décembre 4, 2021

La Concubine du Vatican – Kate Quinn

9782258134485

Auteur : Kate Quinn

Editeur : Presses de la Cité

Genre : Historique

Résumé :

De retour à Rome, Giulia Farnese, maîtresse officielle du pape et désormais mère d’une petite fille, doit faire faceaux nouveaux dangers qui menacent son clan. Sa cuisinièrenet confidente, Carmelina, est rattrapée par son secret : le couvent dont elle s’est enfuie pourrait bientôt la retrouver et elle n’est plus en sécurité.
Son garde du corps Leonello est quant à lui bien décidé à mettre fin à la série de meurtres qui, étrangement, secoue de nouveau la ville depuis le retour des Borgia. Anna était sa seule amie et il refuse de laisser son crime impuni sous prétexte qu’elle était une simple servante.
L’étau se resserre autour de nos trois héros qui ne peuvent compter que les uns sur les autres.

Avis :

Ce roman est la suite de Le serpent et la perle, livre déjà critiqué sur le site (https://www.lavisqteam.fr/?p=23116). Il est ainsi impératif d’avoir lu ce premier tome avant de poursuivre, sauf si être « spoilé » ne vous dérange pas spécialement. Sinon, vous êtes prévenus !

Ce roman, comme le précédent, s’articule autour des points de vue de trois personnages : Leonello, le nain, devenu garde du corps de « La Bella », Carmelina, devenue la cuisinière de la demeure où vit la maîtresse du pape, et cette dernière, Giula Farnèse. Cette séparation est toujours aussi plaisante et nous permet d’englober le récit et les actes de chacun d’une manière complète. Chacun des points de vue est détaillé comme il faut pour ne pas nous lasser ou nous en faire vouloir davantage. L’auteure sait gérer son récit à merveille sans nous perturber. Nous retrouvons ainsi le cynisme de Leonello et son humour si particulier, la délicatesse de Giulia et son intimité avec le pape Alexandre VI, ainsi que la fermeté de Carmelina et ses angoisses liées à son passé d’échappée du couvent. Toutes ces émotions forment un tout et finissent par devenir indissociables au fil du récit.

Ce livre débute peu après la capture du convoi de Giulia par les français. La jeune femme avait en effet décidé de rentrer chez elle quelques temps, à Capodimonte, pour séjourner en famille après une terrible nouvelle. Le retour à Rome ne s’est pas très bien passé. Rodrigo, le pape, a dû payer une fortune pour libérer les captifs mais fut tout heureux de revoir sa concubine bien aimée qui lui avait tant manqué. Malheureusement pour lui, il ne saura jamais l’enfer que Giulia a dû subir pour permettre à son équipage et elle d’arriver à bon port et en bonne santé. Cette capture a été une véritable épreuve pour nos protagonistes et cela les a totalement transformés.

L’évolution des trois personnages entre le premier et le second volet est ainsi réellement flagrante. L’épreuve qu’ils ont vécu les a rapprochés et a durci leur personnalité. Giulia est devenue plus sûre d’elle et commence à se poser plein de questions sur son utilité et sa raison d’être. La jeune femme commence à ne plus vouloir être désirée par son pape et se réfugie dans les bras de sa fille, Laura. La vie mondaine, le mépris et la jalousie la fatiguent. Elle rêve de quitter la ville, de se reposer à la campagne avec son mari Orsino, loin de cette famille intrigante et méprisée. Leonello est revenu gravement blessé et a fini par découvrir le secret de Carmelina. Son cynisme ne fait qu’amplifier lorsqu’il finit par découvrir qui se cache derrière la suite de meurtres de ces femmes, littéralement clouées par les mains, violées puis égorgées, débuté au tome précédent. Ce tueur fou ne se doute pas de la haine que lui porte le nain. Carmelina, quant à elle, est effrayée que son secret soit connu d’un autre. La cuisinière ne veut absolument pas retourner au couvent et n’hésite pas à se défendre par tous les moyens possibles, d’abord face à Leonello, puis face à son cousin avant de s’en prendre à un étrange personnage venant de Venise. Son passé finit par la rattraper.

Des personnages de fond apparus dans le tome précédent prennent une place plus importante dans ce roman : l’apprenti de Carmelina, Bartolomeo, devient un garçon fort et courageux qui n’hésitera pas à bafouer quelques-uns de ses principes pour elle et Sancha d’Aragon, la nouvelle épouse de Joffre, de plus en plus impitoyable et qui influence Lucrèce dans ses jeux de séduction, plus proches de ceux d’une courtisane que d’une fille de noble lignage. Juan et César, les autres fils de Rodrigo, font également plus parler d’eux et leur père n’hésite pas à humilier, tromper et tuer pour ses fils adorés. Il n’est pas bon d’insulter un Borgia ! Rodrigo évolue de même, devenant plus cruel encore et essayant de montrer Giulia comme le vulgaire trophée qu’elle est face à ses adversaires politiques. Par ces changements, ce roman est plus sombre que le précédent et laisse présager une fin intéressante.

Outre Rome, nous découvrons Florence, une ville plutôt stricte, dans laquelle les moineaux de Game Of Thrones n’ont rien à envier aux anges de Jérôme Savonarole. Cet homme prêche contre le luxe et la recherche du profit. Les formes féminines sont considérées comme vulgaires, même peintes sur les tableaux de grands noms tels que Botticelli. Le pape Alexandre VI est également raillé, humilié et détesté pour ses mœurs légères. Les intrigues politiques font rage et s’abattent sur le Vatican avec force. Naples et d’autres provinces proches ne sont également pas en manque d’intrigues et finissent par comprendre la puissance des Borgia.

Les évènements et rebondissements sont bien plus nombreux dans La concubine du Vatican que dans Le serpent et la perle. Ils s’enchaînent bien et les intrigues secondaires se voient résolues petit à petit, pour notre plus grand plaisir. La fin est heureuse, du moins en partie et nos trois protagonistes finissent par être réunis.

A la fin de ce deuxième tome, l’auteure donne plus d’informations historiques. Elle décrit la fin des Borgia, les mystères et rumeurs liés à leur famille et ne cache pas que certaines des actions de ses personnages fictifs leur ont été attribuées seulement pour le bon déroulement du récit. Grâce à ces quelques pages d’explication, l’amoureux de l’Histoire s’y retrouve et comprend les choix de l’auteure. Outre les faits historiques, l’auteure a su nous montrer la vie des nobles mais également la vie des plus pauvres, notamment à travers Leonello et Carmelina. Les vies qu’ils mènent dans ce roman auraient pu être véritables, rendant les deux personnages plus crédibles.

En résumé, cette impasse sur les Borgia par Kate Quinn est une vraie réussite !

Note : 17/20

Par Lildrille

Lildrille

Passionnée d’imaginaire et d’évasion depuis longtemps, écrire et lire sont mes activités favorites. Dans un monde souvent sombre, m'évader et fournir du rêve sont mes objectifs. Suivez-moi en tant qu'auteure ici : https://www.facebook.com/ChloeGarciaAuteure. Et en tant que chroniqueuse aussi là : https://simplement.pro/u/Lildrille.

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