mai 16, 2021

Dans les Forêts de Sibérie

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De : Safy Nebbou

Avec Raphaël Personnaz et Evgueni Sidikhine

Année : 2016

Pays : France

Genre : Aventure

Résumé :

Pour assouvir un besoin de liberté, Teddy décide de partir loin du bruit du monde, et s’installe seul dans une cabane, sur les rives gelées du lac Baïkal.
Une nuit, perdu dans le blizzard, il est secouru par Aleksei, un Russe en cavale qui vit caché dans la forêt sibérienne depuis des années.
Entre ces deux hommes que tout oppose, l’amitié va naître aussi soudaine qu’essentielle.

Avis :

Après avoir présenté une pelletée de courts-métrages au début des années 2000, Safy Nebbou est finalement passé au long-métrage en 2006 avec « L’empreinte de l’ange« . Depuis le réalisateur a réuni Depardieu et Poelvoorde dans « L’autre Dumas« , puis Charles Berling et son fils pour « Comme un homme« . Cette année, il est de retour avec Raphaël Personnaz qui se perd en plein milieu  » … des forêts de Sibérie ».

Il y a des films comme ça, qui offrent de très belles claques qu’on ne voit vraiment pas arriver et il est clair que « Dans les forêts de Sibérie » fait partie de ces films-là car c’est un film majestueux ! Un film calme et sensoriel dont on ressort envouté, dépaysé et reposé. Bref, « Dans les forêts de Sibérie » est un film qui fait du bien.

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« – Je suis venu me rapprocher de ce que je ne connais pas, le froid, le silence, l’espace et la solitude. En ville, les minutes, les heures, les années nous échappent, ici le temps se calme. Je suis libre, parce que mes jours le sont. Ne nuire à rien, ne subir le dictat de personne, ne désirer pas plus que ce que l’on éprouve et savoir se faire accepter par la nature. J’ai quitté le caveau des villes et vécu un an dans l’église des Baïkal. Un an comme une vie…  »

Magnifique aventure humaine, film dépaysant et sensoriel, « Dans les forêts de Sibérie » est un film qui nous plonge en plein cœur d’une solitude, d’un questionnement intérieur et d’une recherche de soi, de vérité et d’essentiel. Le film est parcouru d’une belle question existentielle, le plaquage de ce personnage est-il une fuite de la réalité ou bien est-ce un réel enjeu pour son existence afin de pouvoir avancer et se débarrasser des rêves et des illusions ? Une question qui pourrait aussi se traduire par la fin d’une jeunesse, d’une innocence. Une fin qui va laisser place à l’existence, à un renouveau. Et cette quête majestueuse du vrai et des sensations finit par atteindre son but, c’est-à-dire nous-même, le public. Car avec ce film et le parcours existentiel de son personnage, le réalisateur nous fait nous questionner sur certaines valeurs et le sens des choses et du mot liberté. « Dans les forêts de Sibérie » est donc un film qui pose de vraies questions, mais c’est aussi un film qui n’oubliera pas de divertir avec un scénario très bien écrit, beau, calme, à l’image du film, et solide. Un scénario qui invite au lâcher prise, à l’évasion et à la confrontation. Un scénario simple, pertinent, qui aborde les différences de cultures, l’évolution dans l’espace-temps, certains problèmes dans le pays. Des problèmes qui résonnent comme une folie, comme par exemple quand le film aborde les activités de nouveaux riches. Le scénario nous offre aussi une belle rencontre, une amitié qui naît comme une évidence malgré la barrière de la langue. Une amitié pleine de paradoxe. Quand l’un rêve de retrouver la ville, l’autre la fuit. Quand l’un voit un rêve, l’autre voit un enfer. C’est l’une de ces rencontres passionnantes qui change un homme et une vie. Bref, c’est tout simplement passionnant, captivant, et sans aucun temps mort et cela malgré le fait que Safy Nebbou installe un rythme plutôt lent. C’est même l’exemple parfait du film lent où tout est passionnant.

Mais le film n’est que pas ce scénario sublime et l’enthousiasme ne vient pas seulement de lui. « Dans les forêts de Sibérie« , c’est un tout et c’est ce tout qui en fait sa force, son charme et la manière dont le film fait plonger littéralement le spectateur. Ainsi, « Dans les forêts de Sibérie« , c’est aussi une mise en scène passionnante de Safy Nebbou qui nous offre des images, des plans, des séquences et enfin des scènes envoutantes et magiques. Dès l’ouverture du film, « Dans les forêts de Sibérie » dégage une puissance et une envie d’évasion incroyable. D’emblée, on a le sourire aux lèvres et dès les premières images, le film fait du bien. Il y a quelque chose qui rappelle les plus belles fresques du cinéma de Jean-Jacques Annaud et c’est tout en beauté, en assurance et en plaisir que Safy Nebbou arrive à rendre épique un camion qui roule sur un lac glacé ! Cette sensation est aussi rendue par la bande originale absolument superbe que nous a concocté Ibrahim Maalouf. Une bande originale qui invite à l’aventure et au changement. Une bande originale qui fait du bien aux oreilles et qui finalement s’inscrit comme la plus belle qu’on ait entendue cette année pour l’instant.

Puis enfin il y a Raphaël Personnaz qui trouve l’un de ses plus beaux rôles à ce jour. L’acteur est parfait dans la peau de Teddy et nous fait passer un enthousiasme très communicatif. On adore le voir s’émerveiller et c’est avec lui qu’on s’émerveille. On voit toute la difficulté de cette région rude à travers ses yeux, mais on en voit aussi toute la magnificence et c’est à travers lui qu’on finit par se remettre en question. « Dans les forêts de Sibérie« , ce sera l’occasion de découvrir Evgueni Sidikhine, un acteur russe, qui sera l’opposé du personnage de Teddy et malgré le côté renfermé du personnage, meurtri par un lourd passé, il sera tout aussi touchant et émouvant que le personnage qu’incarne Raphaël Personnaz.

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« Dans les forêts de Sibérie » est donc un voyage sublime qui nous en donne des frissons. C’est un film qui prend le temps de s’arrêter sur la simplicité. C’est un film qui fait du bien au cœur, aux yeux et aux oreilles. C’est un film qui fait beaucoup de bien au moral. Un film qui nous évade pendant sa petite heure quarante-cinq. Une petite heure qu’on aurait adorée bien plus longue. On aurait même voulu que ça ne s’arrête pas.

Note : 18/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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