mai 16, 2021

La Disparition d’Eleanor Rigby – Elle

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Titre Original : The Disappearance of Eleanor Rigby : Her

De: Ned Benson

Avec James McAvoy, Jessica Chastain, Nina Arianda, Viola Davis

Année : 2014

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame, Romance

Résumé :

Eleanor aime Conor, et Conor aime Eleanor. Que se passe-t-il lorsqu’un couple vivant en parfaite harmonie se retrouve soudain confronté à un événement tragique? Les deux films composant The Disappearance of Eleanor Rigby racontent la même histoire d’amour, adoptant le point de vue de Conor dans Him et celui d’Eleanor dans Her, se renvoyant l’un à l’autre et s’emboîtant comme les pièces d’un puzzle.

Avis :

Ned Benson, trente-sept ans au moment de la sortie de ses films, débarque non pas avec un premier film, mais biens trois films d’un coup. Étant sur un concept original, le réalisateur nous raconte la perte d’un enfant et surtout les dégâts que cette perte peut avoir sur un couple. Pour nous raconter ce drame, le réalisateur va alors nous présenter trois points de vue, celui de sa mère, celui de son père et celui du couple.

Si le film consacré aux réactions et à la reconstruction du personnage de Conor joué par James McAvoy fut fort en émotion, ce film sur Eleanor, incarné par la sublime Jessica Chastain, sera tout aussi beau, même si on constatera que le film est moins intense. Avec ce nouveau film, le réalisateur réinvente son histoire en offrant un métrage qui ressemble au segment sur lui, tout en étant diablement différent, puisque cette fois-ci, c’est Jessica Chastain que l’on va suivre partout. « La disparation d’Eleanor Rigby : Elle » sera donc aussi pertinent et intéressant que  » … Lui » et répondra en grande partie aux questions que l’on avait pu se poser avec le premier film.

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Eleanor vient à perdre son fils il y a quelques mois. L’épreuve est dure et la jeune femme ne voit pas comment continuer. Après avoir quitté son mari, elle tente de se suicider en se jetant d’un pont. L’acte sera manqué. Ne voulant pas retourner chez elle, elle réaménage chez ses parents. Entourée des siens, elle essaie de vivre ou plutôt de survivre. Pour repartir à zéro, la jeune femme change look et reprend ses études. Mais après quelques mois, son passé la rattrape, notamment avec l’arrivée de son ex-mari qui arrive par la retrouver.

C’est donc un film bien différent que nous offre-là Ned Benson. Si du côté de Conor, la souffrance était étouffée, du côté d’Eleanor, elle est bien plus visible. Comment survivre à la mort de son enfant ? Pour Conor, c’est d’essayer de vivre et s’enfermer dans son travail et avec ses amis, afin d’avoir l’esprit occupé. Pour Eleanor, c’est n’est pas tout à fait la même chose, puisque la jeune femme s’enferme chez ses proches dans un premier temps, puis décide de changer du tout au tout, afin d’oublier la douleur, mais ce ne sera qu’un rempart éphémère comme on s’en doute.

Le scénario est toujours aussi près de ses personnages et se trouve être cohérent dans les différentes approches qu’il fait. Une fois que l’on aura vu l’un des films, il sera bien impossible de ne pas les comparer, tant les films se complètent entre eux. Parfaitement imaginé et écrit, l’intrigue fait des allers-retours entre des scènes que l’on connaît déjà, car vu dans le segment sur « … Lui« . Bien que c’est aussi des scènes que l’on redécouvre, car le réalisateur voulant montrer les différents ressentis, les différentes douleurs de ses personnages, changent quelques petits détails dans les scènes que les personnages ont en commun. Des petits détails qui résonnent comme autant de différences de survivre à ce deuil. Quelle est la véritable version, on ne le saura pas et peut-être même que chacune des versions est la bonne, peut-être encore que chacun des versions est l’identifiant du ressenti et du souvenir du personnage à ce moment. Et la recherche de la bonne version n’est finalement pas importante, car ici, seules les émotions et les ressentis comptent vraiment.

Le film apporte aussi de nouvelles scènes dites neuves, puisque l’on découvre aussi les quotidiens de chacun des personnages. Là encore, le film est intéressant et touchant, car ces nouvelles scènes viennent compléter un ensemble d’émotions et finalement, quand on découvre ces nouveaux moments, cette nouvelle vision, les deux films et surement le troisième, résonnent comme un tableau qui fonctionne pleinement quand on en connaît tous les évènements et les mystères. Les films, du moins pour les deux premiers, se répondent entre eux et offrent un futur à ses personnages qu’on a hâte de découvrir avec le troisième segment centré sur « … Eux« . Bref, Ned Benson étonne par la logique et la cohérence de son œuvre qui tout en nous racontant la même chose, offre quelque chose de très différent.

Ce segment met la sublime Jessica Chastain en relief et l’actrice est magnifique. Touchante, talentueuse, elle tient-là un beau personnage qu’elle tire vers le haut et l’on en est d’autant plus touché. On pourra simplement reprocher qu’elle ne soit pas aussi touchante que le personnage qu’incarne James McAvoy. Alors que lui est bouleversant, elle n’est que touchante. Peut-être est-elle parfois enfermée dans le trop et finalement à force de douleur (légitime bien sûr), elle bouleversera moins que l’étouffement qui reste coincé chez le personnage de Conor. Mais bon, tout est affaire de sensibilité aussi et peut être que ce personnage admirablement tenu par la grande Chastain vous bouleversera. Si l’on retrouve une très bonne partie du casting du segment sur McAvoy, dans celui-ci, on prendra plaisir à découvrir Viola Davis en professeur attachante. Le film nous présente aussi William Hurt qui incarne le père de Jessica Chastain. Un personnage peut-être un peu cliché, mais qu’on appréciera malgré tout.

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Ce deuxième film est donc une belle continuité. Il répond à beaucoup d’interrogations, en pose de nouvelles et peint le portrait d’un personnage beau et très souvent juste.

Le projet était plutôt casse-gueule, car il aurait pu facilement tomber dans le piège de la démonstration et ennuyer en racontant la même chose, mais Ned Benson livre un deuxième film pertinent et cohérent qui s’avère être essentiel pour l’ensemble de l’œuvre. Et franchement, à la découverte de ce deuxième film étonnant, on a qu’une envie, c’est de voir le suivant, afin d’avoir une vue d’ensemble en espérant que le réalisateur a vu juste qu’au bout.

Note : 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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