octobre 21, 2021

The Mist

De : Frank Darabont

Avec Thomas Jane, Marcia Gay Harden, Laurie Holden, Andre Braugher

Année : 2008

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Tandis qu’une brume étrange semble envelopper une petite ville du Maine, David Drayton et son jeune fils Billy se retrouvent pris au piège dans un supermarché, en compagnie d’autres habitants terrorisés. David ne tarde pas à s’apercevoir que le brouillard est peuplé d’inquiétantes créatures…
Leur seule chance à tous de s’en sortir consiste à s’unir. Mais est-ce possible quand on connaît la nature humaine ? Alors que certains cèdent à la panique, David se demande ce qui est le plus effrayant : les monstres qui rôdent dans la brume ou ses semblables réfugiés dans le supermarché ?

Avis :

Frank Darabont est un réalisateur qui s’est illustré en seulement quatre films et n’a, pour l’instant, commis aucun faute. Ouvrant sa carrière sur un quasi-chef d’œuvre, « Les évadés« , il a par la suite réalisé « La ligne verte » qui reste à ce jour son plus aimé, « The Majestic« , qui reste quant à lui, son moins connu et enfin « The Mist« . Depuis, Frank Darabont s’est attardé sur la production de la série à succès « The Walking Dead » et c’est avec beaucoup de curiosité qu’on fantasme un retour de Darabont sur le grand écran. Malheureusement, ce n’est pas pour tout de suite.

Le jour où j’ai découvert « The Mist« , adaptation du roman de Stephen King du même nom, je dois dire que je me suis pris une sacrée claque. Une ambiance glaçante et terrifiante, une étude de l’âme des hommes et de leur peur fascinante et surtout, un final au goût de traumatisme… Avec ce dernier métrage, Frank Darabont nous offrait un film sans concession, qui n’était pas prêt de quitter les mémoires.

Mais aujourd’hui, c’est avec un immense plaisir et une surprise totale que je vais m’arrêter sur « The Mist« , mais pas dans sa version classique. Trouvable sur l’édition double DVD, il existe une version noir et blanc du film de Frank Darabont et alors que j’étais assez dubitatif sur la nécessité de cette version, c’est avec la plus grande des surprises que j’ai découvert un tout autre film. Un film plus tendu, plus injuste, plus effrayant, plus dur, plus sombre et toujours sans issue. Un film incroyable, qui détient l’âme des films d’horreur des années 50. Avec cette version, Frank Darabont réinvente totalement son « The Mist » et c’est de manière incroyable, presque orgasmique, que j’ai redécouvert « The Mist » et je ne voudrais plus jamais le voir autrement.

Un matin après une nuit de tempête qui a fait de gros dégâts, David et son fils se rendent au supermarché de la ville afin de faire quelques provisions, histoire de voir venir. Mais une fois arrivé sur place, alors que le caddie est plein et qu’ils font la queue en caisse, les alarmes de la ville retentissent. Un homme arrive, affolé, le nez ensanglanté. Un brouillard épais envahit la ville et cet homme affirme à qui veut bien l’entendre que quelque chose de terrifiant se cache dans la brume.

Avant de revenir sur la version noir et blanc de « The Mist« , je préfère tout d’abord m’arrêter sur l’incroyable scénario du film de Frank Darabont. « The Mist« , c’est une étude intelligente de la peur et des moyens qu’on trouve pour l’affronter. Film baignant aussi bien dans le fantastique que le film de terreur ou le drame humain, Frank Darabont nous offre avant tout un huis-clos incroyable qui va être le théâtre passionnant de la renaissance d’une « société ».

