octobre 6, 2022

La Cité de la Peur

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De : Alain Berberian

Avec Chantal Lauby, Alain Chabat, Dominique Farrugia, Gérard Darmon, Sam Karmann

Année : 1994

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Odile Deray, attachée de presse, vient au Festival de Cannes pour présenter le film « Red is Dead ». Malheureusement, celui-ci est d’une telle faiblesse que personne ne souhaite en faire l’écho. Mais lorsque les projectionnistes du long-métrage en question meurent chacun leur tour dans d’étranges circonstances, « Red is dead » bénéficie d’une incroyable publicité. Serge Karamazov est alors chargé de protéger le nouveau projectionniste du film…

Avis :

Le festival de Cannes est réputé pour son petit côté hype et hors du temps, avec des films en compétition que personne ne verra jamais. Il arrive par fois que quelques films sortent du lot, comme Pulp Fiction ou Drive, mais dans la globalité ; si on est fan de cinéma de genre, on n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Et Les Nuls, durant leur grande époque, avait bien compris le truc et propose en 1994, une parodie des slashers américains durant le festival de Cannes. Profitant de ce moment pour se moquer allégrement des différents films sortant sur la croisette et des pseudos gens dans la mode, hors du contexte socio-culturel et pensant avoir le monopole du bon gout, Les Nuls font faire un film débile, drôle, caustique, délirant et absolument culte aujourd’hui. Mais comment cela est-ce possible, près de 20 ans plus tard qu’un film de genre français soit encore culte ?  C’est ce que nous allons essayer de vous expliquer durant cette petite chronique. Retour en arrière, à Cannes durant le mois de mai 1994.

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Youpi ! Dansons la carioca !

L’histoire est profondément bête, mais on peut se dire pourquoi pas. Après tout, le but n’est pas de faire une histoire crédible, mais plutôt de se moquer d’un genre peu représenté à Cannes et de la seule manière de le mettre en évidence. Les Nuls sont-ils amoureux des films de genre ? On peut le croire, surtout quand on sait qu’un certain Alain Chabat est l’un des victimes du film Baby Blood (Alain Robak, 1989). Quoiqu’il en soit, on commence avec un film dans le film, celui de Red is Dead, présenté au marché des films, et on voit que celui-ci ne marche pas et on comprend pourquoi. C’est alors que le projectionniste est assassiné par le grand méchant du film. Le film commence à se faire entendre, et les meurtres des projectionnistes de ce film se font trucider les uns après les autres. Un inspecteur de Paris est donc envoyé à Cannes pour protéger l’acteur principal du film, Simon, et sa réalisatrice, Odile Deray. Bien entendu, tout cela est tourné en dérision. Les meurtres sont ridicules, mettant en avant des effets sonores incongrus, comme celui du xylophone ou du chat et les répliques, maintenant devenues plus que cultes, fusent à tout va. Et c’est d’ailleurs là que le film fait fort, car la réalisation reste propre, mais n’est pas extraordinaire, tout comme la photographie. Ce qui va plus retenir l’attention, ce sont les situations cocasses, les conneries déblatérées par les protagonistes ou encore toutes les situations loufoques qui rappellent bien évidemment l’univers et les sketchs des Nuls. Qui ne se rappelle pas de La Carioca, cette dans improvisée pour faire patienter les spectateurs juste avant le film ? Qui ne sort jamais cette phrase : je mangerais bien des gencives de porc ! Ou encore : quand je suis content je vomi, et là je suis hyper content ! Ou encore : Vous prendrez bien un whisky Odile ? Au juste un doigt ! Vous ne voulez pas un whisky d’abord ? Et on pourrait continuer comme cela durant un long moment ! Bref, le film a atteint le statut de film culte en France pour une loufoquerie exemplaire, un peu comme les Monty Python par exemple.

Le casting est aussi de haute volée, ce qui prouve bien que certains acteurs français sont prêts à jouer le jeu pour un film d’horreur et qu’il n’y a pas que Philippe Nahon qui peut se permettre ce genre d’écart. Bon, c’est vrai qu’il s’agit d’une grosse comédie, mais quand on voit des seconds couteaux comme Jean-Pierre Bacri, Daniel Gélin, Eddy Mitchell, Tchéky Karyo ou encore Rosanna Arquette, on ne peut que dire bravo ! Mais finalement, on adorera voir le trio des Nuls se régaler dans cette comédie. Chantal Lauby est très énervante et vraiment très conne, et elle le joue à la perfection, Dominique Farrugia est énorme en débile profond qui dégueule de partout, et Alain Chabat est irrésistible en Serge Karamazov, notamment quand il est bourré dans la discothèque. On appréciera aussi le passage avec Valérie Lemercier, complètement à côté de ses pompes et vraiment drôle ou encore Sam Karmann qui demeure vraiment grossier en tueur masqué et sa raison de tuer et vraiment ridicule. Mais le top du top, c’est vraiment Gérard Darmon, qui prend un pied monstrueux à jouer dans ce film et qui en fait des tonnes, assumant le côté beauf du personnage. Bref, tout ce petit monde prend un plaisir monstre à jouer dans ce film et ce plaisir est communicatif aux spectateurs. Mais ce qui est le plus fort, c’est que le film n’est pas avare en référence, comme pour Terminator ou Evil Dead et on sent un profond respect et amour pour ce genre dans le film. Bien évidemment, il n’y a pas d’effets gores, et on retrouvera les espiègleries de plusieurs sketchs des Nuls comme les coups des chats ou encore Mizou-Mizou du regretté Bruno Carette.

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Vous avez un morceau de patate là !

Au final, La Cité de la Peur fait partie des ces incunables de la comédie française. Loufoque, parfois débile, mais aux multiples répliques devenues cultes et que l’on ressort encore aujourd’hui, le film n’a pas pris la moindre ride. Respectueux d’un genre tout en s’en moquant, il n’y avait que l’ouverture d’esprit des Nuls pour faire ça. Bref, une régalade et un plaisir toujours aussi intense de le revoir. On ne peut pas tromper mille fois une personne, mais on peut tromper mille personnes une fois… non, ce n’est pas ça… On peut tromper mille personnes une fois, mais on ne peut pas tromper une personne mille fois… Je n’y arriverais jamais !!!

Note : 18/20

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=JLtyYPQBeFc[/youtube]

Par AqME

316356_10201093379436910_1464413393_nNote de Trasher: 20/20 On ne peut pas tromper mille fois une personne mais on peut tromper 1000 fois 1000 personnes!

ServalNote de Serval: 16/20

cobra-original-1-290x290Note de Casey Slyback: 18/20 Une des meilleures comédies françaises réalisées à ce jour!

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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Une réflexion sur « La Cité de la Peur »

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