août 18, 2022

Dead Shadows

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De : David Cholewa

Avec Fabian Wolfrom, John Fallon, Gilles Barret, Margaux Devy

Année: 2012

Pays: France

Genre: Horreur

Résumé:

Les parents du jeune Chris meurent au moment du passage de la Comète de Halley. Onze ans plus tard, une nouvelle comète passe près de la Terre. Autour de Chris, les gens commencent à agir d’étrange manière. Les comportements deviennent de plus en plus violents. En une terrible nuit, le chaos s’installe.

Avis:

S’il y a bien un genre cinématographique dans lequel nous ne sommes pas bon, c’est bien l’horreur. Les raisons de cet échec sont multiples, à savoir un genre qui n’est pas bien rentré dans nos mœurs, qui est souvent considéré comme mineur et enfantin, voire malsain, et du coup les producteurs sont très frileux pour donner des fonds afin de créer des films d’horreur ou d’épouvante. Ceci dit, même le cinéma fantastique est touché et il semble plus facile en France de faire des comédies avec des comédiens bankables pour le grand public ou des drames larmoyants pour la ménagère. C’est assez triste de tirer un constat aussi accablant mais ce n’est pas un hasard si nos meilleurs réalisateurs fuient le pays pour s’épanouir aux States comme Alexandre Aja ou encore Julien Maury et Alexandre Bustillo. Ce constat est d’autant plus triste qu’il prive certains auteurs de fond budgétaire (à savoir 150 000 euros pour Dead Shadows) et qu’il faut faire des concessions sévères au sein d’un genre qui fourmille pourtant d’idées. Et Dead Shadows en est le parfait exemple.

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Car malgré tout le mal que l’on peut en penser et les mauvaises critiques qui lui sont tombées dessus, Dead Shadows avait un certain potentiel. Bourré de référence entout genre, allant de Lovecraft à Poe en passant par John Carpenter et un soupçon de Romero, le film pouvait prétendre à devenir une œuvre sympathique dans le sillon des films de genre français. Et on ne peut que louer l’effort de David Cholewa de se lancer dans une œuvre aussi imposante, réclamant des ressources importantes. On sent que le cinéaste possède un certain bagage et qu’il aime l’afficher dans son film comme l’affiche de New-York 1997, les jeux de société de zombie en arrière-plan lorsque l’acteur principal est contre son étagère, les figurines de Freddy et Jason, bref, il y a un vrai geek derrière la caméra dans le bon sens du terme. C’est assez agréable de revoir cela sur grand écran et il faut être culotté pour présenter une invasion à la Lovecraft au cinéma français.

Malheureusement, et il n’y a pas que le budget à impliquer là-dedans, le film est bourré de défauts qui font que Dead Shadows est un mauvais film. Ce qui choque en premier lieu, c’est la prestation des acteurs. Fabian Wolfrom (Bis) qui incarne le héros, est lisse comme une peau de bébé et n’arrive jamais à susciter l’angoisse, la peur ou encore une certaine inquiétude. D’autant plus que le secret de son personnage est assez lisible dès le départ et il a du mal à donner de l’épaisseur à son protagoniste. Mais ce n’est pas le seul et c’est peut-être celui qui s’en sort le mieux. Les autres acteurs sont tous plus mauvais les uns que les autres et n’arrivent jamais à faire ressentir la moindre émotion. C’est bien simple, même si leurs personnages sont assez simples, on ne ressent aucune empathie pour eux tout simplement parce qu’on les voit jouer. Et là-dessus, ce n’est pas le budget qui est en cause, mais réellement la direction artistique.

L’autre gros problème du film réside dans les effets spéciaux. Avec un budget serré, il aurait été judicieux de laisser tomber les effets numériques. Les bestioles, même si leurs designs sont plutôt bons, sont incrustées numériquement et cela se voit  l’écran. Du coup, c’est très laid et donne un aspect très amateur au métrage. Tout comme les éclaboussures de sang rajoutées en post-production et qui donne un côté cheap pas agréable du tout. C’est dommage car les maquillages de David Scherer déboîtent et c’est ce qu’il y a de mieux dans le film. En fait, le choix du numérique est assez étrange, surtout quand on est fan de Carpenter. Le cinéaste américain est l’exemple même du type qui n’utilise pas les CGI et qui fait toujours appel à des maquillages ou des automates. Le choix de David Cholewa demeure incompréhensible, surtout que parfois, il vaut mieux suggérer que tout montrer, c’est plus efficace pour susciter de la peur.

Enfin, et c’est certainement là le gros point noir du film, c’est le ton employé. Là où un film comme Le Réserviste fonctionne parce qu’il est à fond dans le délire et la comédie, Dead Shadows n’arrive pas à trouver un juste équilibre entre humour et horreur. De ce fait, le spectateur ne sait pas s’il doit rire ou avoir peur devant des choix parfois douteux, comme le combat en batte de baseball ou encore les remarques sexuelles d’un père montrant la comète à son fils par télescope. Du coup, ce problème de ton pèse vraiment sur le film et sur les jeux des acteurs, qui eux non plus ne savent pas trop comment prendre leur rôle et jouer sur une nuance entre peur et surjeu. Et encore une fois, si les choix avaient été plus tranchés, le film aurait été plus réussi. Quant à la mise en scène, elle est assez anecdotique et ne marque pas, hormis sur certains plans à cause du vide autour des acteurs principaux, comme ce moment du père et de son fils devant un télescope et un couple à l’arrière qui se roule des pelles.

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Au final, si on outrepasse les indigences du scénario qui laissent plein de vide et d’ellipses, Dead Shadows reste tout de même un film bas de gamme et qui ne réussit pas du tout son pari. Mal joué, pas forcément bien réalisé, le film sent le manque de budget et sent surtout le premier film. Alors ça fait chier d’écrire quelque chose d’aussi dur sur un film qui part sur des bases qu’il faut encourager, car le cinéma français possède un véritable vivier de talents officiant dans le cinéma horrifique et fantastique, et il est juste dommage que les budgets soient si minces et qu’un tel cinéma ne soit pas plus mis en avant en France. En tous les cas, il ne faut pas que David Cholewa se décourage sur ce premier film, qui montre tout de même une certaine générosité et il faut continuer ce combat pour que le cinéma de genre soit plus mis en avant.

Note: 05/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=nFnIS7jZI-Y[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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