septembre 27, 2022

The Riot Club

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De : Lone Scherfig

Avec Sam Claflin, Max Irons, Douglas Booth, Sam Reid

Année: 2014

Pays: Angleterre

Genre: Drame

Résumé:

Le Riot Club est réservé à l’élite de la nation. Ce cercle très secret d’Oxford fait de la débauche et de l’excès son modèle depuis 3 siècles. Miles et Alistair, deux étudiants en première année, ne reculeront devant rien pour avoir l’honneur d’en faire partie…

Avis :

Lone Scherfig, ce nom ne vous évoque peut-être pas grand-chose et pourtant voici maintenant quelques années que la réalisatrice danoise nous offre régulièrement d’excellents films. C’est elle qui a révélé la talentueuse Carey Mulligan au monde avec le sensible « Une éducation« . C’est elle qui nous a offert, l’un des films les plus romantiques de l’année 2011, avec « Un jour » et son duo d’acteurs au charme dingue, j’ai nommé Anne Hathaway et Jim Sturgess. Personnellement, c’est une réalisatrice dont j’adore le travail, qui m’a toujours fait rêver jusqu’ici, même dans ses films les moins connus, comme le bouleversant « Wilbur » que je vous conseille. Alors « The Riot Club« , je l’attendais avec beaucoup d’impatience et j’ai eu la chance de pouvoir le découvrir en avance et en présence de la réalisatrice et de ses acteurs principaux.

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Le Riot Club est l’un des clubs les plus privés de la fac d’Oxford. C’est un club composé de dix membres par an. Ses membres sont l’élite de l’élite de la nation anglaise. Des jeunes gens qui dirigeront surement le pays dans l’avenir. Pour intégrer le club, il faut être choisi parmi les membres et bien sûr passer tout un tas d’épreuves, mais une fois accepté par celui-ci, votre avenir est tout tracé et ces dernières années de fac s’annoncent alors comme une très grosse fête, histoire de profiter au maximum de sa jeunesse, car une fois en dehors de la fac, l’amusement sera fini. Alistair Ryle est un fils de bonne famille, riche et talentueux, il fera un membre parfait. Quant à Miles Richards, c’est un jeune garçon qui a travaillé dur pour arriver à Oxford. Très doué, il attire l’œil de l’un des membres du Riot Club. S’il est accepté, sa vie pourrait changer du jour au lendemain, et il pourrait rêver enfin à un avenir plus confortable. Mais très vite, il ne va pas tarder à découvrir le masque de ce Riot Club. Un masque qui cache une profonde colère et cette nouvelle adhésion, pour Miles, pourrait bien virer au cauchemar…

Ils sont beaux, ils sont riches, enfin presque tous, ils sont dans la meilleure fac d’Angleterre, ils sont enviés par beaucoup et ils font partie de l’un des clubs les plus Select de Grande-Bretagne, ces dix garçons dans le vent, ce sont les membres du Riot Club. Pour son nouveau film, la réalisatrice danoise a décidé de nous montrer l’envers du décor de ce monde bourgeois. Un monde à la fois prétentieux et fascinant. Pour ceux qui s’attendent à un « Cercle des poètes disparus » ou encore à un « La crème de la crème » comme j’ai pu le lire, oubliez de suite et passez votre chemin, car le film est très différent de ce que la bande-annonce vend et c’est un film qui s’approchera plus de « The skulls » de Rob Cohen, mais en mieux, beaucoup mieux.

Le film est scindé en deux parties. Une narration peut-être un peu trop simple et prévisible, puisque la réalisatrice va nous montrer les bons côtés de cette élite. Tout le début du film sera assez cliché, mais pourtant ça fonctionne bien et l’on se laisse prendre au jeu. Lone Scherfig utilise les clichés, mais n’en abuse pas. Puis peu à peu, alors même que c’est convenu, le film va déraper sans que l’on s’en rende vraiment compte, il va prendre d’un coup un sacré virage. Les côtés festifs, joyeux, la camaraderie, le soutien et autres laissent place à un autre regard beaucoup plus dur, rude, voir même choquant. Lone Scherfig fait monter la pression petit à petit et l’explosion sera redoutable et m’a laissé sans voix, désabusé, par ce que j’ai vu venir et qui m’a pourtant surpris par la direction brutale. Dans cette nouvelle partie, le film devient alors une critique acerbe d’un certain côté de ce milieu déconcertant, de ces jeunes fils à papa qui se croient tout permis. De ce pouvoir qu’ils détiennent et qui leur tournent la tête. On pourra dire que la réalisatrice met tout le monde dans le même panier, qu’elle fait des riches les méchants et les pauvres les gentils, mais je trouve que le film est bien plus nuancé que ça, elle ne fait pas d’amalgame, car la réalisatrice nous parle que d’un certain genre de personnage et propose aussi des gens plus ou moins respectables dans les deux « camps ».

Comme pour ses précédents films, on notera un bel esthétisme, le film est très beau à regarder, très bien filmé et éclairé que ce soit dans les bons comme dans les mauvais côtés. Le film est aussi bien rythmé, puisque l’on ne s’ennuie pas du tout devant. Il y a un joli dynamisme, et la réalisatrice a toujours une idée intéressante à proposer, même quand elle utilise un cliché.

Lone Scherfig a toujours su bien s’entourer pour donner vie à ses personnages et comme une fois n’est pas coutume, elle récidive avec un joli casting. Une belle brochette d’acteurs qui trouve ici des rôles forts et intéressants. Le duo et duel qui se partage l’affiche est tenu par Sam Claflin et Max Irons. Deux acteurs que je découvre et qui m’apparaissent bourrés de talent. Le premier jouant les frustrés et ordures par la même occasion, à merveilles, c’est un personnage que j’ai adoré détester et l’acteur est bien convaincant dans ce rôle. Pour le second, Max Irons, c’est une jolie révélation. C’est lui, le « gentil » de l’histoire et l’acteur que je n’avais pas repéré jusque-là (oui, j’ai quand même vu quelques films avec lui), trouve un rôle qui lui sort enfin la tête de l’eau. Il est charismatique, charmeur, il nous communique bien ses sentiments de joie, comme d’horreur à la découverte de ce monde. De suite, il est attachant, c’est le personnage que l’on va suivre avec un intérêt particulier. Il y a aussi Sam Reid qui joue parfaitement les aristos. Il y a la jolie frimousse de Holliday Grainger, un personnage très touchant de naturel, ou encore Natalie Dormer qu’on prend plaisir à voir en dehors de « Game Of Thrones« , même si c’est pour un tout petit rôle. Bref, tout ce petit monde trouve une belle harmonie qui comptera aussi beaucoup dans la réussite du film.

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« The Riot Club » est donc l’un des deux bons films à sortir le 31 décembre 2014, l’autre étant « Cold in July » de Jim Mickle. C’est un film bien moins débauché et bien plus sombre et intelligent que la bande-annonce ne le laisse paraître. Lone Scherfig change de style et part dans un film plus dur qu’à l’accoutumée et je suis vraiment agréablement surpris. Ce « Riot Club » m’a donné tout ce que j’étais venu chercher et réussi là où « La crème de la crème » avait échoué.

Note : 15/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=ckkHcFkYfKk[/youtube]

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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