, ne dérogeant jamais à la règle du commerce, il n’en demeure pas moins un album sympathique et parfois puissant.

Très clairement, cet album se divise en deux parties qui sont mélangées entre elles. En premier lieu, on va voir que Nickelback sait faire du bon gros son bien heavy et n’hésite pas une seule seconde à envoyer du lourd au niveau des riffs. Feed the Machine débute alors l’écoute. Le morceau est long, il dépasse les cinq minutes, mais surtout, il est très agressif. Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas entendu le groupe aussi énervé et en plus des riffs puissants, le refrain est très catchy, rentrant immédiatement dans la tête. Et pour couronner le tout, il y a même un solo de guitare, prouvant que Nickelback n’est pas qu’un groupe pour jeunes filles emmourachées. Coin for the Ferryman, le deuxième titre, est aussi puissant, si ce n’est même plus, jouant sur le même schéma. Chad Kroeger, dont la voix graveleuse est un atout majeur pour la formation, prouve qu’il peut parfois s’énerver de la plus belle des façons, et sans partir dans un chant crié, il propose quelques envolées qui ne sont pas piquées des vers. Parmi les titres relativement puissants, on peut aussi citer For the River, même si le titre demeure plus calme, les riffs restent tout de même lourds, et la rythmique est diablement accrocheuse. Il y a aussi The Betrayal (Act III), qui débute tout calmement avec un duo de guitares avant de partir dans un déluge de puissance avec une ambiance assez oppressante. Bref, on sent que le groupe reste à ses premiers amours et essaye toujours de proposer des titres qui sont moins mercantiles que ceux qui ont fait leur succès.

Mais chassez le naturel, il revient au galop, et Nickelback ne peut s’empêcher de proposer des titres plus ou moins pop et des ballades assez lénifiantes, malgré leur côté touchant qui peut transparaître. Le premier morceau de ce style est Song on Fire. Sans être une purge infâme, on pense immédiatement aux chansons qui ont fait le succès du groupe et rien ne sort d’une zone de confort bien douillette. Le morceau n’est pas désagréable, mais il reste conventionnel et n’est pas forcément transcendant, jusqu’à son refrain à l’eau de rose, que l’on pourra réutiliser dans un teen movie avec une rupture entre le héros et sa nana. A tous les coups, le titre plaira aux jeunes adolescents, mais pas aux rompus du genre qui trouveront plus de satisfaction dans des groupes de métal avec Nothing Else Matters de Metallica et Still Loving You de Scorpions. On peut aussi parler de Must be Nice, qui est plutôt pop rock, avec une rythmique bien scandée qui peut s’avérer accrocheuse, mais qui reste encore une fois trop linéaire malgré un côté country pas désagréable rappelant Black Stone Cherry au tout début du morceau. C’est tout comme Silent Majority qui s’avère un titre sans surprise, que l’on oublie très rapidement, malgré tout le mal que se donne Chad Kroeger pour pousser avec sa voix.

Au final, Feed the Machine n’est pas un mauvais album, bien au contraire, il s’avère même sympathique. On sent très clairement que Nickelback a le cul entre deux chaises. D’un côté, il veut renouer avec le Hard de ses débuts pour marquer le coup, mais d’un autre côté, il aime à revenir aux ballades et autres titres plus commerciaux pour s’assurer un succès auprès des fans indécrottables. Il en résulte un album mi-figue mi-raisin, qui nous laisse tout de même sur une note positive, car malgré tous les quolibets que l’on peut lancer au groupe, ce n’est pas tout le monde qui possède le talent technique de ces musiciens et la voix si particulière de Chad Kroeger.

  1. Feed the Machine
  2. Coin for the Ferryman
  3. Song on Fire
  4. Must be Nice
  5. After the Rain
  6. For the River
  7. Home
  8. The Betrayal (Act III)
  9. Silent Majority
  10. Everytime We’re Together
  11. The Betrayal (Act I)

Note : 14/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=qKgfcd6lqp4[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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