janvier 28, 2022

Stag Night

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De : Peter A.Dowling

Avec Kip Pardue, Vinessa Shaw, Scott Adkins, Breckin Meyer

Année : 2009

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Un groupe de jeunes, en route pour un club de strip-tease dans le but d’enterrer la vie de garçon de l’un d’entre eux, se retrouve accidentellement coincé dans les couloirs d’une station abandonnées du métro new-yorkais. Alors qu’ils cherchent une issue, ils assistent au meurtre sanglant d’un policier. Les assassins, qui vivent dans les sous-sols de la ville et se nourrissent de leurs proies, les aperçoivent, et décident de les traquer. Le cauchemar ne fait que commencer…

Avis :

Dans un film d’horreur, il y a un cahier des charges à tenir pour faire peur aux spectateurs ou tout du moins essayer de lui faire peur. Parmi ces charges, il y en a un qui est assez important, c’est le lieu. En effet, il sera difficile de faire un film d’horreur dans un centre commercial une veille de Noël vu le monde et la présence intense des lumières. Par contre, il est plus facile de prendre un lieu isolé, lugubre et sombre pour susciter une bonne grosse angoisse. On a par exemple les forêts durant la nuit, ou encore les vieilles bicoques en bois perdu dans un bled paumé, ou bien les sous-sols sinueux d’une grande ville comme New-York. Et c’est ce que nous propose Stag Night, reprenant sans vergogne le pitch du très bon Creep de Christopher Smith. Mais le film est-il à la hauteur ? Le copiage est-il bénéfique ? Armons-nous de notre lampe frontale et allons voir les rames désaffectées du métro de la grosse pomme !

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Quand on te dit que le feu ça brûle !

Stag Night reprend l’éternel pitch avec la bande de jeunes qui va se retrouver dans la merde à cause d’une connerie ou d’un connard. Bon là, pour le coup, c’est les deux ! Pour faire simple, nous allons voir quatre potes qui enterrent la vie de jeune garçon de l’un d’entre eux. Après s’être fait virer d’une boîte, ils décident de prendre le métro pour aller dans une boîte de striptease. Dans le métro, ils retrouvent deux nanas qu’ils avaient déjà draguées dans la boîte précédente. Le frère du héros, un gros con qui ne cherche que les emmerdes va être un peu trop insistant avec l’une des deux filles qui va asperger le train de gaz lacrymogène. Le métro s’arrête à un feu rouge, les jeunes descendent pour se frotter les yeux, et le métro repart, les laissant dans une rame abandonnée. Nos six biquets vont alors chercher une sortie. Mais le problème, c’est que des clochards cannibales à la machette vont les prendre en course-poursuite pour les bouffer. Voilà le scénario du film qui accumule quelques gros défauts. Le premier défaut, c’est de faire sortir tous les jeunes de la rame, alors que les filles veulent plutôt se débarrasser d’eux. Ensuite, il n’y a personne d’autres dans le métro et forcément, nos jeunes héros se retrouvent tout seuls à sortir. Enfin, il est bien connu que dans les sous-sols de New-York, tous les habitants sont de gros cannibales poilus, qui peuvent buter des agents de police sans se faire poursuivre. Bref, beaucoup de défauts, mais comment est l’ambiance ?

Quand on axe son film sur un lieu, il faut bien être conscient de l’ambiance qui va s’en dégager. Si on filme un métro, les lieux vont tous se ressembler et on ne va donc pas se concentrer sur les murs, mais plutôt sur les méchants, la pression lors des tentatives d’évasion et de traque mais aussi sur les différentes mises à mort. Stag Night ne présente pas grand-chose à se mettre sous la dent, si ce n’est quelques passages assez gores que l’on verra après. On va avoir droit aux sempiternelles courses-poursuites à pied dans des rames de métro sans grand intérêt et on va assez vite se lasser de ces passages. Le point intéressant sera lorsque nos jeunes couillons vont entrer dans la maison des clodos et qu’ils vont voir la horde de chien ou quand ils vont se planquer dans le sous-sol. On ressent une certaine pression, mais la réalisateur a cru bon de nous remettre le couvert avec des phases idiotes comme remettre correctement une perruque sur un mannequin alors que les tarés déboulent. Le passage devient improbable et déjà-vu, ce qui est énervant. Maintenant, on peut aussi parler des méchants qui sont d’une médiocrité affligeante. On dirait les frères de Rob Zombie ayant trainé dans la pisse et la merde. Pas charismatiques et pas vraiment effrayants, ils sont un véritable point faible pour le film, alors que dans Creep, la créature avait vraiment un potentiel avec sa démarche et son faciès.

