décembre 9, 2021

Bob Dylan – Tempest

COLUMBIA RECORDS BOB DYLAN ALBUM

Avis :

Qui ne connait pas Bob Dylan ? A moins d’être un inculte ou d’écouter de la musique pour djeuns complètement abêtissante, on ne peut pas passer à côté de Robert Zimmerman, alias Bob Dylan. Maître incontesté du folk rock américain, il est le père fondateur et inspirateur d’un très grand nombre de musiciens et de groupes, comme Jimi Hendrix ou encore les Rolling Stones. Guitariste averti et joueur d’harmonica, il demeure encore aujourd’hui une référence dans le domaine musical et de nombreux artistes le prennent comme icône. Avec des succès comme Blowin in the wind, Like a Rolling Stone ou encore All Along the Watchtower, le monsieur n’a plus rien à prouver à l’aube de ses 72 ans. C’est alors qu’il sort en septembre 2012 un nouvel album, son trente-cinquième album studio, Tempest, avec pour pièce maîtresse, l’histoire du Titanic. Alors que vaut véritablement cet album ? Bob Dylan est-il toujours aussi bon, ou cherche-t-il la facilité ? Vers quel type de musique s’est-il tourné ? Folk, Pop, Blues, Rock, Gospel ? Allons faire un tour à bord du Titanic, mais sans Leonardo DiCaprio cette fois, et, heureusement pour nous, Céline Dion n’est pas du voyage !

Le chanteur et guitariste est réputé pour sa sensibilité musicale, pour ses textes et aussi pour une grande variation dans les genres, tournant toujours autour du blues et du rock. Tempest ne dénote pas trop des autres albums de Bob Dylan, mais on ressentira tout de même une légère tendance à la facilité, avec une absence de titres forts. Le premier constat intéressant, c’est qu’avec dix titres, on n’a plus d’une heure de musique, et rien que pour ça, on a du respect. Les chansons dépassent facilement les 5 minutes, à part une paire, mais c’est déjà pas mal dans une société où l’on prône le vite consommable et la rapidité. L’album commence avec Duquesne Whistle, un morceau éminemment bluesy, avec une batterie légère et une guitare rappelant la Louisiane et le bayou. Le morceau demeure sympathique, mais vraiment redondant, et cela sera un des problèmes de l’album. En effet, la plupart des morceaux proposent des moments agréables, mais sans grande variation et avec un tempo identique durant plus de six minutes bien souvent, quatorze minutes pour Tempest, la neuvième piste. Bien entendu, certains morceaux se détachent de l’album, comme Narrow Way, le troisième morceau, plus pêchu et plus intéressant, malgré encore une fois une guitare répétitive. Alors ce qui est sûr, c’est que l’on applaudira la constance des musiciens, tous talentueux, mais j’aurai aimé un peu plus de variations ou de solos de guitares. Qui dit album plus blues, qui clavier, que l’on entendra de manière équivoque dans Early Roman Kings, reprenant le tempo si classique du blues afro américain.

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Mais ce qui fait le talent ineffable de Bob Dylan, c’est aussi sa voix et ses paroles. En effet, on a plus l’impression d’écouter une histoire mise en musique, qu’un réel morceau de musique. Evitant les paroles engagées et préférant narrer une histoire ou réciter un poème, Bob Dylan prend le revers de ce qui se fait en ce moment. On prendra bien évidemment comme exemple Tempest qui raconte l’histoire du Titanic, mais aussi Scarlet Town, morceau rappelant les bons vieux westerns. Bien entendu, la voix du chanteur y est pour beaucoup dans le succès de Bob Dylan. Très nasillarde, elle rentre parfaitement dans le style folk blues, genre de prédilection du monsieur. Bien évidemment, il ne peut pas trop pousser avec ce type-là de vocalises, mais le timbre est parfait pour raconter une vieille histoire au coin d’un bon feu. Apparaissant cassée par moment, elle rappelle tous ces bons vieux blues de la vieille époque, un peu comme Robert Johnson. On l’entendra parfaitement dans Roll On John, une chanson hommage à John Lennon.

Au final, Tempest, le dernier et trente-cinquième album de Bob Dylan demeure une semi réussite pour moi. Si le talent est bien présent et que la voix du chanteur se prête parfaitement à cet exercice, on ressent une légère lassitude à force d’écouter ce skeud. Avec des morceaux lents, au tempo redondant, il faut vraiment maîtriser l’anglais pour saisir toutes les subtilités des textes. Néanmoins, les fans de la première heure seront certainement comblés, montrant que le monsieur tient bien la forme pour son âge. Les meilleurs morceaux restent surement Narrow Way et Scarlet Town.

  1. Duquesne Whistle
  2. Soon After Midnight
  3. Narrow Way
  4. Long and Wasted Years
  5. Pay in Blood
  6. Scarlet Town
  7. Early Roman Kings
  8. Tin Angel
  9. Tempest
  10. Roll on John

Note : 12/20

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=mns9VeRguys[/youtube]

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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