juin 24, 2024

The Club

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Titre Original : Clubbed

De : Neil Thompson

Avec Colin Salmon, Mel Raido, Shaun Parkes, Scot Williams

Année: 2008

Pays: Angleterre

Genre: Drame, Thriller

Résumé:

Début des années 80. En Grande-Bretagne, le chômage atteint des taux record, les villes sont délabrées. Elles respirent la rage et la frustration. Le monde de la nuit et des clubs est encore pire. Tout n’y est que dépravation.
Danny, ouvrier à l’usine, a peur d’affronter la vie. Son couple n’existe plus, et le temps passé avec ses filles se limite à une heure de temps à autre. Au bord de la dépression nerveuse, il décide de réagir. Il sympathise avec un groupe de videurs de boîte de nuit qu’il rencontre au sein du club de boxe dans lequel il s’est inscrit. Louis, Sparky et Rob l’acceptent tout de suite et lui redonnent confiance.
Entraîné dans leur univers, il se retrouve lié au parrain du milieu local et plonge alors dans un monde de violence et de perdition…

Avis :

Ah le cinéma anglais et ses très belles surprises. Contrairement au cinéma américain, je trouve que le cinéma anglais à plus de couilles et il est capable de nous raconter des histoires très simples, comme celle évoquée avec « The Club » et de nous mettre KO avec cette immersion et ce style qui lui est propre. « The Club » est donc une véritable surprise, c’est un film qui à l’époque de sa sortie dans nos salles m’était passé sous le nez. Surement faute de promotion, je n’en avais jamais entendu parler jusqu’à ce que la jaquette du DVD me tape dans l’œil et elle a très bien fait puisque le film est une véritable petite bombe !

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Début des années 80, l’Angleterre est sous l’emprise de Margaret Thatcher alors premier ministre du pays de sa majesté la reine. L’Angleterre est au plus bas et le chômage atteint des taux records. C’est dans ce contexte difficile que l’on va suivre l’histoire de Dany, ouvrier peureux, quelque peu lâche, qui va faire une rencontre qui va changer sa vie à jamais. Alors qu’il accompagne ses filles à leur cours de danse, Dany se plait à regarder les boxeurs s’entrainer. C’est comme ça qu’il fait la rencontre de Louis, un homme au charisme incroyable et qui va le prendre sous son aile. Louis va alors apprendre à Dany à affronter ses peurs et il va le faire travailler comme videur dans la boite de nuit de la ville. Pour la première fois Dany se sent en confiance, mais un trafic se met en place dans l’ombre et les conséquences vont être désastreuses et la vie de Dany, comme celle de Louis et ses amis, va changer du tout au tout et personne ne s’en sortira indemne.

« The Club« , c’est le premier film de Neil Thompson, ancien scénariste qui est connu pour avoir écrit beaucoup d’épisodes de la série « Malcolm« . Et après avoir joué de sa plume pour les autres, il a décidé de penser à lui et de nous offrir cette très belle surprise. Car « The Club« , c’est le film dont je n’attendais rien de particulier en le regardant, sauf retrouver cette ambiance des films britanniques que j’aime tant, et qui m’a laissé sur le carreau une fois le générique arrivé.

Sombre, froid, noir, triste, violent, réaliste, pessimiste, authentique, il y a tant d’adjectifs pour définir ce qu’est ce très bon moment de cinéma. Pour son premier long-métrage, Neil Thompson a mis la barre très haute en réalisant l’un des meilleurs films anglais qui aient dû sortir cette année-là.

Et pourtant quand on y regarde de plus près, le scénario n’a rien de bien particulier, puisqu’il traite de beaucoup des thèmes que l’on retrouve dans le cinéma anglais, à commencer par ce milieu de petites frappes et de petits branleurs. Bien des films nous ont entraînés sur ces sentiers. Je pense à « Trainspotting« , « This is England« , « Neds« , « Snatch« , et plus récemment « Les Poings contre les murs » même si ces films sont très différents dans leurs histoires, ils ont tous en commun de mettre des petites frappes de quartier en avant, et j’en oublie tellement d’autres. Bref, le sujet était donc déjà connu et pourtant avec « The Club« , Neil Thompson se l’approprie avec rage et passion et il va nous offrir une excellente intrigue. Son film est d’une simplicité déconcertante, et pourtant, il est aussi d’une redoutable efficacité. Sa mise en scène est géniale. Le film est très rythmé, et l’histoire prenante et touchante. Le personnage principal est touchant et le réalisateur filme parfaitement cette transformation qui va l’habiter, cette rage de prouver à lui-même, à son ex-femme, à ses filles, et même au monde entier qu’il est loin d’être le looser qu’il laisse transparaitre. Le parcours qu’il va empreinter est terrible et c’est dans une ambiance très rétro avec une très bonne BO, que le réalisateur y distille tout au long de son film, en arrière-plan, le drame qui va le faire plonger dans l’horreur. Cette injustice révoltante, bourrée de fatalité, comme si les personnages n’avaient pas d’autres issues. C’est vraiment très bien mis en images et malgré le fait que l’on connaisse la fin, puisque le film commence par la sortie de prison du personnage principal, qu’il nous apprend qu’il vient de passer douze années à l’ombre, Neil Thompson distille pourtant du suspens, et même de l’espoir. Pendant toute ma découverte du film, j’ai espéré que cette fin n’arrive pas.

Ce qui fait que le film est aussi très prenant, c’est le choix judicieux de son acteur principal (une belle découverte soit dit en passant). Même si le film repose sur les quatre comédiens qu’on voit sur l’affiche, l’histoire s’attarde plus sur Dany, qui est campé par Mel Raido. Et l’acteur tout maigrelet est tout simplement parfait, capable d’une très grande bonté dans les scènes avec ses filles et de devenir d’un coup une bombe à retardement, capable de la plus grande des violences quand il laisse éclater toute sa rage et sa frustration enfouies en lui. « The Club » aborde aussi l’amitié et pour jouer ses nouveaux amis qui vont le libérer, on trouve trois excellents comédiens. Tout d’abord, il y a Colin Salmon qui incarne Louis avec charisme et respect, un peu comme un vieux sage plein de conseils. Ensuite, il y a Shaun Parkes, un comédien que j’aime bien, (il a joué dans « Human Traffic« , un film que j’adore), qui est ici assez drôle, c’est un peu la bouffé d’air du film. Et enfin, Scot Williams, par qui les emmerdes arrivent et il est dément dans un rôle plein de peur dissimulée en lui. La belle surprise était aussi de voir la belle Maxine Peake (« The Village« ), que je découvre enfin dans un rôle contemporain et elle confirme tout le bien que je pense d’elle.

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« The Club » est donc encore une perle venue de nos voisins anglais. Décidément, sur cette petite île, ils sont vraiment très doués pour nous offrir de très bons films. Et ce film ne fait que confirmer ce que je pensais déjà, c’est-à-dire que le cinéma anglais, à bien des égards, est bel et bien l’un de mes préférés et l’un des meilleurs actuellement. Il ne fait pas de concessions, il ne fait pas dans le politiquement correct. Les anglais font ce qu’ils veulent, quand ils veulent, et quand ils abordent ce genre de film, la plupart du temps, ce sont de véritables descentes en enfer pour le personnage et nous-même. Bref, « The Club » est à voir !

Note : 17/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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