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Un croisement entre un père noël et Rob Zombie, voilà un des méchants !

Les acteurs et la version française sont aussi deux mauvais points pour le film. En effet, on ne retiendra pas beaucoup d’acteurs connus, mais ce n’est pas là le problème. On va commencer avec Kip Pardue, que j’avais déjà vu dans Hostel 3 et qui ne m’avait pas du tout convaincu. Et bien quelques années auparavant, rien n’a changé, le bonhomme est toujours aussi mauvais, dans son rôle de pseudo jeune branché qui se fait poursuivre ou torturer. Aussi charismatique qu’une pine d’huître, il ne sert à rien et surtout, ne montre aucune émotion, même sur la fin du film, avec l’élan de rage qui semble si superficiel. La jeune donzelle super forte est Vinessa Shaw. Déjà vu dans Eyes Wide Shut ou encore La Colline a des Yeux, elle incarne ici l’intello qui se révèle très forte. Malheureusement, elle reste assez anecdotique. Tout comme Scott Adkins, qui joue maintenant les gros bras, où il incarne un dragueur voulant à tout prix se taper une grosse blonde et qi va se faire buter de façon idiote. Surjouant énormément, il n’est pas crédible une seule seconde et la version française est très mauvaise, lui donnant une voix grave qui n’est pas du tout raccord et qui rend son jeu encore plus ridicule. Je terminerai avec Breckin Meyer, celui qui tient le rôle du gros con qui devient un héros en sauvant son frère et qui est parfaitement ridicule. Bref, au niveau du casting, cela ne vole pas haut, tout comme avec les méchants, de vilains grognards assez violents, certes, mais tellement caricatural.

Alors par contre, le film n’est pas avare en effet gore et en ce sens, c’est plutôt un bon point. Seulement parfois, c’est un peu trop gros. On peut le voir notamment lorsque les méchants mettent des coups de machettes dans le corps du policier ou d’autres personnes et que le sang gicle comme une fontaine. Cela n’est pas très crédible et je pense que l’on aurait pu s’éviter ce genre de fantaisie voulant mettre en avant un côté explosif plus que néfaste. Bon, par la suite, les choses s’améliorent, notamment avec les décapitations, les découpages pour donner à bouffer aux chiens ou encore certains passages assez forts et plutôt bien foutu, notamment le combat dans les chiottes désaffectés ou bien la découverte de la cité souterraine. Bien entendu, il y a aussi des choses qui m’agacent fortement, comme le passage où, voulant s‘appuyer très lourdement sur le passé sentimental d’un homme avant qu’il meure pour créer de l’empathie envers lui, le réalisateur tente de nous arracher les larmes, mais malheureusement cela ne prend pas, car le personnage n’est pas du tout attachant. La fin reste assez ridicule et reste dans la veine du film, ce qui est encore une fois bien décevant.

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Ah ben, c’est une station à l’abandon, les femmes de ménage ne passent plus, alors il ne va pas falloir être difficile !

Au final, Stag Night reste un film d’horreur assez inoffensif et ne se démarque pas assez des autres productions du genre. Se voulant gore et bien nerveux, le film accumule tout de même des tares et des incohérences qui plombent l’ambiance et le scénario. Bête et méchant, le film ravira peut-être les néophytes, mais les plus rompus d’entre nous s’ennuieront ferme et n’auront le sourire que sur trois scènes. Dans le genre, Creep est beaucoup mieux !

Note : 07/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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