juin 24, 2024

Ava

De : Léa Mysius

Avec Noée Abita, Laure Calamy, Juan Cano, Tamara Cano

Année : 2017

Pays : France

Genre : Drame, Comédie

Résumé :

Ava, 13 ans, est en vacances au bord de l’océan quand elle apprend qu’elle va perdre la vue plus vite que prévu. Sa mère décide de faire comme si de rien n’était pour passer le plus bel été de leur vie. Ava affronte le problème à sa manière. Elle vole un grand chien noir qui appartient à un jeune homme en fuite…

Avis :

Léa Mysius fait partie des nouveaux espoirs du cinéma français. Si « Ava » est son premier film, la jeune femme sortie diplômée de la Fémis en 2014 a déjà un joli parcours, puisqu’elle a déjà tournée trois courts-métrages qui ont été primés dans de nombreux festivals. Elle collabore aussi à plusieurs scénarios, dont le dernier film d’Arnaud Depleschin, ce qui est quand même à noter.

Avec « Ava« , la réalisatrice débarque dans nos salles avec un film aussi intéressant qu’étrange, radical et finalement décevant, tant un sentiment mitigé se fait ressentir à la sortie de la salle. Une fois le générique arrivé, on ne sait trop quoi penser de son « Ava« , tant les bonnes idées, les bons moments, finissent par s’entrechoquer avec des éléments plus dérangeants et ennuyants, et confidence pour confidence, c’est sûrement à travers ces quelques lignes qu’un avis plus clair risque fort bien de se former.

Ava est une jeune fille de treize ans qui est en vacances avec sa mère au bord de l’océan. Ava vient d’apprendre qu’elle va peu à peu perdre la vue et sa mère compte bien lui offrir le plus bel été de sa vie. La jeune fille essaie comme elle peut de prendre conscience de la situation. Cet été-là va être décisif dans la vie d’Ava, et sa rencontre avec un garçon plus vieux qu’elle et un chien va précipiter les choses.

Il va donc être difficile de poser les mots justes sur le premier film de Léa Mysius, car son « Ava » est un œuvre onirique qui sort radicalement des sentiers battus, ce qui est très bien.

D’emblée, la première chose que l’on puisse dire d’ »Ava« , c’est que la réalisatrice a un œil plaisant et qu’ »Ava » détient une ambiance et une patte qui lui est propre, même si par quelques arguments, on peut penser au cinéma de Lucile Hadzihalilovic (autre cinéaste qui a son propre cinéma radical).

« Ava« , c’est deux films en un seul et c’est peut-être de là que vient le sentiment d’insatisfaction.

Divisé en deux grandes parties, la découverte et la fuite, Léa Mysius offre finalement un film assez inégal. La première partie, qu’on appellera la découverte donc, est tout simplement sublime (la photographie et les images sont à tomber par terre tant c’est beau et on notera un énorme travail sur les noirs, les ombres et les côtés sombres du film).

Très vite la réalisatrice nous entraîne dans le quotidien de son héroïne et l’on ressent beaucoup d’empathie pour elle. La réalisatrice traite à la perfection la future cécité d’Ava avec des idées de mise en scène qui sont très touchantes. La réalisatrice arrivera même avec peu de mots, simplement par sa direction d’acteurs, à nous faire ressentir le drame qui se joue et surtout l’appréhension de ce qui arrivera forcément. Léa Mysius arrivera à tout le temps tenir ce côté-là dans son film, et même si la deuxième partie qui relaye la cécité au deuxième, voire troisième plan, est beaucoup moins prenante, dès qu’elle ré-aborde la future cécité d’Ava, le film regagne en intérêt.

Comme je le disais, la réalisatrice arrive aussi à parfaitement parler de ce moment fragile et déroutant qu’est l’adolescence. « Ava« , de ce côté-là, a quelque chose de merveilleux, de pudique, et les premiers émois de cette jeune fille sont la plupart du temps traités avec bienveillance.

Mais voilà, il y a cette deuxième partie, qu’on appellera la fuite, et d’un coup, « Ava » se transforme en un road-movie maladroit qui, s’il a des idées, n’arrivera pas à trouver le charme et la beauté de la première partie.

Moins intéressant, plus cliché, moins subtil, le film ne raconte finalement plus grand chose et tourne en rond. On s’ennuie, on ne sait pas pourquoi la réalisatrice a choisi de nous raconter cette échappée-là et l’on se demande où elle veut en venir. D’ailleurs, elle n’en viendra à rien, nous laissant sur une fin dont on peut en faire ce que l’on veut.

« Ava« , c’est aussi et surtout la révélation Noée Abita, qui incarne avec une belle maturité le personnage principal. La jeune fille est incroyable, même dans les moments les plus ennuyants. Et c’est bien elle qui tient le film sur ses petites épaules, car le reste du casting est loin d’être aussi excellent. Si, Laure Calamy sort du lot, on ne peut pas en dire autant de Juan Cano qui est fadasse et très peu expressif. On ne comprend d’ailleurs pas pourquoi la jeune Ava s’éprend de ce garçon.

« Ava« , c’est donc d’excellentes idées, une première partie sublime, des réflexions et des sujets intéressants. C’est aussi une mise en scène qui laisse imaginer un très bel avenir pour sa réalisatrice. Puis, c’est une actrice incroyable. C’est vraiment dommage que cette deuxième partie soit aussi différente et maladroitement menée.

Note : 08/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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