septembre 28, 2022

Zero Hour

D’Après une Idée de : Paul T. Scheuring, Lorenzo Di Bonaventura, Dan McDermott

Avec Anthony Edwards, Jacinda Barrett, Addison Timlin, Scott Michael Foster

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller

Nombre d’Episodes: 13

Résumé:

En tant qu’éditeur du magazine « Modern Skeptic », Hank Foley consacre sa vie a débusquer des indices, élucider des mythes et même révéler au grand jour des complots. Mais lorsque sa jeune épouse est kidnappée pour d’obscures raisons, il s’embarque dans l’une des plus mystérieuses aventures de l’histoire de l’humanité. Une carte au trésor cachée dans une vieille montre qu’elle détenait pourrait mener à une découverte cataclysmique. Hank doit déchiffrer les énigmes, les symboles et autres secrets que renferment cette carte, avant que les réponses ne tombent entre de mauvaises mains. Avec l’aide de deux jeunes associés et d’un agent du FBI, il s’engage dans une véritable course contre la montre pour retrouver sa femme et sauver l’humanité d’une gigantesque conspiration.

Avis :

Chaque année, le nombre de séries à sortir sur les écrans est toujours plus conséquent. Il n’est pas rare que certaines d’entre elles passent inaperçues et, par conséquent, se voient annulées au terme de leur première saison. Quand ce n’est pas des coûts de production trop lourds (Terra Nova), on argue souvent le manque d’audience pour légitimer leur arrêt. S’il s’agit d’une justification plus ou moins avérée, il n’en demeure pas moins que les explications restent évasives et jamais approfondies. Aussi, il est intéressant de découvrir une intrigue dans son ensemble pour mieux comprendre ce qui a rebuté les spectateurs. Zero Hour a-t-il mérité de sombrer dans l’oubli ?

Le manque d’informations ou certains tenants de son scénario auraient pu laisser penser à une incursion dans le fantastique. Or, il n’en est rien. Derrière son titre énigmatique se cache en réalité un thriller ésotérique. Trop rarement porté sur les écrans, et ce, de manière satisfaisante, le genre peine à conquérir le cinéma ou la télévision. En cause ? Une vision restreinte du potentiel et des intentions mercantiles peu portées sur la cohérence des intrigues respectives. En somme, Zero Hour possède tous les ingrédients propres à ce type de récits, mais il les régurgite maladroitement, sans se soucier d’une progression crédible et entraînante.

Certes, l’on débute avec un mystère qui remonte à la Seconde Guerre Mondiale. La suprématie du IIIe Reich et la lutte de l’église à conserver un secret ancestral forment un excellent point de départ. En ce sens, certains pans historiques étant suffisamment flous pour laisser libre cours à toute sorte d’hypothèses. Expérience scientifique, occultisme, prophéties ? Le contexte est posé avant de revenir à notre époque. Dès lors, on joue de ficelles assez grosses pour entamer une chasse au trésor contre la montre. À chaque épisode correspond la quête d’une horloge. Au nombre de douze, celles-ci sont censées protéger une révélation capable d’ébranler les fondements de l’église et de provoquer la fin des temps. Rien que ça !

Si le rythme est enlevé et le cadre des plus variés (Europe, Inde, Arctique…), les premiers épisodes se montrent rapidement redondants. La faute à un schéma identique qui revient sans jamais vraiment se renouveler. Les retournements de situations sont attendus et exposent les limites du scénario qui ne parvient guère à convaincre. En milieu de parcours, on oublie carrément la quête des horloges pour amorcer la seconde partie de la série avant d’y revenir et de l’expédier d’une manière aussi commode qu’alambiquée. La carte du suspense n’est guère le moteur de l’intrigue, car elle est jouée de façon aléatoire et sans grandes persuasions.

En plus d’une inconstance rare, prétexte à quelques affrontements pas toujours nécessaires, Zero Hour maîtrise mal son sujet. L’aspect théologique n’a de valeur que pour soutenir des propos ésotériques douteux, où l’histoire et les progrès de la science sont étroitement liés. Entre des allers-retours inutiles, des imprécisions narratives, des paradoxes temporels et une évolution décousue au possible, il est difficile d’y trouver un intérêt notable sur le long terme, même pour suivre treize épisodes. D’ailleurs, en prenant garde aux époques évoquées, certains faits pour les rapprocher se contredisent ou surviennent sans une explication acceptable.

Tout cela reste confus, à tel point que les intentions des différents intervenants sont, au mieux, fluctuantes ; au pire, incohérentes. L’avènement de l’Apocalypse ? Sauver l’héritage du Christ ou lui redonner la place qui lui est due ? Quid du clonage humain ou des expériences nazies ? À force de ne plus trop savoir quoi raconter, l’intrigue se perd elle-même dans un discours informe qui lorgne dangereusement vers une symbolique christique bancale et grossière. Bande-son monacale, cadrage encenseur et ralentis à l’appui ! L’éloge de la religion et l’interprétation stricto sensu des « saintes Écritures » vient polluer une fin de parcours déjà chaotique et poussive. De là à dire que l’histoire sombre dans le ridicule et la facilité, il n’y a qu’un pas…

Ce n’est pas avec Zero Hour que le thriller ésotérique se portera mieux sur grand ou petit écran. Malgré une certaine dynamique dans les premiers épisodes et une base intéressante, la série pâtit d’un scénario limité et brouillon qui s’étiole trop vite. Pour autant, cela n’empêche pas de remarquer des incohérences en pagaille au gré d’une progression laborieuse, et ce, en dépit d’intermèdes notables dans les années 1940. On peut également reprocher des lignes de dialogues peu enthousiastes et une caractérisation sans relief. Au vu de ses trop nombreuses errances, il est malheureusement compréhensible que Zero Hour se soit arrêté d’une manière aussi abrupte ; quand bien même la conclusion se suffit à elle-même.

Note : 08/20

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Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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