juillet 15, 2024

Josey Wales Hors-La-Loi – Dents Blanches Pour Bottes Rouges

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Titre Original : The Outlaw Josey Wales

De: Clint Eastwood

Avec Clint Eastwood, Chef Dan George, Sondra Locke, Bill McKinney

Année: 1976

Pays: Etats-Unis

Genre: Western

Résumé:

Josey Wales, un paisible fermier, voit sa femme et son fils massacres par des soldats nordistes. Laisse pour mort, Josey décide de se venger.

Avis:

Dans le cinéma, comme pour tout médium culturel, il y a des modes et des genres qui ont plus le vent en poupe que d’autres. Et c’est d’autant plus vrai aujourd’hui où le cinéma est devenu un business tenu par une main de fer par des producteurs peu scrupuleux sur la qualité des films tant qu’ils font des entrées. Et jamais l’adage de John Carpenter, il faut donner aux gens ce qu’ils ont besoin et non pas ce qu’ils veulent, n’aura autant manqué au cinéma contemporain. Et cela même si l’on trouve encore quelques résistants dans l’industrie cinématographique. Du coup, certains genres ont tendance à disparaître ou à devenir de plus en plus rares malgré des qualités évidentes. Mais cet état de fait n’est pas nouveau puisque dès les années 70, certains styles deviennent désuets et n’attirent plus grand monde dans les salles obscures. C’est notamment le cas du film noir mais aussi et surtout du western qui devient de moins en moins populaire. Et c’est pile à cette période que le grand Clint Eastwood décide d’adapter un roman peu connu, Josey Wales Hors-la-Loi.

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Tenu pour fou par ses producteurs, ayant la certitude que le film sera un bide au box-office, c’est en 1976 que sort le métrage de et avec Eastwood. Et formidable pied de nez à ses détracteurs pensant que le western était mort, Josey Wales fera un joli succès en plus d’être un excellent film qui sera une sorte de parabole sur la guerre du Vietnam.

Particulièrement sensible à cette histoire de vengeance, Eastwood décide donc de la retranscrire sur écran pour fournir l’un de ses meilleurs westerns avec Impitoyable. Se déroulant pendant et après la guerre de sécession, le film raconte l’histoire d’un fermier qui voit sa famille se faire tuer par les pattes rouges, une brigade sanguinaire du Nord. Il s’engage alors avec des sudistes pour se venger. Mais lors de la reddition, il refuse de se rendre et devient un Hors-la-Loi connu de tous. Il sera alors pourchassé par les meurtriers de sa famille dans un périple qui l’amènera jusqu’à la frontière mexicaine. Il va alors naître de ce film plusieurs messages qui sont chers à Eastwood.

En premier lieu, on pourra découvrir le grand humanisme du réalisateur. En effet, il présente les indiens comme des êtres humains, ayant un fort sens de l’humour et de l’honneur. Loin des plumes et des dialectes primaires, le réalisateur présente ces peuplades comme les dignes descendants des Etats-Unis et ne perd jamais de vue l’humanisme dans lequel baigne son film. Tout ce qui compte ici, c’est l’humain et sa reconstruction. Parce qu’en abordant cette histoire, on va pouvoir voir ce grand vagabond solitaire se reconstruire une famille durant le chemin. Protecteur, altruiste, Josey Wales sera l’image de l’américain idolâtré comme on aimerait en voir plus souvent. Bien entendu, le propos n’est pas tout blanc puisque Clint Eastwood n’oublie pas de présenter des ordures comme chaque être humain peut l’être. Ainsi, le grand méchant de l’histoire ne sera qu’un profiteur de plus au service d’un gouvernement qui manipule ses pions pour couvrir ses intérêts. Et c’est à très intelligent de la part du réalisateur de garder en filigrane cette petite pensée sur l’hégémonie d’un gouvernement qui s’inquiète pour un seul homme.

Mais au-delà de ça, Eastwood fait une très belle parabole sur la guerre du Vietnam, sur les désastres de la guerre et ses désillusions. La guerre de sécession était une guerre inutile entre américains et on ressent bien cette vacuité dans le métrage où tout un escadron part à la poursuite d’un seul homme qui ne souhaite plus qu’une chose, se reconstruire. Mais là aussi, le cinéaste appose son point de vue en montrant qu’il est très difficile de se reconstruire après un tel traumatisme et qu’il est impossible d’y arriver seul. Durant tout le film, on pourra voir les réactions des gens qui ne comprennent toujours pas les raisons de cette guerre et les pertes inutiles. En fait, Josey Wales Hors-la-Loi est un pamphlet contre la guerre, montrant son inutilité et les dégâts humains qu’elle provoque. Et la réalisation flamboyante de Clint Eastwood met en avant tout cela avec des plans iconiques ou un héros au charisme incroyable.

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Au final, Josey Wales Hors-la-Loi est un grand film et un grand western. A la fois intimiste sur la vie du héros et grandiloquent dans ses fusillades et ses décors, ce western de 1976 mérite encore tous les égards tant il est riche et possède plusieurs niveaux de lecture. Alors en pleine période de vache maigre pour le western à l’époque, c’est avec culot et talent qu’Eastwood imposait un point de vue humaniste, où le western ne sera finalement qu’un lieu et un temps pour fournir un discours humaniste intemporel.

Note : 19/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=qiSp6hiQrjc[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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