C’est là, enfermé et piégé dans un supermarché, que « The Mist » va se jouer. Si les rebondissements et les sorties de fortune sont prenants, bien orchestrés et apportent toujours quelque chose en plus, si les attaques par des monstres indéfinis offrent leurs lots de frissons et de terreur à la fois (des monstres dont le scénario gardera génialement une certaine part de mystère quant à leur venue et leur existence, afin qu’on puisse en déduire un peu ce que l’on veut au gré de notre imagination), c’est bien dans ce magasin que le film et le génie de Darabont vont œuvrer. La peur, ou plutôt la terreur, fait faire bien des choix et c’est avec tous ses personnages que Frank Darabont va l’analyser en profondeur. Ici, toutes sortes de gens sont rassemblées malgré eux et le scénario laisse de très belles places pour exprimer les désirs et les souffrances. Parfaitement tenu, le combat à la vie à la mort qui se joue est passionnant de bout en bout. La survie accompagne l’espoir, fait face au désespoir et l’incompréhension. Le film apporte des réflexions intéressantes sur l’acceptation du sort, les décisions qui doivent être prises. Le film questionne sur la fin du monde, l’orgueil et la vanité. Il fait s’affronter les optimistes et les pessimistes. Ceux qui suivent et acceptent, ceux qui se rebellent et veulent croire. Leader, accompagnant, décidant et « moutons » se livrent une bataille sadique et malsaine dans les allées de ce magasin.

La peur fera aller chercher des réponses dans le religieux ou le rationnel. Cette même peur radicalisera certains et obligera d’autres à fuir. Les réactions sont humaines et crédibles. Certaines vont toucher, même bouleverser comme rarement, quand d’autres vont énerver au plus haut point (mention plus que spéciale à Marcia Gay Harden qui détient là la palme d’or du personnage le plus énervant du monde !). On s’arrête sur le fait que « The Mist » détient un casting parfait où chaque acteur, en plus d’être excellent, trouve sa place et sert l’intrigue. Un casting joliment peuplé par ailleurs.

Bref, Frank Darabont passionne à tout instant dans ses thèmes et la façon radicale qu’il a de les mettre en images, quitte à caricaturer quelque peu afin de bien accepter certaines choses. Il tient son scénario jusqu’au bout et nous l’emmène jusqu’à un film qui prend son public en otage et qui le poursuit longtemps après son visionnage.

« The Mist« , c’est aussi un film à la mise en scène soignée. Un film qui appuie aussi bien le fantastique que la terreur en offrant des moments de tension palpable, comme les scènes dans la pharmacie ou encore le final dans une voiture, tout comme il est capable aussi de merveilleux et d’intrigue (La première scène des incestes par exemple). Et enfin, il est aussi capable de jouer sur le drame, horrible, agaçant, perfide et sans aucune issue. Un drame bouleversant et d’une injustice foudroyante.

La version en couleur était un excellent film qui avait tout pour lui et à aucun moment, je n’aurais pu imaginer le voir autrement.

Puis il y a cette version noir et blanc. Et si la version en couleur est superbe, ce noir et blanc offre à « The Mist » les clefs du panthéon des chefs-d’œuvre du fantastique.

Baignant dans une ambiance d’épouvante qui rappelle celle des films des années 50, Frank Darabont, en passant au noir et blanc, joue bien plus sur le champ de vision de ses personnages. Il joue sur ce qui se cache dans la brume ou dans les recoins noirs du peu d’endroits que les personnages découvrent. Ce noir et blanc apporte en plus un sentiment d’arrêt du temps et de la vie et angoisse d’emblée. C’est flagrant même, car dès l’ouverture, ce n’est plus le même film. Cette version nous immerge et nous bloque avec ses personnages. Elle nous fait redécouvrir certains passages tout à fait autrement et l’on s’amuse à chercher bien plus dans cette brume les dangers, qui, sans couleurs, apparaît comme encore plus épaisse et sans merci. Et enfin, petit plus, cette version atténue les effets du temps sur ses effets spéciaux qui vieillissent bien mieux.

Il y a presque dix maintenant, je me prenais une claque en découvrant « The Mist« . Aujourd’hui, je m’en prends une nouvelle et elle est bien plus grande et surprenante que la première, car elle fait office de redécouverte totale, alors même que le film était très bien scellé dans ma mémoire.

Cette version noir et blanc est tout simplement bluffante et alors que la version couleur reste l’officielle, c’est bien cette version noir et blanc qui primera maintenant. Et c’est bien celle-ci que je conseillerais encore et encore.

Alors, allez-y, n’hésitez plus. Seul petit hic, elle n’existe qu’en version DVD, aucun Blu-ray pour l’instant.

Note : 19/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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