août 10, 2022

Jessica Jones Saison 1 – I Love You

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D’Après une Idée de : Melissa Rosenberg

Avec Krysten Ritter, David Tennant, Mike Colter, Rachael Taylor

Pays: Etats-Unis

Genre: Super-Héros

Nombre d’Episodes : 13

Résumé :

La super-héroïne Jessica Jones s’est reconvertie en détective privé. Hantée un événement traumatisant de son passé, elle se cache à New York et se contente de sordides affaires adultère. Une nouvelle enquête va faire resurgir de vieux démons…

Avis :

L’univers Marvel est un monde grandiloquent où faire le listing de tous les super-héros et super-vilains prendrait énormément de temps. Si le grand public connait bien évidemment Spider-Man, Captain America ou encore Iron-Man pour leurs rôles au cinéma, il existe une multitude de personnages plus ou moins secondaires qui possèdent pourtant une histoire, une origine, très intéressante et sortant des sentiers battus. Il faut dire que lorsque l’on aborde des personnages moins connus du grand public, il est plus facile de sortir d’un carcan que l’on s’impose pour ne pas choquer ou perturber un succès garanti. Avec Jessica Jones, Netflix continue son exploration du Marvel Cinematic Universe la télé, puisqu’il s’agit de la deuxième série exploitant un personnage Marvel après l’excellente première saison de Daredevil. Beaucoup moins connu que l’avocat aveugle, Jessica Jones s’inscrit dans une volonté de présenter les Defenders, afin de les inclure plus tard dans un film au cinéma aux côtés des Avengers. Mais le risque de présenter un personnage aussi peu connu que cette détective privé est bien réel, et il faut reconnaître un certain culot de la part de Netflix de produire ce genre de série qui pourrait ne pas marcher. Et pourtant, il s’agit-là d’une excellente série.

Le fait est que Jessica Jones peut facilement enlever ses atours de super-héros, puisqu’il s’agit d’une jeune femme qui accepte ses pouvoirs, mais refuse de les utiliser afin de faire le bien. Complètement à l’écart de la société, elle erre pour réaliser ses affaires et gagner de quoi se payer de l’alcool. Ainsi, la créatrice du show se démarque totalement de l’univers des super-héros, présentant finalement quelqu’un de très humain et qui possède des dons qu’elle n’utilise pas forcément. Il en ressort donc une série à contre-courant de ce que propose le cinéma et qui reste dans la continuité de la noirceur de Daredevil. Profondément humain, le traitement de cette héroïne hors norme va se faire dans un environnement urbain sordide où les camés et la violence vont bon train. Ainsi, le quartier de Hell’s Kitchen garde une profonde cohérence avec l’univers déjà créé auparavant. De cette morosité, Jessica Jones va en faire une force afin d’adopter un ton délétère, lent et parfois poisseux. Comme pour Daredevil, le ton très réaliste tranche avec les moments d’héroïsme que l’on retrouve lors de quelques bagarres ou avec le pouvoir du grand méchant. Du coup, sur sa forme, Jessica Jones est une réussite, se libérant rapidement des chaines de la série de super-héros lambda pour faire bien plus que ça, une sorte de chronique sociale sur le mal-être et la différence.

Une différence que l’on va retrouver chez tous les personnages, même les plus humains. Bien entendu, la principale intéressée aura un traitement de choix, sombrant dans l’alcool et la dépression et cherchant désespérément un chemin vers une rédemption tant attendue. Krysten Ritter joue parfaitement son rôle avec une nonchalance qui parfois peut énerver, tout comme le rythme de la série. Parmi ses amis, on retrouvera aussi des humains, frustrés de ne pas pouvoir plus l’aider, la faute à une absence de pouvoir. Cela va remettre en questions notre condition d’humain lambda face à une menace réelle et surpuissante. Car que serait une super-héroïne sans un suer-méchant. Ici, Kilgrave fait office de grand manitou de la haine, un humain qui a subi des expériences et qui peut tout contrôler par la parole. Mais là, aussi, le traitement du personnage est très intéressant. En effet, bien loin de proposer quelqu’un de binaire, la série montre un personnage torturé, malade, amoureux et qui sera l’image même de l’enfant adulte, capricieux et colérique. De ce fait, on se retrouve face à un méchant malin, mais que l’on ne peut s’empêcher d’apprécier, autant par sa prestance que par sa façon de voir les choses. D’ailleurs, David Tennant est impressionnant dans ce rôle, où l’on sent que l’acteur a pris plaisir.

Néanmoins, tous n’est pas parfait dans cette première saison. Tout d’abord, le rythme est très lent. Se découpant en 13 épisodes d’un poil plus de 50 minutes, la série prend son temps pour aborder les relations entre les personnages, mais on ressent de temps à autre des parcours pas forcément utiles à l’intrigue. A titre d’exemple, la relation lesbienne entre Hogarth, une avocate, et son ex, semble être une perte de temps et ne fait pas forcément avancer l’intrigue. Certes, cela donne de l’épaisseur aux personnages secondaires, mais la série aurait gagné en efficacité sans ces écarts de parcours. Ensuite, il y a une certaine redondance dans les scènes de baston. Si ce n’est pas le nerf de Jessica Jones, chaque scène d’action se déroule de la même façon, avec quelques chairs à canon jetées sur les côtés. Il n’y a rien de vraiment spectaculaire et le choix de direction est assez classique, loin du plan-séquence dans Daredevil par exemple.

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Au final, la première saison de Jessica Jones est une bonne surprise et un réel tour de force. S’ajournant des breloques de la série de super-héros, cette première saison tient plus du thriller que du fantastique et livre un canevas de personnages très intéressant. Nanti d’une distribution impeccable, la série se montre redoutable tant sur les relations entre les personnages que sur leurs backgrounds, offrant quelque chose de riche, de cohérent et de très original. On regrettera simplement quelques longueurs qui plombent certains épisodes, mais c’est un piètre défaut face aux qualités intrinsèques de la série.

Note : 17/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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