juin 25, 2024

Kingdom of Heaven

De : Ridley Scott

Avec Orlando Bloom, Liam Neeson, David Thewlis, Eva Green

Année: 2005

Pays: Etats-Unis, Angleterre, Espagne, Allemagne

Genre: Historique

Résumé:

L’aventure extraordinaire d’un homme ordinaire, précipité dans un conflit qui va durer des décennies : les croisades.
Etranger sur une terre qui lui est étrangère, il va servir un roi condamné, s’éprendre d’une troublante et inaccessible reine avant d’être fait chevalier.
Il lui faudra protéger les habitants de Jérusalem, dont une immense armée a entrepris le siège, sans jamais cesser de lutter pour maintenir une paix fragile…

Avis:

Est-ce le fait que Ridley Scott ait trouvé un immense succès quelques années plus tôt avec « Gladiator » qu’il se lance de nouveau dans un péplum démesuré ? Ou alors est-ce le fait que ses derniers films trouvent un succès plus relatif que le réalisateur a décidé de se lancer de nouveau dans un péplum, genre qu’il a quelque peu ressuscité ? Quoi qu’il en soit, pour son cinquième film des années 2000, Ridley Scott nous offre « Kingdom of Heaven« , film qui sera un échec à sa sortie en salle dans sa version de deux heures vingt-cinq, mais qui sera réhabilité, et même transformé, avec sa version director’s cut d’un peu plus de trois heures. Donc pour savourer pleinement ce film, il faut oublier sa version coupée.

Nouveau péplum pour Ridley Scott et après l’empire romain, cette fois-ci le réalisateur anglais déplace sa caméra au temps des croisés.

Au départ, Scott devait faire un film sur la guerre de Tripoli, mais alors que le projet est plus qu’avancé, il tombe finalement à l’eau. William Monahan qui avait écrit le scénario de « Tripoli« , propose alors à Ridley Scott celui de « Kingdom of Heaven » qu’il vient d’achever et ça tombe très bien, car Scott va en faire un excellent film. Un film aussi passionnant que visuellement époustouflant.

À la fin du XIIème siècle, un groupe d’hommes vient dans un petit village trouver un forgeron du nom de Balian. Ce dernier est le fils bâtard de Godefroy d’Ibelin. Balian qui vient de perdre sa femme, rejoint alors son père pour partir à Jérusalem où ce dernier possède des terres.

À Jérusalem, une trêve fragile est mise en place depuis des années entre les chrétiens et les musulmans. Cette trêve est le fruit du Roi lépreux Baudouin IV et du Seigneur Saladin. Mais cette trêve n’est pas du goût de tout le monde et une guerre sommeille. Balian, une fois à Jérusalem, jure fidélité au Roi Baudouin IV. Une fidélité qui va amener le jeune forgeron à défendre la ville sainte et surtout ses habitants.

« Kingdom of Heaven » est un film plus complexe qu’il n’en a l’air au premier abord. Alors qu’il aurait pu faire un film de guerre, entre chrétiens et musulmans, Ridley Scott et William Monahan ont choisi de faire un film plus politique qui explique bien la tension qui règne à l’époque, et la fragilité de cette paix qui, on le sait, sera brisée une fois le Roi Baudouin IV décédé.

Si les scènes de batailles restent extraordinaires et offrent ce que le public est aussi venu chercher, si la défense de Jérusalem est belle, intense et maîtrisée, comme on avait envie de le voir, le cœur et tout l’intérêt de « Kingdom Of Heaven » est bien en amont.

Oui, le plus passionnant avec ce film, c’est la politique que nous présente Ridley Scott au travers des différents personnages. C’est la montée des tensions, la découverte de Jérusalem ou encore l’espoir de paix et de bienveillance du Roi Baudouin IV. Le film est très riche, trahisons, provocations, incompréhensions et haine, peur de l’autre, mais aussi compassion sont au programme de « Kingdom of Heaven » et le tout est abordé avec complexité et dans un sens, imprévisibilité.

Ridley Scott prend parfaitement le temps de nous expliquer ceci avec sa version director’s cut, puisque sur les trois heures que va durer le film, cette partie va facilement durer deux bonnes heures.

Grâce à une reconstitution millimétrée, Ridley Scott nous plonge totalement dans cette ambiance et tout devient intéressant. De plus, Ridley Scott ne prend pas parti sur qui est bon ou qui est mauvais, chrétiens comme musulmans font des fautes et cette paix si précieuse n’est pas du goût de certains, de part et d’autre.

« Kingdom of Heaven » peut aussi s’apparenter à un parcours initiatique. Un forgeron lambda, bâtard d’un homme haut placé, devient peu à peu le seul et véritable protecteur du peuple. Il y a une belle force de narration qui se dégage de ce parcours et l’on est touché par son héros. Un héros bien campé par Orlando Bloom, qui tient là l’un de ses rôles les plus forts des années 2000.

« Kingdom of Heaven« , c’est aussi une mise en scène très inspirée de la part de Ridley Scott qui ne néglige rien. Parfaite dans chaque tableau qu’elle peint, on prend autant de plaisir à suivre et regarder les scènes d’exposition en France, que les scènes scotchantes du naufrage, que la découverte de Jérusalem et de sa culture, que la bataille finale. Ridley Scott nous offre du beau, du grand et de l’intense. Une intensité qui trouve sa puissance uniquement dans sa version longue, car dans la version cinéma, le film est particulièrement édulcoré et passe d’une scène à l’autre parfois sans grande cohérence.

Enfin, en plus d’Orlando Bloom, « Kingdom of Heaven » est bourré d’acteurs parfaits et d’un casting impressionnant. Eva Green est sublime, Marton Csokas et Brendan Gleeson sont détestables au possible et assument très bien leur rôle. Liam Neeson est vite expédié, mais il est parfait. On trouve aussi Jeremy Irons, David Thewlis, Alexander Siddig, Michael Sheen. Pour le côté chauvin, on notera la présence d’Eric Ebouaney. Et pour les fans de « Game of Thrones« , notez aussi la présence de Nikolaj Coster-Waldau.

Passionnant, en permanence intéressant, aucun temps mort à prévoir alors même que le film dépasse les deux heures. Précis, maîtrisé, cohérent, mais aussi démesuré, spectaculaire dans sa mise en scène, « Kingdom of Heaven » est un excellent métrage signé Ridley Scott.

Note : 16,5/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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