janvier 16, 2022

Jack Frost

De : Michael Cooney

Avec Scott MacDonald, Christopher Allport, Stephen Mendel, Shannon Elizabeth

Année: 1997

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Un tueur en série réussit à passer son esprit et son âme dans un bonhomme de neige. Il va pouvoir continuer à tuer sous les trains d’un abominable bonhomme de neige…

Avis :

Au-delà des films familiaux et autres métrages fleurant les bons sentiments, les amateurs de cinéma de genre ont également droit à leurs petits cadeaux de Noël. Seulement, ils sont bien mal lotis avec une qualité nettement plus discutable. En général, on se contente de diaboliser le père Noël (Douce nuit, sanglante nuit) ou de se servir uniquement du contexte comme décor de fond. Avec Jack Frost, on ne revisite pas l’histoire du personnage issu du folklore anglo-saxon, mais on suit le carnage d’un tueur en série devenu un bonhomme de neige lors de son transfert. Etant donné l’absurdité flagrante d’un tel pitch, difficile de nourrir de grands espoirs pour dégotter un slasher honnête.

Au vu de l’affiche, on aurait pu craindre d’immondes effets numériques. Le film datant de 20 ans, le résultat aurait pu faire peur. Seulement, l’on se rend bien compte que la trogne de notre psychopathe gonflé à bloc n’a rien à voir. On se rapproche davantage de l’image idéalisée que l’on véhicule sans cesse croisé avec le Bibendum. Une boule de neige avec une carotte en guise de nez et des morceaux de charbon pour les yeux et les boutons. Un costume assez grotesque qui ne facilite guère les mouvements et les déplacements du bonhomme. Il glisse littéralement sur le sol et agite les bras à la manière d’un automate mécanique. Mais cette apparence pathétique dissimule bien pire…

La chose en question se révèle un véritable boute-en-train qui se contente de froncer les sourcils et s’improvise ventriloque quand il décide de taper la causette. Et pourtant, on se serait bien passé de ces lignes de dialogues aussi épaisses qu’une lame de rasoir, en moins tranchantes également. Le but principal de Jack Frost est de dézinguer tout ce qui bouge (ou demeure paralysé par tant d’idioties) en sortant des jeux de mots douteux sur le froid, l’eau et tout ce qui a trait aux fêtes de fin d’année. Un exemple ? « Ça me laisse froid ! » « Tu oublies ton cache-nez ! » Autant dire que cet aspect faussement comique ne prend guère. Si le réalisateur s’appuie sur le contraste entre l’horreur et l’autodérision, l’effet escompté jette un froid. (Autant se mettre à niveau !)

Derrière un mauvais scénario bien loin de vouloir tenir la dragée haute aux ténors du genre (Jason, Michael Myers, Freddy et compagnie…), Jack Frost joue les trublions d’un soir. Moins d’une dizaine de meurtres pas très originaux qui s’aligne surtout en fin de parcours. Ceux-ci se montrent très expéditifs et d’une rare bêtise. La scène du viol dans la baignoire, l’empalement par un pic de glace ou crever la tête dans les décorations de Noël avec une boule en guise de bâillons… Autant de réjouissances qui ne méritent guère le semblant d’intérêt qu’on veuille bien leur accorder. Tout cela est bien sûr accompagné de faux raccords, de hors-champ ignobles et d’une vue subjective de la caméra exaspérante à plus d’un titre.

Et cela sans compter un final qui finit de plomber un métrage bas de gamme dans les affres de l’absurdité. La traque se révèle d’une inconstance rare. On inverse régulièrement le rapport de forces par quelques pirouettes dont seul le scénariste a le secret pour amener à des séquences rocambolesques. Les passages avec le sèche-cheveux ou la remorque d’antigel offrent un excellent aperçu de la gravité de la situation. Ou comment s’enfoncer vers la comédie potache sans parvenir à conquérir un public désabusé par ce déferlement de stupidités sans bornes. Il serait même bien difficile d’apprécier Jack Frost à la manière d’un nanar tant on sent des motivations tout autres de la part du réalisateur.

Au final, Jack Frost est un slasher des années 1990 qui souffle surtout le froid plutôt que le chaud. On le serait à moins en pareilles circonstances, mais plus sérieusement, il ne propose guère un spectacle regardable. Outre un scénario remisé au stade de prétexte ridicule, on nous inflige une succession de séquences idiotes et d’une rare vacuité pour mieux se complaire dans une nullité glaciale. Les meurtres ne rattrapent guère l’ensemble et, pour ce qui est de voir quelques actrices aguicheuses, on passe également son chemin. Difficile d’en retirer quoi que ce soit tant le film sombre progressivement vers une farce à moitié assumée. Des blagues lourdes aux services d’un boogeyman transparent non moins débile.

Note : 02/20

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Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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