janvier 22, 2022

Ju-On la Malédiction

ju-on-wii-fr

Résumé :

Combattez les fantômes au travers différents personnages.

Avis :

Au même titre que The ring, Ju-on est une figure emblématique du cinéma d’horreur asiatique. Précurseur d’une vague qui reflue doucement, l’œuvre de Takashi Shimizu a rencontré un tel succès qu’il aura donné lieu à plusieurs suites et remakes, mais également un jeu vidéo exclusif à la Wii. Dans la majorité des cas, ce genre de démarche débouche inévitablement sur un échec (davantage critique que commercial) avec des adaptations au mieux médiocre, au pire abominable. À quelle catégorie appartient le titre de Rising Star Games ? La jaquette nous donne un indice de taille…

ju-on-la-maleacut-4e2615fb39f5c

Au lieu de proposer un travail léché via une affiche sombre (cf. la version japonaise), inquiétante et suggestive de la malédiction qui entoure l’intrigue, on y voit une jeune éberluée se cacher derrière son fauteuil. Vous êtes prévenu : Ju-on fait peur. Encore mieux, nous avons entre les mains un véritable simulateur de terreur ! Autre élément qui nous fait craindre le pire, le commentaire d’un mystérieux T. Kanazawa « On sursaute, on crie, on rit… Bref, on s’éclate ! » Cherchez l’erreur. Si le contenu est à l’image du contenant, on tient là l’un des plus lamentables survival-horror, pardon « simulateur de terreur », de toute l’histoire vidéoludique, rien que ça.

Après avoir créé un profil dont on ne saisit pas trop l’utilité (sexe et signe du zodiaque), le joueur dispose d’un choix cornélien entre commencer une partie et effectuer un test de courage face à la terrible expérience qui nous attend. La démarche est pour le moins discutable étant donné que les deux possibilités sont semblables l’une à l’autre, sauf que le test n’affecte pas l’aventure principale. Toujours est-il que le titre ne brille pas par son atmosphère. Doté d’une mise en scène fauchée et sans imagination, on peine à croire que Takashi Shimizu a donné son aval pour le projet, pire qu’il a participé lui-même à l’écriture et à la réalisation !

L’intrigue nous invite à découvrir différents protagonistes qui sont amenés par des ficelles éculées à affronter des fantômes. Pour les cinéphiles, n’espérez pas y trouver le moindre bouleversement dans la genèse des longs-métrages, encore moins de fils conducteurs. À la manière de courts-métrages ou d’un film à sketches miséreux, le parcours chaotique se fait sans la plus insignifiante fulgurance, qu’il s’agisse de bonnes trouvailles en termes de narration, de gameplay, ne serait-ce qu’un minimum d’ambiance. La bande-son alterne les bruitages ridicules (le chien qui court dans le premier chapitre) avec des grincements de parquets ou des miaulements plus énervants qu’angoissants.

On a beau être dans un survival-horror, le jeu nous plonge dans l’obscurité à un point tel que même votre fidèle et unique alliée, la lampe torche, n’est pas fichue d’éclairer votre chemin, hormis le sol à vos pieds. On vivote, on erre pour distinguer des éléments qui permettent de progresser. Finalement, l’on tourne souvent en rond et ce ne sont pas les allers-retours imposés pour la résolution d’énigmes basiques au possible (le plus souvent déverrouiller des portes ou découvrir des objets sans intérêt) qui faciliteront la tâche. L’absence de cartes est également de la partie pour vous empêcher de vous repérer. Ainsi, on ne peut même pas avoir une idée approximative de lieux au level design aussi vides que le cerveau de leur concepteur (bâtiments et maisons abandonnées…).

Cerise sur le gâteau, le game over survient en la personne d’un spectre quand vous ne disposez plus de piles. L’on se demande pourquoi il a attendu tout ce temps au vu de l’utilité de notre unique outil. Cela nous oblige à reprendre le niveau depuis le début avec toute la frustration que cela génère. Une pratique douteuse qui tend à rallonger une durée de vie malingre si tant est que l’on soit assez maso pour persévérer. Quatre misérables chapitres et un supplémentaire à débloquer pour aboutir à une aventure qui avoisine les trois heures de jeu. Chez Rising Star Games, quand on se moque du consommateur, on ne le fait pas à moitié !

À ce titre, le gameplay est d’une lourdeur sans commune mesure. Les déplacements sont lents… très lents… leeeeeents… On marche au ralenti ou plutôt on tente de s’extirper d’une mélasse invisible aux relents soporifiques. Un pied devant l’autre, tout doucement… En temps normal, on avance avec la croix directionnelle pour progresser, mais Ju-on ne fait pas comme tout le monde. Il faut appuyer sur le bouton A et s’orienter avec le capteur de mouvements de la Wiimote avec moult imprécisions que cela entraîne. Pourquoi s’encombrer d’un nunchuk ou exploiter le potentiel de la console de Nintendo ? Entre apathie et agacements, un joueur averti et néanmoins patient aura tôt fait de passer à un titre autrement plus efficace.

Quid de l’évaluation du niveau de surprise et de lâcheté à la fin d’un chapitre ou après un game over. On ne saisit pas trop les méthodes d’appréciation pour obtenir de tels résultats étant donné qu’on nous inflige des commentaires niais, pour ne pas dire débiles. « Vous avez continué à avancer comme un scorpion (la voilà l’explication du signe du zodiaque !). Vous avez essayé de terminer le jeu le plus vite possible, n’est-ce pas ? » Merci pour cet horoscope du dimanche, tout comme la possibilité d’inviter un ami dans la partie (sans doute pour se venger que pour s’amuser). Ce dernier peut faire surgir des spectres pour tenter d’effrayer son comparse. D’une insipidité sans limite…

ju-on-la-malédiction-wii-010

Il vaut mieux faire l’impasse devant cette exclusivité qui continue étonnamment à se monnayer à un prix proche du neuf. L’absence est le terme qui caractérise à merveille le titre de Rising Star Games. Absence d’ambiance, d’intérêt, de frissons, de scénario ou de quelconques qualités esthétiques (carences masquées par une obscurité quasi totale). Plombé par un gameplay qui ferait passer un groupe d’escargots pour une écurie de formule 1, Ju-on occulte le concept de survival horror au profit d’une démarche marketing douteuse. Entre une progression laborieuse, une durée de vie anémique et une angoisse qui ne décollera jamais, ce simulateur de terreur est un véritable affront à la franchise cinématographique. Pas même un mauvais jeu, mais un calvaire vidéoludique.

Note : 02/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=z-e8bZHyO1o[/youtube]

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.