août 10, 2022

A Armes Egales

Titre Original : G.I. Jane

De : Ridley Scott

Avec Demi Moore, Viggo Mortensen, Anne Bancroft, Jason Beghe

Année : 1998

Pays : Etats-Unis

Genre : Action, Drame

Résumé :

Jordan O’Neil, lieutenant dans la section renseignement de la marine, aspire à gravir les échelons de la hiérarchie militaire et rêve d’être affectée dans une unité combattante. Seulement c’est une femme et le sexisme est de règle dans l’armée américaine. Grâce à l’appui intéressé du sénateur Lillian DeHaven, elle rejoint le corps d’élite des Seals pour y passer les tests d’incorporation. Plus que les marches forcées et les insultes, le combat qu’elle va devoir livrer contre la jalousie, les trahisons et les intérêts politiques est un véritable défi.

Avis :

Après avoir parfaitement commencé les années 90 avec des films tels que « Telma & Louise » ou encore « 1492 Christoph Colomb« , Ridley Scott s’attaque à la deuxième partie de la décennie avec moins de verve. « Lame de fond« , même si le film véhicule de beaux messages, s’avère être assez mineur dans la carrière du réalisateur. Très appréciable à chacune des visions qu’on fait du film, on reste toutefois assez loin des films que Ridley Scott a su offrir dans ces années 90 et ce n’est pas avec « À armes égales » que le réalisateur va remonter le niveau.

Dernier film de Ridley Scott pour la décennie 90, « À armes égales » est un film intéressant, porté par un sujet excellent. Si le film reste intéressant de par le sujet qu’il aborde, une femme intègre l’entraînement du corps des marines des États-Unis, c’est avec regret que le film de Ridley Scott apparaît comme surfait, sans surprise, évident et finalement très facile. Après le divertissement est au rendez-vous, mais c’est bel et bien les cendres de ce qu’aurait pu être cet « À armes égales » qui nous apparaissent au final.

Le corps des Marines des États-Unis est un corps réservé aux hommes. Mais ce n’est pas l’avis du Sénateur Lilian DeHaven qui après des procédures judiciaires, obtient un essai. Elle doit trouver une femme qui peut réussir l’entrainement des Marines. Une femme qui soit de la pierre dans un gant de velours. Et cette femme, elle a fini par la trouver en la personne du lieutenant Jordan O’Neil. O’Neil entre donc dans le corps des Marines pour ce qui est l’un des entraînements les plus durs au monde. Sur place, elle va devoir affronter l’ego piqué à vif de ses collègues et surtout de sa hiérarchie. Ne lui faisant aucun cadeau, dans l’espoir qu’elle ne passe pas la première semaine, contre toute attente, il se trouve que le Lieutenant O’Neil s’en sort bien, très bien même…

« À armes égales« , c’est le genre de film qui se laisse regarder, et même apprécier malgré ses défauts.

Ici, Ridley Scott se lance dans un film féministe et tient là un très bon sujet : oui les femmes peuvent faire l’armée. L’idée de faire un film féministe dans un univers de mecs et macho, pour mieux faire ressortir la femme était très bien vu et « À armes égales » avait bien des ingrédients pour être un grand film. Mais malheureusement, malgré la prestation assez bluffante d’une Demi Moore à contre-courant et tout à fait surprenante de crédibilité, « À armes égales » reste un film qui n’ira jamais au bout de lui-même, offrant un spectacle, certes efficace, mais bien loin de ce qu’on pouvait attendre de la part du réalisateur de « Blade Runner« , « Alien » ou autre « Thelma & Louise« .

Ici tout est très linéaire, le scénario reste très simple, tout est évident, un peu comme si l’enchaînement des événements ne pouvaient se passer autrement (même la BO de Trevor Jones est sans surprise et pile comme il était convenu qu’elle soit). Il y aura bien quelques scènes un peu ardues, mais là encore, c’est sans aucune surprise qu’elles arrivent et là encore, c’est presque la suite logique de ce qui devait arriver au personnage. Ridley Scott ne s’aventure pas sur le terrain du risque. Il reste droit dans ses bottes, un peu comme le traitement qui est réservé au personnage d’O’Neil dans la première partie.

Puis, ce qui est frustrant avec « À armes égales« , c’est que malgré ce côté trop convenu et sans surprise, le film fonctionne bien et s’avère plutôt efficace dans son divertissement. La réalisation reste rythmée et cohérente (hormis le final, qui est quelque peu tiré par les cheveux et tombe là encore dans la facilité, afin de démontrer quelque chose). On se prend aussi pour le personnage, malgré des côtés clichés.

Reste toutefois le fait que Ridley Scott aborde de bonnes manières le sexisme et pas seulement dans l’armée, puisque l’espace de quelques scènes, le réalisateur aborde ce thème de manière plus générale, le posant dans la vie de tous les jours. Il pointe les différentes évolutions de carrières entre hommes et femmes et ira même jusqu’à un petit retournement de situation, qui est bien le seul élément surprenant de son film. Un élément qui amènera à un dialogue prenant et une bonne réflexion sur ce que l’on veut, et surtout ce que l’opinion publique est prête à accepter ou non.

« À armes égales » est donc un petit Ridley Scott qui a pourtant des arguments pour lui, et principalement le fait que le film soit efficace, malgré tous les côtés convenus. Malgré tout ça, « À armes égales » reste divertissant et détient de bons moments d’action. De plus, et c’est peut-être ce qui est le meilleur dans le film, c’est qu’il est tenu par une Demi Moore étonnante. L’actrice a osé prendre des risques et c’est bien elle qui s’en sort haut la main et rien que pour ça, « À armes égales » mérite qu’on s’y arrête.

Note : 13/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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