janvier 22, 2022

Damon Albarn – Everyday Robots

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Avis :

Quand on fait partie d’un groupe devenu culte et que l’on enchaîne les projets, il arrive un moment où l’on veut se poser et se retrouver seul. C’est surement pour cela que quelques frontmen de groupes décident de faire un ou des albums solos. Ce fut le cas pour Serj Tarkian de System of a Down mais aussi de Slash après les Guns n’Roses ou encore Chris Cornell en partant de Soundgarden. Damon Albarn est le leader incontesté de Blur, groupe éminemment connu dans le monde entier pour des compos comme Song 2 ou encore Girls and Boys. Mais il est aussi le créateur du groupe Gorillaz, qui connut un succès fulgurant dans les années 2000. Entre la mise en scène d’opéra rock ou la composition de bandes originales de film (Vorace d’Antonia Bird), il a fallu qu’à un moment le chanteur se pose et compose pour lui-même. Cela donne Everyday Robots, qui est considéré comme son premier album solo sauf si l’on ne compte pas son EP Democrazy, sorti exclusivement sur vinyl et en édition ultra-limitée. Alors il est toujours compliqué de critiquer la sortie d’un premier album, surtout quand on est une tête connue dans le domaine du rock et de la pop anglaise, mais il faut avouer que cet album, c’est quand même pas terrible du tout…

Le skeud commence avec le titre éponyme de l’album. On a droit à un homme qui raconte une blague courte puis un violon discordant qui arrive tout doucement. Il s’agit d’un rythme que l’on retrouve dans certains titres de rap ou de hip-hop et la seule qui vient troubler ce son, c’est un piano qui ne va pas du tout avec la rythmique. Damon Albarn pose alors sa voix et on aura droit à un morceau hybride, qui ressemble à de la pop mais qui veut s’en démarquer par un style différent et franchement pas terrible. L’ensemble est mou et n’accroche pas vraiment l’oreille. Le deuxième morceau sera du même acabit mais en encore plus long, avec comme bruit de fond des un instrument qui semble râper du bois. Hostiles arrive à ne pas être touchant et à être pénible en plus. Le problème, c’est que quasiment tout l’album est de cette nature, c’est-à-dire sur quelque chose d’indéfinissable et de mou du genou. A titre d’exemple, le morceau le plus pénible est surement The Selfish Giant, qui mélange plusieurs sons, partant vers une pop intello et qui n’a rien d’attirant, essayant de toucher et de se prétendre subtil. En fait, les compos sont complexes pour pas grand-chose et on ressent comme une sorte de snobisme. Mais le titre le plus détestable de tout le skeud, c’est résolument You & Me, titre qui dure plus de sept minutes, qui n’avance pas un seul instant, qui mélange boîte à rythme et piano et sur lequel Damon Albarn monte dans les aigus de manière impromptue et dissonante.

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Alors doit-on tout jeter dans cet album ? Certainement pas, car certaines compos sont bien plus sympathiques que d’autres. A titre d’exemple, on peut citer Mr Tembo, qui bouge un peu plus et qui s’inspire de la pop ilienne, rappelant le soleil et les jolies plages dorées. En dehors de cela, on peut citer le très étrange Hollow Ponds, à base de guitare et de gouttelettes d’eau qui tombe sur un sol spongieux. C’est mou, certes, mais il y a une certaines recherche dans l’originalité et cela même si le morceau de guitare est un plagiat. Enfin, on peut aussi parler de Heavy Seas of Love, le dernier titre de l’album. Bizarrement, le morceau fait penser à du gospel avec une pointe de pop rock britannique plutôt sympathique. C’est d’ailleurs dommage que tout l’album ne soit pas sur une énergie comme cela, car on aurait gagné en vitalité et il n’y aurait pas cet ennui latent.

Au final, le premier projet solo de Damon Albarn, Everyday Robots, n’est pas une réussite, loin de là. Essayant de faire de la pop pour intello avec une armada de sonorités originales et du piano histoire de faire bien, le skeud se perd dans une mollesse alarmante qui n’accroche jamais l’oreille et qui parfois fait grincer des dents. C’est dommage venant d’un artiste aussi prolifique que lui, mais il est bien mieux entouré au sein de Blur ou de Gorillaz, deux groupes dont on attend des nouvelles, ce qui ne devrait plus tarder.

  1. Everyday Robots
  2. Hostiles
  3. Lonely Press Play
  4. Mr Tembo
  5. Parakeet
  6. The Selfish Giant
  7. You & Me
  8. Hollow Ponds
  9. Seven High
  10. Photographs (You are Taking Now)
  11. The History of a Cheating Heart
  12. Heavy Seas of Love

Note: 05/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=p9MMJgFKv24[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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